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OpenAI et ChatGPT risquent de disparaître en 2026

Par Nicolas Sabatier - Publié le

Tous les voyants sont au rouge pour OpenAI, le créateur de ChatGPT. Entre une concurrence redoutable, des produits qui déçoivent et des pertes abyssales, il se pourrait que l’année 2026 soit décisive pour le futur de la société, voire sa survie.

OpenAI et ChatGPT risquent de disparaître en 2026


Google met la pression sur OpenAI



La sortie de la troisième version de Gemini, l’IA conversationnelle de Google concurrente de ChatGPT, a jeté un froid chez OpenAI. À tel point que Sam Altman, patron d’OpenAI, a tiré la sonnette d’alarme en déclarant un code rouge, c’est-à-dire un branle-bas de combat général pour répondre à la nouvelle menace.

Beaucoup se rendent compte que Gemini 3 est bien meilleur sur de nombreux points que ChatGPT. Marc Benioff, célèbre milliardaire patron de Saleforce et fan de l’IA, a d’ailleurs publiquement dit qu’il abandonnait ChatGPT pour passer à Gemini 3, tellement la différence était frappante.

OpenAI et ChatGPT risquent de disparaître en 2026


Le public ne s’y trompe pas. L’utilisation est en forte baisse depuis deux mois alors que dans le même temps, Gemini dépasse les 650 millions d’utilisateurs actifs mensuels.

Des finances catastrophiques



OpenAI perd énormément d’argent tous les jours. Par exemple, la société de Sam Altman a perdu 12 milliards de dollars sur le dernier trimestre. La célèbre banque Deutsche Bank a d’ailleurs rédigé un rapport accablant sur l’état des finances d’OpenAI. Sa conclusion est implacable : aucune start-up dans l’histoire n’a autant perdu d’argent.

Pertes cumulées les plus importantes avant que des start-up ne deviennent rentables, comparées à la consommation de trésorerie d’OpenAI et d’Anthropic (en milliards de dollars). Source : Deutsche Bank.
Pertes cumulées les plus importantes avant que des start-up ne deviennent rentables, comparées à la consommation de trésorerie d’OpenAI et d’Anthropic (en milliards de dollars). Source : Deutsche Bank.


Il faut dire qu’OpenAI n’a jamais été rentable de son histoire. Et la société ne trouve rien de mieux que de sortir Sora qui coûte 15 millions de dollars par jour à faire fonctionner, soit 5 milliards de dollars par an. Quand OpenAI essaie de nous faire croire qu’elle va créer une intelligence artificielle générale (AGI) révolutionnaire capable de régler tous les problèmes du monde, tout ce que l’on récupère c’est un clone de TikTok avec des vidéos générées par IA.

De plus, les améliorations des modèles sont de moins en moins flagrantes tout en coûtant de plus en plus cher. La différence de performance entre ChatGPT 4 et ChatGPT 5 était mineure, sauf que les entrainements ont couté 500 millions de dollars pour la version 4 et 5 milliards de dollars pour la version 5.

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Une start-up comme les autres ?



Certains pointeront un fonctionnement de start-up classique qui perd de l’argent au début de son activité pour en gagner beaucoup par la suite. Or, que ce soit Google, Uber, Amazon ou encore Facebook, tous avaient un avantage sur la concurrence.

OpenAI a non seulement beaucoup de concurrents, mais en plus un utilisateur n’a aucun avantage à utiliser ChatGPT par rapport à Claude ou encore Gemini. Contrairement à d’autres industries ou marchés où un client a plus de difficultés de passer d’un service à un autre, ce n’est pas le cas pour les IA conversationnelles. Rien n’est plus de simple que de passer de ChatGPT à Gemini.

Sans compter que Google et Facebook ont un avantage : ils ont accès à des données que n'a pas OpenAI pour entrainer leurs modèles. Toutes les recherches dans Google et les utilisations de leurs produits comme Google Drive, Gmail et autres génèrent des données. Et c’est encore plus évident pour Facebook avec celles de son réseau social ainsi qu’Instagram ou encore WhatsApp. De plus, Google et Facebook ont d’autres sources de revenus, leur permettant de perdre de l’argent sur leurs IA pendant des années en attendant que ce soit rentable. Ce qui n’est pas le cas d’OpenAI : la société doit être rentable rapidement.

OpenAI et ChatGPT risquent de disparaître en 2026


Arrivée de la publicité et fuite des talents



Avec des pertes records, on parle de plus de 140 milliards de dollars en cumulé, OpenAI doit trouver d’autres moyens pour générer des revenus. Rappelons que même sur les abonnements les plus chers à 200$ par mois, OpenAI perd de l’argent en moyenne sur chaque abonnement. Il n’est donc pas étonnant que la société ait décidé de mettre de la publicité dans un abonnement dédié à 8€ par mois.

J’avais abordé la fuite des talents d’Apple dans un précédent article. Mais chez OpenAI, c’est pas mal non plus dans le domaine. Parmi les récents départs, nous pouvons souligner ceux-ci.

Sam Altman avec autour de lui les personnes ayant quitté OpenAI.
Sam Altman avec autour de lui les personnes ayant quitté OpenAI.


Ilya Sutskever : co-fondateur, Chief Scientist, a annoncé son départ en mai 2024 pour créer Safe Superintelligence.

Jan Leike : responsable sécurité (safety lead), co-responsable de l’équipe “Superalignment” est parti en mai 2024 pour aller chez le concurrent direct Antrhopic.

Andrej Karpathy : chercheur et membre fondateur d’OpenAI a confirmé son départ en février 2024.

Mira Murati : Chief Technology Officer (CTO) et que l’on voyait dans chaque keynote, a annoncé quitter OpenAI en septembre 2024 pour créer Thinking Machines Lab. John Schulman : co-fondateur a rejoint Mira Murati chez Thinking Machines Lab.

Bob McGrew : Chief Research Officer est parti après le départ de Murati. Tout comme Barret Zoph, Vice President of Research pour aller chez Thinking Machines Lab (pour revenir chez OpenAI pendant que j’écris ses lignes).

Elon Musk n’est pas content



OpenAI et ChatGPT risquent de disparaître en 2026


Nous avons tendance à l'oublier, mais Elon Musk faisait partie des fondateurs d’OpenAI. Il voulait créer une IA totalement ouverte, d’où le nom, pour contrer les IA fermées qu’il jugeait dangereuses. De plus, il voulait qu’OpenAI soit une organisation à but non lucratif. Cependant, la société a bien évolué depuis sous la direction de Sam Altman.

C’est pour cela que le patron de Tesla attaque OpenAI en justice pour 134 milliards de dollars. Le procès est prévu en avril. Si j'étais à la place de Sam Altman, j’aurais très peur. Avoir l’homme le plus riche du monde qui vous poursuit en justice est déjà effrayant en soit. Mais ça l’est d’autant plus quand on prend en compte le contexte politique avec une justice américaine défaillante et un Donald Trump qui se rabiboche avec le patron de Tesla. Avec un Trump tout puissant, proche d’un président dictatorial, je ne suis pas sûr qu’un juge puisse prendre le risque de ne pas aller dans le sens du propriétaire de Tesla s'il est appuyé par le président des États-Unis.

Des besoins financiers sans fin



Et si cette épée de Damoclès n’était pas suffisante, nous avons le problème de la recherche constante d’argent. Actuellement, OpenAI dépense plus de 3$ afin d’en gagner 1$. C’est principalement parce que l’entreprise doit acheter des GPU à Nvidia et payer Microsoft pour faire tourner ses modèles sur leurs serveurs Azure. Ce qui n’est pas le cas pour Google qui a ses propres processeurs, appelé TPU, ainsi que ses propres serveurs.

Les GAFAM consomment énormément d'énergie, quitte à acheter des centrales nucléaires.
Les GAFAM consomment énormément d'énergie, quitte à acheter des centrales nucléaires.


Ce n’est pas tout. Afin d’entrainer ses modèles, OpenAI a besoin d’investissements de grande ampleur, que dis-je, des investissements gargantuesques. Vous voulez des exemples ? L’entreprise a annoncé un partenariat avec Broadcom pour la création de puces avec 10GW de puissance. Oui, nous parlons en Giga Watt, comme dans Retour vers le futur, car l’élèment limitant maintenant est la puissance électrique pour faire tourner ces systèmes. Or, un GW de puissance coûte au minimum 30 milliards de dollars (certains parlent de 50, voire 60 milliards de dollars le GW tout compris, entre la création des data centers mais surtout des centrales électriques pour leur fournir l’énergie pour fonctionner)… Ainsi, OpenAI aurait besoin d’au minimum 300 milliards de dollars pour ce projet, si ce n’est le double. Je rappelle que la société n’a jamais été rentable.

Les data centers en construction d'OpenAI.
Les data centers en construction d'OpenAI.


En 2026, OpenAI doit construire plusieurs data centers : un avec Broadcom, un avec AMD et un autre avec NVidia. Les calculs sont difficiles à faire, mais on peut estimer le coût total au minimum à 100 milliards de dollars. Mais OpenAI n’a pas cet argent, alors comment la société va pouvoir financer cela ? Personne ne le sait pour l’instant. Je rappelle que ces data centers sont prévus pour l’année 2026 : il n’y a pas assez de temps pour les construire, pas assez d’argent pour les financer, et quand bien même, pas assez d’infrastructure pour les faire fonctionner (transformateurs, électriciens, acier, materiel, etc.).

J’avoue que maintenant, d’autant plus depuis mes recherches pour mon précédent article sur le sujet, je suis plus que circonspect sur l’avenir et la santé d’OpenAI.

Le cercle d'investissement particulier d'OpenAI.
Le cercle d'investissement particulier d'OpenAI.


La fin pour OpenAI ?



À moins d’un miracle, je ne vois pas comment OpenAI peut s’en sortir en continuant ainsi. L’entreprise doit générer plus de 200 milliards de revenue en 2030 selon leurs propres projections. Ils en sont loin. Ce serait multiplier par 15 leur croissance actuelle.

Il serait surprenant qu’une entreprise qui demande plus de 100 milliards de dollars d’investissement, pour peut-être devenir rentable, puisse survivre aussi longtemps. D’autant plus que même Microsoft avoue que, pour l’instant, l’IA n’est pas le succès anticipé, et c’est un constat partagé par beaucoup de monde. Tout le monde s’accorde que l’IA est en pleine bulle spéculative. Comme pour la bulle internet du début des années 2000, cela ne veut pas dire que la technologie n’a pas d’avenir, juste que le marché risque de faire un réajustement brutal.

OpenAI et ChatGPT risquent de disparaître en 2026


À ce propos, soulignons la position délicate de Microsoft. La société n’a pas d’IA conversationnelle, à l’instar d’Apple, Copilot utilisant les modèles d’OpenAI. Sauf que Microsoft a massivement investi dans OpenAI, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Si jamais la société disparait sous le poids de ses dettes, Microsoft se retrouverait sans IA et avec un investissement qui passerait du jour au lendemain de plusieurs dizaines de milliards de dollars à zéro. Sans compter qu’actuellement, OpenAI est le plus gros client de Microsoft pour ses serveurs Azure…

Et en passant, Microsoft vend Copilot à ses clients, notamment pour développer. Or, on apprend que dans le même temps Microsoft est le plus gros client de Claude Code, concurrent direct de Copilot. Certains pensent que Redmond pourrait vendre Claude Code à ses clients, en parallèle de Copilot. Sans doute que la société de Redmond pense que la solution d’Anthropic est meilleure que Copilot et teste les alternatives à OpenAI. Quitte à avoir une solution si OpenAI disparait…

Si OpenAI venait à disparaître, mon seul regret serait de ne pas avoir eu la chance de voir ce fameux produit révolutionnaire préparé par Jony Ive. Je n’y crois absolument pas, mais j’aurais aimé voir à quoi cela aurait pu ressembler.

Et vous, pensez-vous que l’année 2026 sera celle de l’écroulement d’OpenAI ?