Depuis quelques jours, les rares derniers milliers d'abonnés à Napster ont eu la surprise de voir leurs écoutes de musique s'arrêter d'un coup, paf, comme ça. Puis un écran s'est affiché sur leur application, indiquant simplement Napster n'est plus une plate-forme de streaming musical. Mais qu'est-ce qui se passe encore avec Napster ?
Le bazar, et l'IA qui se ramène
Mais pourquoi donc ce revirement ? Qui est loin d'être le premier depuis sa création en 1999 par Shawn Fanning, et qui a fait le bonheur de la préservation du portefeuille de toute une génération, dont moi. Eh bien en fait l'app de streaming se transforme complètement pour devenir une app de musique générée par Intelligence Artificielle, voilà, on en est là. D'ailleurs une nouvelle application vient d'être lancée sur iOS et Android.
Une histoire sans fin
Pour rappel, en mars 2025, Napster a été racheté par Infinite Reality, une entreprise spécialisée dans l'IA et le métavers, pour quelque 207 millions de dollars. Un énorme investissement de 3 milliards, qui était promis par un investisseur privé, a lui complètement disparu en novembre 2025. Le CEO John Acunto a lui-même évoqué des malversations, et le Département de la Justice a ouvert des enquêtes aux US. Napster traîne d'ailleurs toujours un arriéré de plusieurs millions de royalties impayées à SoundExchange et à des gros labels comme Sony Music. Bref, c'est du grand n'importe quoi.
Oubliez donc les 110 millions de titres présents dans le catalogue de Napster, désormais l'application vous propose de la musique générée par IA, des podcasts générés par des IA et des présentateurs IA, mais aussi des expériences bien-être adaptatives, on a hâte de tester ça (non).
Napster prévoit aussi de lancer un système hardware optionnel à 100 dollars et des avatars numériques facturés 20 dollars par mois, et prépare aussi un assistant IA qui répondra au doux nom de Sofia. Oui, ça fait beaucoup à digérer d'un coup, on est d'accord.
Des ambitions difficiles à cerner
John Acunto affirme que l'âge de la consommation passive est révolu. Dieu merci, on attendait qu'un ancien service de piratage musical reconverti trois fois nous explique l'avenir du divertissement. Son CTO Edo Segal renchérit : Napster secoue à nouveau la relation des fans avec la musique. Certes, mais quand on creuse, difficile de voir comment une plateforme qui vient de couper l'accès à toute sa bibliothèque musicale sans prévenir peut prétendre défendre les fans. D'ailleurs, le seul geste pour les abonnés a été un outil TuneMyMusic permettant d'exporter ses playlists ailleurs.
On en dit quoi ?
On a quand même du mal à voir autre chose qu'une fuite en avant. Napster accumule les casseroles financières, doit de l'argent à peu près à tout le monde dans l'industrie musicale, et choisit ce moment précis pour vendre des personas numériques à 20 dollars par mois. Bref, on prend un nom légendaire, on vire la musique, et on colle IA partout en espérant que ça suffise. Depuis 1999, Napster aura été un service pirate, une plateforme légale, un rescapé du streaming, et maintenant une vitrine IA. Un de ces jours, il va vraiment falloir laisser tranquillement mourir cette marque.