Le standard Matter continue d’évoluer. La Connectivity Standards Alliance (CSA), qui regroupe notamment Apple, Google, Amazon et Samsung vient d’annoncer Matter 1.6. Cette nouvelle version apporte plusieurs améliorations importantes pour la maison connectée, avec un accent particulier sur la configuration des appareils, le partage entre différents écosystèmes et l’automatisation intelligente.
Configurer un accessoire, simplement en posant son iPhone
L’une des principales nouveautés de Matter 1.6 concerne l’installation des appareils connectés. Grâce à la prise en charge de la NFC, il sera désormais possible de configurer certains équipements simplement en approchant un smartphone compatible.
Cette solution se veut particulièrement pratique pour les interrupteurs muraux, les ampoules encastrées ou tout autre appareil qui doit être installé avant d’être alimenté électriquement. Cette méthode vient compléter les procédures actuelles basées sur les QR Codes ou le Bluetooth et devrait rendre l’installation beaucoup plus rapide pour les utilisateurs.
Fin d'un affrontement entre iPhone et Android ?
Matter 1.6 introduit également une évolution majeure baptisée Joint Fabric. Concrètement, cette fonction permet à plusieurs écosystèmes de gérer simultanément le même réseau Matter sans configuration supplémentaire.
Dans une famille où certains utilisent un iPhone et d’autres un smartphone Android (la mienne par exemple), chaque appareil connecté pourra être contrôlé naturellement depuis Apple Home, Google Home ou tout autre contrôleur compatible.
Aujourd’hui encore, l’ajout d’un appareil à plusieurs plateformes peut parfois nécessiter plusieurs étapes de configuration (voire un plantage complet). Joint Fabric vise précisément à faire disparaître cette complexité.
Des thermostats plus intelligents
La CSA s’attaque enfin à un autre problème fréquent des maisons connectées : les conflits entre différentes automatisations. Avec Matter 1.6, les assistants domotiques ne transmettront plus directement des ordres aux thermostats. Ils enverront désormais des suggestions temporaires que l’appareil pourra interpréter en fonction des préférences de l’utilisateur, de ses habitudes ou encore des contraintes énergétiques.
Par exemple, un thermostat configuré pour économiser l’énergie pourra ignorer une commande contradictoire envoyée par une autre plateforme. De même, un réglage manuel effectué par l’utilisateur pourra être prioritaire sur une automatisation lancée quelques secondes plus tard.
La nouvelle version améliore également la gestion des équipements de sécurité. L’objectif est d’offrir une meilleure cohérence entre les différents fabricants et applications compatibles Matter.
Les détecteurs de fumée ou de monoxyde de carbone pourront par exemple signaler s’ils ont été retirés de leur emplacement. Les capteurs de sécurité auront également la possibilité de partager un historique des événements afin que les différentes plateformes domotiques puissent accéder aussi bien aux alertes en temps réel qu’aux événements passés.
Et Apple dans tout ça ?
Comme souvent, la question reste de savoir quand Apple intégrera réellement ces nouveautés. La firme n’a pas toujours été particulièrement rapide dans l’adoption des nouvelles versions de Matter. Certaines fonctions introduites avec Matter 1.4 en 2024 ne sont toujours pas totalement prises en charge dans Apple Home.
Cupertino a toutefois récemment renforcé son implication dans le protocole. Avec tvOS 27, la firme a notamment ajouté la compatibilité avec Thread 1.4, une évolution qui améliore la communication entre les appareils compatibles Matter et facilite la création de véritables réseaux maillés entre produits de marques différentes.
Qu'en penser ?
Même si Matter n’a pas encore totalement tenu sa promesse d’une maison connectée universelle, chaque nouvelle version rapproche un peu plus l’industrie de cet objectif. Matter 1.6 ne révolutionne pas le secteur, mais il apporte plusieurs améliorations concrètes qui répondent directement aux frustrations des utilisateurs : installation simplifiée, meilleure compatibilité entre plateformes et automatisations plus intelligentes.