J'ai testé pas mal d'enceintes de bureau ces dernières années, et les Kanto ORA4 sont de loin les meilleures que j'ai eues. Connectées en USB-C à mon Mac via un dock Thunderbolt, elles me bluffent tous les jours. Et je pèse mes mots.
Un son de studio dans 21 cm de haut
Kanto est une marque canadienne qui ne fait pas beaucoup de bruit en France (sans mauvais jeu de mots), mais qui s'est taillé une solide réputation chez les audiophiles nord-américains. Les ORA4 sont la suite logique des ORA, des petites enceintes amplifiées qui avaient déjà séduit pas mal de monde.
Cette version 4 des enceintes de chez Kanto est équipée de haut-parleurs de 4 pouces en aluminium, blindés magnifiquement, couplés à des tweeters à dôme en soie. Le tout est bi-amplifié en classe D, avec 70 watts RMS au total : 23 watts par woofer et 12 watts par tweeter.
Chaque enceinte mesure 12 x 17 x 21 cm et pèse environ 2 kg. C'est compact, léger, facile à déplacer si besoin. Le design est sobre, minimaliste, avec des lignes épurées qui s'intègrent sans problème sur un bureau. En France, Kanto propose trois finitions : noir mat (c'est celui que j'ai), blanc mat et un coloris Lune plutôt original.
Aux États-Unis, d'autres coloris sont disponibles, et si vous prévoyez un voyage outre-Atlantique prochainement, ça vaut le coup d'y jeter un œil, d'autant qu'elles y sont moins chères, on y reviendra. La qualité de fabrication est très bonne pour du plastique, rien de luxueux, mais c'est solide et bien assemblé. On retrouve sur l'enceinte active un bouton rotatif qui fait office de volume et de sélecteur d'entrée par pression, une LED d'état, et à l'arrière toute la connectique : USB-C, RCA, Bluetooth 5.0, sortie subwoofer et port pour relier l'enceinte passive.
Par contre attention, il n'y a plus de prise jack de sortie, contrairement aux ORA précédentes. Pour la plupart des usages, ça ne manque pas vraiment, même si je sais que certains parmi vous aiment bien brancher un casque à leurs enceintes.
L'USB-C, le vrai bon choix
J'utilise les ORA4 au quotidien, branchées en USB-C sur mon dock Thunderbolt relié à mon Mac. Et c'est clairement la meilleure connexion possible. En USB-C, les enceintes embarquent leur propre DAC et gèrent le flux audio en 24 bits / 96 kHz. Vous contournez le convertisseur intégré de votre Mac, et la différence s'entend. Le son est plus détaillé, plus propre, avec une séparation des instruments qui donne envie de réécouter toute sa bibliothèque musicale.
J'ai aussi testé le Bluetooth 5.0 et la connexion RCA. Le Bluetooth est pratique pour un usage rapide depuis un téléphone, mais la qualité est en retrait par rapport au filaire. Le RCA fait le boulot si vous avez une carte son dédiée ou un ampli casque avec sortie ligne. Mais franchement, si vous avez un Mac ou un PC avec un port USB-C, ne cherchez pas plus loin.
(Pardon pour la poussière !)
Côté son, les ORA4 produisent une signature neutre, fidèle, qui restitue la musique telle qu'elle a été mixée. Les médiums sont précis, les voix ressortent avec une clarté qui surprend pour des enceintes de cette taille. Les aigus sont fins sans jamais devenir agressifs, même à volume élevé. Et le grave, parlons-en. Les ORA4 descendent jusqu'à 60 Hz annoncés, avec un F3 mesuré autour de 50 Hz par les tests indépendants. Pour des enceintes de bureau, c'est franchement bon. Le bass reflex arrière fait son travail, et on obtient un grave présent, rond, qui ne déborde jamais. Pas de vibrations parasites sur le bureau, pas de boum-boum fatigant. Juste ce qu'il faut pour donner de la matière à la musique.
La puissance est largement suffisante pour un usage bureau. En pratique, je dépasse rarement 25 ou 30% du volume et c'est déjà bien fort. L'image stéréo est bluffante en champ proche, avec une scène sonore large et une localisation précise des instruments. Pour de l'écoute musicale, du montage vidéo ou même du jeu, c'est un vrai plaisir.
Des accessoires pour aller plus loin
Kanto propose aussi une gamme de supports compatibles : les S4 inclinés, les SE4 en porte-à-faux, les SP9 surélevés. De mon côté, j'ai ajouté les S4 sous les miennes, des petits supports inclinés vendus séparément à 45 euros. Je les ai pris en blanc alors que mes enceintes sont noires, tout simplement parce que les noirs étaient plus chers. Le contraste est plutôt sympa au final. Poser les ORA4 sur des pieds adaptés améliore le rendu sonore en les plaçant à hauteur d'oreille et en les découplant du bureau.
Les inserts filetés 1/4-20 à l'arrière et sous chaque enceinte permettent aussi un montage mural si vous manquez de place. Et si vous voulez encore plus de grave, la sortie subwoofer active automatiquement un filtre passe-haut à 80 Hz quand un caisson est branché, libérant les ORA4 pour se concentrer sur les médiums et les aigus. Malin. Le prix, en revanche, pique un peu. Comptez 499 euros en France sur Amazon, contre 349 dollars aux États-Unis (et même moins avec les promotions). L'écart est difficile à justifier, même en prenant en compte la TVA et les frais d'importation. C'est le seul reproche qu'on peut leur faire, et de loin.
Alors, quel bilan ?
Après avoir fait tourner pas mal de modèles sur mon bureau, ce sont de loin les meilleures enceintes que j'ai eues. Le son est d'une justesse et d'une précision qui mettent à l'amende des modèles bien plus encombrants. La connexion USB-C sur Mac est un sans-faute, la mise en route prend trente secondes, et au quotidien on ne pense même plus aux enceintes tellement elles font bien leur travail.
Bon par contre, 499 euros en France pour des enceintes de bureau. Aux États-Unis le tarif est bien plus raisonnable, et on espère que Kanto finira par ajuster ses prix pour le marché européen. Mais si vous cherchez ce qui se fait de mieux en enceintes compactes pour un setup Mac, les ORA4 sont difficiles à battre. En tout cas moi je ne compte pas revenir en arrière.
Les Kanto ORA4 s’imposent pour moi comme une nouvelle référence compacte avec une précision sonore bluffante et une intégration USB-C qui simplifie la vie. Un quasi sans-faute technique dont le seul véritable défaut est le tarif européen qui est bien trop élevé hélas.