Amazon attaque en justice la startup Perplexity. Le géant du e-commerce accuse l'agent IA du navigateur Comet de s'introduire sans autorisation dans les comptes clients pour automatiser des achats, en se faisant passer pour un utilisateur humain. Le conflit sur l'IA est ouvert.
Une intrusion par le code
Amazon a donc sorti l'artillerie lourde avec un procès en Californie. La firme accuse Perplexity de fraude informatique et de violation flagrante de ses conditions d'utilisation. Le point de friction principal : l'agent IA "Comet". Amazon affirme que cet outil s'introduit clandestinement dans les comptes clients et masque son activité automatisée pour la faire passer pour une navigation humaine.
Le géant de l'e-commerce invoque des risques de sécurité et une dégradation de l'expérience d'achat (comprendre aussi : la consultation de ses pubs). Amazon avait déjà demandé à Perplexity de cesser, mais la startup aurait continué, contournant les blocages.
Perplexity accuse Amazon de bullying
La réponse de Perplexity est directe : Amazon se comporte en bully (harceleur en français). La startup, valorisée à 20 milliards, accuse le géant d'utiliser son poids dominant et des menaces légales pour étouffer l'innovation. Selon Perplexity, Amazon devrait apprécier cet outil, car un shopping plus facile signifie plus de transactions. Mais Perplexity affirme qu'Amazon ne veut pas d'un shopping facile ; il veut servir des publicités et des résultats sponsorisés. La startup positionne le débat sur le droit des utilisateurs à embaucher un assistant IA pour agir en leur nom, précisant que les identifiants clients restent stockés localement.
L'avenir des agents IA en jeu
Ce conflit dépasse le simple cas Amazon contre Perplexity. Il pose la question de l'avenir des agents IA conçus non plus pour simplement répondre, mais pour agir : rédiger des emails, réserver des vols ou finaliser un achat. Si Amazon développe ses propres outils, comme Rufus ou Buy For Me, il entend garder le contrôle de l'écosystème. L'outil de Perplexity court-circuite l'interface (et la monétisation) d'Amazon. Ce procès pourrait donc établir un précédent majeur : un site web peut-il interdire l'accès à un agent IA, même si c'est l'utilisateur qui lui en a donné le mandat ?
On en dit quoi ?
La position d'Amazon est normale. Son modèle économique repose sur le contrôle de l'interface et l'exposition des clients à ses publicités. Un agent IA qui se connecte, achète le produit au meilleur prix sans flâner sur le site, et se déconnecte, est un scénario catastrophe pour le chiffre d'affaires publicitaire. Perplexity joue la carte de l'innovation, mais sa méthode, qui consiste à ignorer les conditions d'utilisation et à se déguiser en humain, est agressive. L'argument d'Amazon sur l'intrusion est techniquement faible : si l'utilisateur donne ses identifiants à l'agent, où est l'intrusion ? Ce procès ne concerne pas la sécurité du client, mais la bataille pour le contrôle de la transaction. Et Amazon n'aime pas la concurrence chez lui.