@ Spleen : Titre trompeur ?
Bonjour,
Si je peux me permettre une remarque, le titre peut porter à confusion. J'avais cru comprendre que le nombre de lecteurs d'Ebooks chutait...
Fin du petit HS
Pour parler du sujet, personnellement j'aime beaucoup la lecture sur iPad, que ce soit de livres ou bien de forums, de sites. Même si à la longue la lecture d'un livre devient sportive à cause du poids de la bête :)
Les autres constructeurs ont bien perçu la menace que représente l'iPad, plus polyvalent qu'un Ebook (bien que plus cher, mais quitte à choisir, se tourner vers du matériel polyvalent est un choix intéressant)
Reste que je souhaiterais une baisse du prix des oeuvres sur l'appstore...
@ Smdl : e-readers vs iPad Re: Lecteurs de eBooks : la baisse continu
Il y a beaucoup à dire sur le sujet. Je n'ai malheureusement pas le temps tout de suite.
Disons donc pour faire très court que les deux objets, s'ils, par la force des choses, voient leurs champs et finalité se recouvrir en partie, sont beaucoup plus éloignés et difficiles à mettre en concurrence que ce que les analyses initiales ont pensé révéler.
D'abord parce que les technologies des écrans sont on ne peut plus différentes tant en compétences qu'en appétit énergétique ou les poids et encombrement difficilement comparables, mais aussi parce que les contextes d'usage sont, en majorité, tout à fait distincts.
On évoque quasiment partout et tout le temps la notion de confort, si attachée à notre évidence de progrès civilisationnel. Confort de lecture, confort d'utilisation, ratachant cette sensation au plaisir relaxant d'un bon livre en bon papier sous une bonne lumière dans un bon fauteuil ou allongé sur une bonne plage passant de bonnes vacances avec sa bonne femme ou son bonhomme. Si l''on voit que ça commence à se déliter sur la fin, c'est bien que l'accumulation du bon et de la bonne nuit. Et que confort est un mot qui peut peser lourd au moment de l'addition finale.
Alors quel confort ? Celui de l'ipad et de ses couleurs, son esthétique, sa polyvalence, sa capacité à virtualiser le livre au point de rendre la transparence de la page et le vernis de la bibliothèque, la présence jamais vraiment oubliée de ses applications, jeux, encyclopédies et Internet obéissant au doigt et à l'oeil juste derrière le livre ?
Ou celui, plus insouciant et rustique de l'objet dédié, la finesse des caractères, la légèreté (je pense à Bookeen), l'autonomie royale et la santé oculaire (oui, oui, l'usage massif des écrans rétro-éclairés nourrira des générations d'oculistes, mais c'est trop récent et il faut vingt ans pour bousiller les yeux ou alors être discipliné et ménager des pauses très régulières) ?
On oublie déjà deux choses : la première est que le lecteur occasionnel et le lecteur assidu n'ont pas les mêmes attentes, et que ces objets sont bien trop nouveaux pour que les uns et les autres aient vécu assez de temps avec eux pour être capables d'arbitrer en vertu de leurs qualités mais surtout défauts - ces derniers parfois véritablement rédhibitoires.
Mais surtout la seconde : il n'y a rien que la littérature combatte davantage que justement, le confort.
Elle a au contraire, au travers de tous les grands ecrivains qui l'ont chevauchée, toujours empalé les tentures, rideaux, couvertures, édredons, et toutes ces sortes de draps et oreillers qui empêchent le regard et invitent au sommeil.
La littérature a pour vocation la lumière au cœur de notre nuit. Et s'il ne s'agit pas non plus qu'il soit laid ou douloureux, l'objet qui la porte ne saurait être confortable. Un lit dans une abbaye cistercienne convient sans doute mieux qu'une chambre Sofitel business approved câblée 287 chaînes fibre. Si l'on veut lire, bien sûr.
Mais comme toute généralité sera immédiatement pourfendue par la première exception qui passe, que j'ai assez de bouteille pour faire mien le proverbe du flacon et de l'ivresse, et qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, je détruirai de ce pas mon joli argumentaire et m'en irai lire de ce doigt quelques fables de la Fontaine, ce génie que mon iPad me permet de lire en tout confort et avec, cerise confite sur flamby, l'illusion de la gratuité, une fois déduits frais bancaires, achat du device, factures Orange et EDF, et tout ce que j'oublie.