Par Didier A+  A-   20/10/2016 - 19:07
Test des Apple Watch Series 2, Series 1 et Edition
Cette année, la nouvelle Apple Watch Series 2 a dû partager sa keynote avec l'iPhone 7, signe que les nouveautés ne méritaient pas -comme en 2015- de lui dérouler le tapis rouge. Autre détail qui ne trompe pas, l'appellation « Series 2 » et non « Apple Watch 2 » indique plutôt une mise à jour intermédiaire, à défaut d'une véritable nouvelle version.

Un an et demi après le lancement du premier modèle, n'étions-nous pas en droit d'en attendre un peu plus ?




Avant d'entrer dans le vif du sujet, précisons que ce test se concentrera en grande partie sur la Series 2, la Series 1 n'étant en fait une « Series 0 » avec le CPU de la Series 2. Quant à la version Edition, il s'agit là aussi d'une Series 2 recouverte de céramique (voir plus bas).



Adieu la mode, bonjour les sportifs !


On avait senti le vent tourner début 2016, quand l'Apple Watch Edition (à l'époque, en or) disparaissait petit à petit des rayons de l'Apple Store, jusqu'à tirer définitivement sa révérence quelques mois plus tard, sans tambour ni trompettes. Si le public visé est sûrement déjà passé à autre chose, certains regretteront tout de même qu'Apple ne propose pas de remplacer l'électronique par une version Series 2. Mais lorsqu'on sait que même le Mac Pro -sorti en 2013- n'a jamais bénéficié d'upgrade hardware, on se dit que nos jolis produits pommés sont désormais voués à être remplacés en totalité. Apple ne serait-elle écolo que pour l'image ?


Beyoncé et Drake, en 2015, fiers de porter leur modèle Edition (ou payés pour le faire ?)


En réalité, on ne parle pas seulement de la disparition d'un modèle, mais bien d'une réorientation complète qui s'est opérée cette année. Apple quitte temporairement le monde du chic, du luxe, de la mode et du lifestyle, chez qui l'écho fut finalement très mesuré (on l'a vu avec la fermeture de l'Apple Store des Galeries Lafayette). Rares sont les blogueuses ou les stars à s'afficher fièrement avec une Apple Watch, malgré le partenariat Hermès et les pages de pubs géantes achetées l'an dernier dans les magazines féminins. Désormais, Tim Cook change de cible et place toutes ses cartes dans le domaine sportif !



Et puis, il n'y qu'à voir la liste des nouveautés présentées : l'Apple Watch devient étanche, intègre un GPS, gagne en luminosité, et Nike s'est même associé à la marque pour un modèle spécifiquement destiné aux coureurs, qui sortira le 28 octobre. Quant à l'Apple Watch Edition, son prix a été divisé par 10 et son positionnement quitte le monde du bling-bling en adoptant un boitier céramique des plus discrets.

L'Apple Watch a-t-elle échoué à faire de l'ombre aux horlogers traditionnels ? Avec 10 millions de ventes (environ) en 2015, la firme se place seconde en chiffre d'affaire, juste derrière Rolex. En volume, on imagine que Swatch et les autres ont encore un peu d'avance. Mais l'Apple Watch vise-t-elle réellement à concurrencer l'horlogerie de luxe ? Cette réorientation vers le sport prouve surtout que Tim Cook cherche à marquer des points face à Garmin, Fitbit et les spécialistes de l'effort physiques, qui ont pris une belle avance côté fonctionnalités... Même l'écosystème Android propose aujourd'hui des modèles plus complets, plus spécifiques, parfois même munis d'une puce GSM et de nombreux capteurs dont ne bénéficie pas (encore ?) l'Apple Watch.



Si le succès commercial est bien là, Tim Cook n'avance toujours aucun chiffre de vente, signe que les objectifs initiaux ne sont pas tout à fait atteints. L'Apple Watch se cherche, se repositionne, même si -nous allons le voir ensemble- cette nouvelle cuvée ne devrait pas réellement bouleverser le marché.

Le jeu des sept différences


Physiquement, difficile de différencier une Apple Watch Series 2 et une « Series 0 » sortie en 2015 : Apple a décidé de conserver le même design, presque trait pour trait.



Une nouvelle garde robe et une prise de poids

Pourtant, la Series 2 est légèrement plus épaisse (1 mm) et plus lourde (4g), mais l'on parle ici de quelques grammes, imperceptibles à l'usage.



Le boitier est identique et a l'avantage de permettre de réutiliser d'anciens bracelets. Apple en a profité pour présenter de nouveaux coloris en nylon et en cuir, aux côtés des modèles traditionnels (maillons, milanais, sport...)

Pour faire de la place sur ses étagères, la Pomme a ainsi retiré de la vente plusieurs coloris des modèles à boucle classique, à boucle moderne et en cuir Venezia, certaines déclinaisons Sport ont également cédé leur place à des coloris plus adaptés à la nouvelle saison.



Du côté des nouveautés, on retrouve des bracelets en fluoroélastomère dans les tons « rose des sables », « bleu Atlantique », « cacao » et « gris ciment », ainsi que plusieurs modèles inédits en nylon tressé (voir notre aperçu) :

• Rose pâle / bleu nuit
• Jaune / gris clair
• Orange solaire / anthracite
• Latte / caramel
• Marine / bleu Tahoe






Le bracelet « Manchette » d'Hermès cède quant à lui sa place à un modèle Manchette Double Boucle, et de nouveaux coloris font leur apparition, comme « Etoupe », « Bleu Agate », « Anémone » et « Rose Jaipur ».



Pour finir, Apple propose un nouveau bracelet Sport de couleur orange Hermès, disponible uniquement avec le boitier frappé du sceau des deux maisons, ainsi qu'un modèle accompagné d'un bracelet Simple Tour à boucle déployante.

Plus à l'écoute

En regardant le boitier à la loupe, on notera quand-même deux petites différences physiques. Tout d'abord, un second micro apparait sur le tranche et permet de mieux saisir la voix de son propriétaire. En pratique, l'amélioration est notable, puisque Siri répond bien plus vite ! « Dis Siri » est également bien plus fiable, là où l'assistant restant parfois désespérément sourd sur la première version.


Seule différence visible : un second trou... pour un second micro !


Un écran plus lumineux

C'est une nouveauté qui est apparue assez discrètement, mais l'écran de l'Apple Watch Series 2 apparait nettement plus lumineux. Pour tout vous dire, après un an et demi avec ma « Series 0 » (la première) au poignet, je n'ai jamais été vraiment gêné pour regarder l'heure, même en plein soleil. Pourtant, j'utilise le modèle en Inox, dont le verre en saphir est a priori un peu moins transparent que le Verre Ion-X proposé sur l'Apple Watch Sport.



Sur la Series 2, Apple a tout simplement doublé la « luminance », autrement dit, la luminosité perceptible par l'oeil humain sur la surface OLED. D'après les spécifications, on passe ainsi de 450 nits à 1 000 nits. Tiens d'ailleurs, c'est quoi un « nit » ? Cette unité est assez courante sur les fiches techniques des téléviseurs ou des moniteurs LCD, mais il s'agit en réalité de candela par mètre carré du Système International. Plus la valeur est élevée, plus la surface est lumineuse, ce qui clôturera notre petit rappel aux cours de physiques du lycée !


En plein soleil, la montre reste très lisible


Sur le papier, on s'attend donc à ce que la différence entre l'Apple Watch Series 2 et sa devancière soit immédiatement perceptible : imaginez une ampoule qui brille deux fois plus fort, ça se voit ! En pratique, ce n'est pas aussi évident à observer, surtout si vous n'avez pas les deux montres cote à cote.

En intérieur, et en plaçant la luminosité au maximum sur les deux modèles, c'est vraiment kif-kif. J'ai fait le tour des bureaux et personne n'est arrivé à dire laquelle dégageait le plus de lumière !

(cliquez pour zoomer)


Laquelle est la plus lumineuse ?
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L'Apple Watch Series 2 est en fait... à droite, elle est censée être deux fois plus lumineuse




Avec Mickey, la zone blanche parait cette fois légèrement plus claire, mais ça ne saute pas aux yeux.


Nous avons ensuite réduit l'obturateur de notre appareil photo, histoire de capturer le minimum de lumière possible. Et là, c'est très net, la Series 2 est effectivement bien plus lumineuse :



Et à l'extérieur, ça donne quoi ? Même lorsque le temps est couvert, la lumière du soleil est toujours infiniment plus éclatante que le moindre système d'éclairage d'intérieur. Si la Series 2 est effectivement plus lumineuse, on devrait le voir bien plus facilement :



Cette fois, c'est très net ! A droite, les icônes paraissent bien plus claires.

Regardez avec Mickey, c'est encore plus flagrant :




Essayons enfin en plein soleil, vers 14H, le « pire cas » d'utilisation :




Cette image finira de clore ce comparatif : la Series 2 est effectivement plus agréable à regarder en plein soleil. Si vous faites du sport ou que vous l'emmenez à la piscine, c'est un argument qui peut faire mouche au moment du choix entre une série 1 et une série 2.

Néanmoins, soyons honnête, comme je le disais en préambule, la première version ne posait pas de réel problème pour un usage classique de la montre, y compris en extérieur.

Autre petit détail, sur le nouveau modèle, en faisant tourner la molette discrètement dans le noir, l'écran va s'allumer petit à petit. Pour quoi faire ? Cela permet de lire l'heure plus discrètement, dans une salle de cinéma par exemple :


Apple Watch Series 2 : couronne digitale pour... par mac4ever


Une rotation dans le sens inverse permet au contraire d'éteindre progressivement la montre, à condition toutefois de ne pas avoir atteint la luminosité maximale.

Cette nouvelle fonction est d'autant plus appréciable que l'Apple Watch Series 2 dispose d'un écran bien plus lumineux que sa devancière, ce qui peut être gênant dans certaines situations, comme dans une pièce plongée dans l'obscurité ou dans une salle de cinéma ou de théâtre.

L'astuce nécessite enfin d'avoir activé la fonction ad-hoc depuis l'application Watch d'iOS, dans la section « Général » puis « Activer l'écran ».



Oh, de la céramique !

Dernière nouveauté esthétique, le dos de l'Apple Watch Series 2 est désormais recouvert de céramique, un matériau sans doute plus pérenne sur une surface très exposée. Sur la première version, de nombreux utilisateurs ont vu cette zone se détériorer, voire s'effriter au fil du temps, peut-être à cause de la transpiration. La céramique « technique » est moins sensible aux agressions extérieures et Apple expérimente peut-être aussi ce nouveau composé avant une intégration plus générale sur ses produits.



Enfin étanche !


Jusqu'à 50m !

Si la presse généraliste s'est réjouie de voir l'Apple Watch Series 2 résister enfin dignement aux plongeons en piscine, on s'étonnait surtout en 2015 que le première modèle se contente d'une certification IP67, capable uniquement de parer aux éclaboussures de la douche et d'une petite plongée rapide dans la piscine.



Cette fois, l'Apple Watch obtient la certification « Water Resistant 50m » comme de nombreuses montres de plongées. On peut donc faire des longueurs en piscine et même aller se balader dans les calanques avec l'appareil au poignet, puiqu'Apple affirme que sa tocante peut supporter un contact avec l'eau de mer, ce qui est assez remarquable. Attention tout de même, l'étanchéité reste une donnée altérable au fil du temps, et qui dépendra aussi des traitements que vous lui ferez subir. Si vous êtes un habitué des fonds rocailleux et de l'eau salée, mieux vaut sans doute opter pour un modèle moins onéreux pour vos sorties en mer...



Une interface inadaptée à l'eau

On le sait, il est impossible d'utiliser l'écran tactile dans l'eau. Rien de nouveau ici, ce type de dalle ne fonctionne jamais au contact d'un liquide et toutes les smartwatch doivent faire avec. En revanche, sur watchOS, les interfaces ne sont pas vraiment prévues pour fonctionner uniquement avec la couronne digitale : impossible par exemple, de lancer une activité sous l'eau ou avec les mains mouillées ! On aurait bien aimé qu'Apple soit capable de détecter les activités, comme c'est le cas chez certains concurrents.

A la piscine

C'est l'une des principales (et rares) spécificités logicielles de l'Apple Watch Series 2, une nouvelle activité de « nage » a fait son apparition dans l'application ad-hoc. Apple propose au choix, des longueurs de piscine ou d'aller simplement couler des brasse en eaux vives.



N'étant pas un grand fan de plongeon en eau chlorée, j'ai confié l'Apple Watch à Jean-David, un professionnel travaillant en piscine, et habitué à utiliser des traqueurs d'activité.

Notre maître nageur a donc accepté de faire quelques longueurs avec l'Apple Watch Series 2 au poignet.




A l'arrivée, notre professionnel s'est montré assez mitigé en utilisant l'app Activité fournie par Apple. Globalement, la montre est effectivement capable de compter les longueurs, d'estimer le nombre de calories, ainsi que de chronométrer correctement la session. En revanche, elle souffre de nombreuses lacunes :

- le nombre de mouvements de bras ne semble pas toujours correct par rapport à d'autres traqueurs (comme Garmin)
- le type de nage n'est pas reconnu
- la montre est assez compliquée à manipuler avec les mains mouillées : il est fortement conseillé d'avoir de quoi se sécher les mains avant de lancer la série. Sur d'autres modèles, on peut utiliser l'ensemble des interfaces avec les boutons physiques, ce que ne propose pas la Series 2.
- les mesures manquent de détail, comparé à d'autres modèles (comme Garmin)
- les temps de pause (très importants en natation) ne sont pas pris en compte
- la mesure du rythme cardiaque n'est pas correcte à la sortie du bassin. Il faut attendre que le bras soit vraiment sec pour obtenir un battement correct



Bref, comme pour les autres disciplines prises en charge par l'Apple Watch, difficile de recommander la montre pour un usage pro ou semi-pro de la natation. Il faudra sans doute se tourner vers d'autres applications exploitant les capacités de cette nouvelles versions pour obtenir -on l'espère- des mesures plus complètes et plus fiables. En revanche, pour le nageur occasionnel, qui souhaite simplement quantifier rapidement ses progressions, les fonctions proposées sont ici bien suffisantes.

Après le sport, vide ton corps (d'acier)

L'Apple Watch est donc étanche, mais les liquides peuvent malgré tout bloquer le fonctionnement du haut parleur. Ce dernier est en effet situé dans une cavité percée, où l'eau a du mal à sortir. En attendant l'évaporation, le son aura donc du mal à passer.

Voilà pourquoi Apple a prévu une fonction d'éjection des liquides de manière logicielle, mais qui déclenche une action physique bien réelle sur les haut-parleurs. Une fois sorti de la piscine, tirez l'écran vers le haut et appuyer sur l'icône en forme de petite goutte. Ensuite, Apple vous invite à tourner la couronne pour déclencher un son très fort, savamment étudié pour venir faire sortir l'eau sous forme de petite giclée.

Comment ça marche ? C'est ce que je vous explique dans une petite vidéo très « Splash ! » :





Un modèle céramique à prix d'or


Vendue à prix d'or, l'Apple Watch Edition passe désormais du « Gold » à la céramique, une matière qui ne devient noble que lorsqu'elle est passée entre les mains des chimistes et des différents processus de fabrication en usine.

La céramique, nouvelle alliée de la mobilité ?

L'arrivée d'une Apple Watch Edition en céramique a surpris tout le monde, aucun site de rumeur n'avait vu venir ce nouveau matériau sur la seconde mouture de la smartwatch d'Apple.

Il faut dire qu'hormis la coutellerie, la céramique n'évoque souvent pas grand chose d'autre, en tout cas, certainement pas une matière que l'on associerait à des objects électroniques. Pourtant, les « céramiques techniques » possèdent des propriétés tout à fait intéressantes pour nos appareils connectés. Tout d'abord, certains composés organiques sont extrêmement durs, comme l'oxyde de zirconium qu'utilise justement Apple :

Le procédé de fabrication du boîtier de l’Apple Watch Edition repose sur un savant mélange de poudre de zirconium haute solidité et d’alumine.




On retrouve cette matière dans les prothèses dentaires, les bijoux (pour imiter le diamant), et plus étonnamment, dans les fusées ! En effet, outre ses capacités de résistance, la céramique offre une excellente dissipation thermique. Ce n'est donc pas un hasard si l'on utilise ce matériaux sur les plaques thermiques de la navette Space Shuttle Orbiter lorsqu'elle entre dans l'atmosphère terrestre !



Autre atout de la céramique, elle est totalement perméable aux ondes. Les ingénieurs Stephen Zadesky et Stephen Lynch, travaillant chez Apple, avaient d'ailleurs déposé un brevet en 2006 relatif à la création d'un appareil dont le châssis serait capable d'être « transparent aux ondes radio », un atout certain en téléphonie ! Actuellement, Apple est obligée de « percer » l'aluminium pour faire sortir les antennes, ce qui oblige Jony Ive à faire quelques concessions sur le design, dont il se serait bien passé...



Finalement, Apple ne tiendrait-elle pas là le matériau idéal pour créer son prochain iPhone ? Le spécialiste Brian Roemmele explique dans une longue tribune que le passage de l'aluminium vers la céramique parait tout à fait logique. En réalité, il ne manquait à Cupertino qu'un procédé de fabrication pas trop coûteux pour envisager la production à grande échelle. Actuellement, voici comment est décrit le processus :

Chaque boîtier est d’abord moulé par compression, puis fritté avant d’être poli avec une solution aux extraits de diamant pour obtenir une surface parfaitement lisse et étincelante. Particulièrement méticuleuses, toutes ces étapes font de la fabrication du boîtier de l’Apple Watch Edition un processus long de plusieurs jours.


Mais d'après Roemmele, l'Apple Watch Edition constituerait justement un très bon test de l'utilisation de céramique à grande échelle, qui pourrait se révéler tout à fait compétitive face au procédé actuel. « On pourrait croire que le prix élevé [de la conception] ferait grimper le tarif de l'iPhone en dioxyde de zirconium. Cependant, d'après mon analyse, le rendement élevé de dioxyde de zirconium dans des quantités suffisantes de production pour créer un châssis similaire à l'iPhone 7 serait en fait moins coûteux que la fabrication actuelle, avec le fraisage et l'usinage de la coque unibody en aluminium de l'iPhone 7, en haute production. »

Sur le plan financier et technique, la céramique semble donc tout à fait adaptée à l'iPhone. En revanche, n'oublions pas que pour ma grand-mère, ce matériaux a la forme et l'apparence des matières plastiques ! Malgré toutes ses qualités intrinsèques de la céramique, pas sûr qu'Apple soit réellement prête à offrir un « rendu PVC », beaucoup moins noble pour le commun des mortels.

Et au poignet, ça donne quoi ?

Ce modèle ne diffère pas beaucoup de l'Apple Watch Series 2 en dehors du matériau utilisé. De loin, comme on l'a vu à l'instant, je trouve vraiment qu'elle fait assez « cheap » et il faut réellement l'avoir en main pour comprendre qu'il s'agit d'un modèle plus noble, très résistant, et dont la coque fait penser plutôt à du verre poli qu'à du plastique.




A 1449€ (tarif unique), la firme n'offre qu'un bracelet sport, une station de recharge (valeur 89€)... et c'est tout. Pour le reste, les composants et les fonctions sont les mêmes, ce qui revient à faire payer ce boitier blanc autour de 1000€ pièce... pour un rendu très discutable !

L'Apple Watch Edition n'est donc plus réellement statutaire -sauf pour les connaisseurs- et aurait même plutôt tendance à évoquer des matières moins nobles, comme le plastique. En réalité, Apple facture surtout l'exclusivité, mais aussi le volet « expérimental » de l'usinage. Car tout porte à croire que ce matériau débarque petit à petit dans les iPhone, les iPad et pourquoi pas les Mac !

Vraiment plus rapide ?


C'est LA grande nouveauté de l'Apple Watch Series 2, l'édition 2016 embarque en effet une puce S2 annoncée comme 50% plus performante et même deux fois plus rapide sur la partie GPU !

Mais vous le savez, surtout chez Apple, le marketing est souvent assez optimiste lorsqu'il s'agit d'évoquer les performances ! Alors, rien de tel qu'un petit comparatif « IRL » pour voir quels sont les gains réellement obtenus. Nous avons donc placé cote à cote une Apple Watch Series 2 face à sa devancière, l'Apple Watch 1 et on a lancé le chrono !

Fight !




Comme vous avez pu le voir, la différence est donc très mesurée avec la première génération d'Apple Watch. Dans les menus et la navigation, on n'a noté aucune différence notable. Si une app est placée dans le dock, le lancement est pratiquement aussi rapide sur la Series 2. Par contre, lorsque les programmes ne sont pas en cours d'exécution, le gain observé n'est que de 30% dans le meilleur des cas.

On a également noté une mise en cache plus efficace, notamment dans Plans, où le zoom/dézoom ne nécessite pas d'attente pour rafraichir les fonds de carte. Dans la vidéo, on voit très bien que la montre est capable de garder en mémoire les plans et l'on gagne alors beaucoup en efficacité.

Enfin, grâce à ses 2 micros (nous l'avons vu plus haut) Siri est bien plus rapide et surtout, il manque rarement une réponse lorsqu'on invoque « Dis Siri », ce qui est assez appréciable.

watchOS 3 dope les "Series 0"

Finalement, le vrai « coupable » de ce « quasi ex-aequo » n'est-il pas watchOS 3 ? En offrant un accès rapide aux apps situées dans le dock et sur le cadran, Apple a réglé une partie du problème des lenteurs d'accès aux applications. Sur les 2 montres, les vitesses d'exécutions sont effectivement assez proches, là où watchOS 2 nécessitait de longues secondes pour lancer le moindre programme.



Pourtant, malgré cela, beaucoup ont tout simplement renoncé à lancer la moindre application sur leur Apple Watch : généralement, on a plus vite fait de sortir l'iPhone de sa poche ! Il faut dire que sur une montre, les apps devraient être accessibles instantanément, surtout lorsqu'on voit la nature assez simpliste de la plupart des programmes. Imaginez un peu si sur votre voiture, il fallait attendre 4 secondes pour régler un degré sur la climatisation... ou pour enclencher les phares ! Aujourd'hui, allumer la montre nécessite encore plusieurs minutes (!) et le lancement d'applications qui ne sont pas dans le dock est encore très long, comme en témoigne cette vidéo comparative (tournée avec la beta de watchOS 3) :


watchOS 3 est plus rapide pour les apps dans le Dock... Mais pour le reste, pas vraiment !


Pour l'heure, Apple doit encore jongler avec les compromis qui imposent une réduction de la puissance de la puce si elle souhaite maintenir une bonne autonomie. On restera néanmoins assez dubitatif sur l'intérêt d'une puce bi-coeur sur du matériel essentiellement mono-tâche : n'y aurait-il pas été plus efficace d'augmenter sensiblement les fréquences ?

Mais l'un des plus gros problèmes de l'Apple Watch reste l'accès au réseau. La connexion qui lie la montre au téléphone n'est pas du tout dimensionnée, même pour de petits appels rapides : il faut parfois plusieurs secondes pour chercher un texte ou une petite image et l'afficher à l'écran ! Ce que l'on gagne en performances avec la Series 2, on le perd avec les accès au réseau, et c'est vraiment dommage.

Mac4Ever : toutes les nouveautés de watchOS 3

Un GPS trop isolé


L'Apple Watch fait régulièrement les frais des critiques qui relèvent un profond manque d'indépendance vis-à-vis de l'iPhone. Pour un objet qui se veut sportif, il était jusqu'à présent incapable de traquer le parcours d'une course si le smartphone n'était pas dans le sac à dos. Pour le montagnard, ce n'était pas forcément un problème (il est rare de partir sans son iPhone), mais pour le jogger -une espèce de plus en plus développée- la montre d'Apple n'apportait pas grand chose en plus de l'iPhone, en dehors peut-être du rythme cardiaque.



Avec le GPS, on pourra donc enregistrer des coordonnées satellite, calculer des distances plus précisément et reconstituer le parcours une fois rentré à la maison. Et oui ! L'Apple Watch a toujours besoin d'un iPhone pour fonctionner correctement ! Sans connexion GSM, impossible d'accéder au réseau de façon autonome et de rapatrier des données de cartes, de passer des appels, de contacter les urgences... Bref, de remplacer l'iPhone sur des fonctions simples.

En fait, on se demande surtout pourquoi Apple a intégré un GPS sans boussole ! Grand randonneur et adepte du parc Yosemite, Tim Cook devrait pourtant savoir que l'orientation dans l'espace est indispensable en montagne. Pour le commun des mortels, il permet surtout de trouver son chemin dans Plans sans devoir marcher quelques minutes pour que le système détecte la direction.




Si l'on devait faire un parallèle avec l'automobile, c'est un peu comme si un constructeur avait intégré un GPS dans ses voitures, mais qui bipperait dans le vide... tant que vous n'êtes pas rentré au garage. Quelle ironie !

Le baromètre/altimètre mystère

Sur la fiche technique de l'Apple Watch, point de trace d'un quelconque baromètre. Pourtant, iFixIt a bien détecté une puce, capable de mesure la pression atmosphérique :


L'Apple Watch Series 2 embraque bien un baromètre, qu'Apple ne mentionne nulle part dans les spécifications.
Pourquoi donc ?


Dans les données de randonnées, le dénivelé est également mentionnée et apparait sur la montre, même si l'iPhone n'est pas connecté. L'Apple Watch serait donc bel et bien capable de calculer l'altitude, une donnée indispensable en montagne.



Nous avons évidemment demandé à Apple pourquoi l'intégration d'un baromètre n'était pas clairement énoncé sur la boite, d'autant que certaines applications parviennent à accéder aux données de pression. Le capteur n'est-il pas assez précis ? Mystère ! La firme de Cupertino n'a pas encore daigné nous répondre, mais nous mettrons bien-sûr l'article à jour si nous obtenons des précisions.

Autonomie, écran plus lumineux, prise de poids...


Une autonomie en hausse ? Vraiment ?

Apple n'a pas touché aux chiffres d'autonomie de l'Apple Watch, qui stagnent autour d'un petit « 18H » bien faiblard mais suffisant pour couvrir une journée type.

En réalité, la batterie de la Series 2 a bel et bien augmenté :

Elle passe de de 205 à 273 mAh, + 32 % sur la 38 mm

Elle passe de de 246 à 334 mAh, + 36 % sur la 42 mm


Chez certain, ce bond en capacité s'est immédiatement traduit par une autonomie en hausse, permettant de boucler 2 jours complet (1,5 si l'on ne compte qu'une nuit) et de ne la recharger que tous les deux jours. Partir en week-end est-it désormais possible sans devoir embarquer un chargeur ?



En réalité, de nombreux facteurs influent sur l'autonomie, à commencer par le type de cadran choisi, les applications qui sont dans le Dock (ou sur l'écran d'accueil) et bien-sûr votre activité réelle sur la montre. Avec mon cadrant « modulaire », je n'ai pas constaté d'augmentation particulière : la Series 2 est relativement conforme à sa devancière : elle tient une bonne journée, et une matinée supplémentaire si l'on a de la chance. Hors de question pour moi, de partir en week-end sans chargeur !

L'Apple Watch est-elle vraiment utile ?


Depuis l'annonce de l'Apple Watch, c'est LA question qui revient le plus souvent. Ces smartwatches sont-elles réellement indispensables ? Le simple fait de se poser la question en dit long sur la pertinence du produit. L'Apple Watch ne peut toujours pas être qualifiée d'« indispensable », contrairement à l'iPhone, et après un an et demi à mon poignet, elle ne me manque pas plus que cela lorsque je l'oublie le matin.

En revanche, il serait malhonnête de dire que l'Apple Watch ne sert à rien ou ne nous facilite pas la vie. Les accros aux notifications (comme votre serviteur) gagnent vite du temps en ne sortant pas l'iPhone à tout va. En fait, l'Apple Watch excelle pour les petites interactions simples, comme la météo, la bourse, les alertes ou... le minuteur ! Ne rigolez pas, je m'en sers 3x par jour minimum, et c'est bien plus rapide d'appeler Siri avec sa montre, surtout si l'on a les mains mouillées ou pleines de farine !



Mais la révolution tant attendue des smartwatches n'est peut-être plus très loin. Imaginez le jour où elle ouvrira votre porte d'entrée, votre voiture ou... votre Mac ! Si vous avez Sierra d'installé sur votre machine, vous pouvez déjà tester le système, qui fonctionne encore assez mal, mais préfigure tout de même d'une fonctionnalité qui fera bientôt parti de notre quotidien :




L'autre révolution de la décennie, c'est le paiement mobile. Et là, l'Apple Watch se montre bien plus rapide et efficace que le paiement via l'iPhone. Pour que ça prenne, il faudra encore attendre la coopération de toutes les banques et que les commerçants s'équipent plus largement. Mais on y est presque ! Vraiment.




Quel modèle choisir ?


Series 0 en solde, Series 1 sans GPS ou Series 2 étanche, le choix est cornélien, mais dépend beaucoup de vos usages. Si vous avez acheté le premier modèle, un conseil, gardez-le ! Les Apple Watch 2016 ne sont pas beaucoup plus rapides et ne méritent pas de remettre la main à la poche.

Pour un premier achat, la Series 1 offre le meilleur rapport qualité/prix. Le supplément pour la Series 2 est vraiment cher payé et n'intéressera qu'un public de niche, accro à la natation ou à la course à pieds. La Series 1 embarque la puce S1P -la même que sur la Series 2, sans GPS- et offrira des performances rigoureusement identiques pour un tarif bien inférieur.



Certains nous demandent souvent si l'on conseille la version sport, en alu et plus abordable ou plutôt d'opter pour le modèle Inox, bien plus cher mais aussi plus résistant. En réalité, l'alu est plus léger et donc plus agréable sur les petits poignets, mais ils raie et se déforme effectivement plus facilement. La vraie différence se situe plutôt du côté de l'écran : à la rédac, le cadran de notre version sport est déjà tout rayé, alors que le saphir de notre modèle en Inox est toujours en bon état.


Notre Apple Watch Sport était déjà rayée après quelques mois seulement !


Finalement, avec la version sport, le gain obtenu à l'achat n'est pas toujours récupéré à la revente, à moins d'être vraiment très soigneux.

La note !


A l'arrivée, l'Apple Watch Series 2 comble donc une bonne partie des lacunes de la première version et ceux qui ont eu le courage d'attendre opteront certainement pour ce modèle plus complet. Apple a également eu la bonne idée de baisser les prix de l'entrée de gamme et de proposer une version Series 1 intermédiaire, de quoi combler tous les budgets.



Pourtant, il y règne encore un petit goût d'inachevé cette année et l'on en attendait sûrement un peu plus, à commencer par les performances. Les apps restent encore très limitées, lentes et inadaptées, et il faudra attendre quelques années avant d'avoir un produit réellement mature sur le plan logiciel. On aurait aussi aimé un peu de changement côté design, et un soupçon d'ambition sur les fonctionnalités (on veut une boussole !)



Malgré tout, l'Apple Watch Series 2 est sans doute l'une des meilleures smartwatches du marché, voire même LA meilleure si l'on cherche un produit performant, complet et que l'on n'ait pas honte de place à son poignet pour se rendre au bureau.

Apple Watch Series 1

  • Design
  • Equipement
  • Performances
  • Qualité/Prix
Les Plus : • Bon rapport qualité/prix
• Un peu plus rapide
• watchOS 3 booste les perfs !
Les Moins : • Sport uniquement
• Alu un peu fragile
• Pas de GPS
• Pas étanche
Configuration : Nécessite un iPhone 5, 5c, 5s, SE, 6, 6 Plus, 6s, 6s Plus, 7 ou 7 Plus équipé d’iOS 10 ou ultérieur.
Prix : 319€
3.5/5



Apple Watch Series 2

  • Design
  • Equipement
  • Performances
  • Qualité/Prix
Les Plus : • Ecran plus lumineux
• CPU plus rapide
• GPS intégré
• Enfin étanche !
• Bonne autonomie
Les Moins : • Pas de boussole
• Design inchangé
Configuration : Nécessite un iPhone 5, 5c, 5s, SE, 6, 6 Plus, 6s, 6s Plus, 7 ou 7 Plus équipé d’iOS 10 ou ultérieur.
Prix : 419€
3.5/5



Apple Watch Edition

  • Design
  • Equipement
  • Performances
  • Qualité/Prix
Les Plus : • Finitions du boitier
• Station de recharge incluse
Les Moins : • Prix élevé
• Aucune fonction spécifique
• Aspect "plastique" (de loin)
• Bracelet "sport" low-cost
Configuration : Nécessite un iPhone 5, 5c, 5s, SE, 6, 6 Plus, 6s, 6s Plus, 7 ou 7 Plus équipé d’iOS 10 ou ultérieur.
Prix : 1 449 €
2.5/5



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