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Opinion : le jour où l'édition a pris un mauvais virage

Par arnaud, le

Hier soir, les rayonnages d'ibooks, la librairie en ligne d'Apple pour iPad, recevaient une première fournée de livres numériques commerciaux, qui s'ajoutait aux livres gratuits et libres de droit du projet Gutenberg. Pour l'essentiel, ceux-ci proviennent de la maison d'édition Hachette, et de ses partenaires comme Albin Michel. Eyrolles, également, est de la partie. Point, pour l'heure, de Flammarion, ou de Gallimard.

Opinion : le jour où l'édition a pris un mauvais virage


Sur la boutique en ligne, il est possible pour le lecteur curieux de se procurer un extrait raisonnable de l'ouvrage désiré - entre 30 et 50 pages téléchargeables gratuitement qui permettent, vraiment, de se faire une idée sur le bouquin. Un moyen de shopping littéraire bien agréable.

Las, trois fois hélas, difficile de ne pas être interloqué par les prix pratiqués : la plupart des ebooks sont vendus entre 12 et... 19 €, un prix vraiment peu éloigné du tarif de l'édition papier reliée et qui constituera, n'en doutons pas, un vrai frein à l'achat.

L'histoire se répète : les éditeurs emboîtent le pas aux majors de la musique ou du film et espèrent, dans le monde numérique, maintenir leur rentabilité en pratiquant des tarifs voisins de ceux pratiqués en librairie. Car, nous explique-t-on, le coût de fabrication d'un livre ne représente qu'une faible part de son prix de vente : entre 2 et 3 euros.

Nous prendrait-on pour des andouilles ? Possible. Dans le monde numérique, une bonne partie de la structure nécessaire à l'édition de livre papier disparaît. Plus besoin de suivre le réseau de distribution, d'acheminer les livres, de gérer leur mise au pilon, d'effectuer des retirages. Les besoins en personnels, aussi, il faut l'avouer, diminuent. Les structures ont besoin d'être adaptées.

Finalement de quoi a-t-on besoin pour proposer un ebook ? D'un ordinateur, apte à générer le fichier, d'un auteur et sa cervelle et d'une plate-forme de vente. C'est à peu près tout. On peut tout à fait imaginer que les auteurs se passent d'une maison d'édition, et vendent, directement, leur œuvre.

Dans ce monde numérique, la duplication des exemplaires n'a pas de coût. Et Apple et son App Store ont montré la voie : en pratiquant des prix bas, on augmente les volumes de vente de manière monstrueuse et on coupe l'herbe sous le pied du piratage, qui ne présente plus, alors, d'intérêt majeur. Hélas, ceci n'est toujours pas compris par les "anciens" médias, et c'est bien triste. L'édition, pas plus que la musique, ou le film, ne semblent cerner ce monde et son mode de fonctionnement.

Aussi, c'est avec une jolie certitude qu'on peut, déjà, annoncer l'augmentation prochaine du piratage de livres numériques. Une occasion manquée, une de plus.

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