Jabra revient, après deux ans d'absence, avec sa nouvelle gamme professionnelle Evolve3. Le plus gros changement, , c'est l'abandon de la perche micro au profit d'un système ClearVoice piloté par une IA maison. On a eu ce modèle 75 en noir à l'essai pendant plusieurs semaines, en télétravail et en déplacement. Recharge sans fil, autonomie XXL et batterie remplaçable au programme.
La fin de la perche ?
Le Jabra Evolve3 75 a clairement été pensé pour qu'on ne voie plus tout de suite qu'il s'agit d'un casque de bureau. La perche micro qui dépassait à l'avant de l'ancien Evolve2 a tout simplement disparu. À la place, Jabra a glissé plusieurs micros directement dans la coque et confié à une IA maison appelée ClearVoice le travail d'isoler la voix du bruit ambiant. Résultat, le 75 ressemble enfin à un casque audio tout à fait normal, du genre qu'on peut porter dans la rue ou en avion sans avoir l'air d'être en réunion permanente.
La version testée est la version on-ear, c'est-à-dire que les coussinets se posent sur les oreilles et non autour. Comptez 180 grammes sur la balance, soit près de 10 % de moins que l'ancien Evolve2 75. La différence se sentira au bout d'une longue journée de visios, et on ne le sent effectivement pas du tout une fois posé sur la tête. Côté finition, le noir mat de la version qu'on a eue en main est sobre, sans fioritures, et passe partout. L'étui de transport est l'autre vraie surprise, avec ses 22 millimètres d'épaisseur, à peine plus qu'un livre de poche avec le casque à l'intérieur, et c'est appréciable.
Jabra a aussi abandonné le simili-cuir, qui chauffait beaucoup, au profit d'un tissu respirant. Pour quelqu'un qui enchaîne les appels, ça change vraiment quelque chose : les oreilles ne deviennent plus brûlantes en milieu d'après-midi. Autre bon point que les marques traînent trop souvent à proposer, la batterie et les coussinets sont remplaçables par l'utilisateur. Une bonne nouvelle pour la durée de vie du produit, surtout vu le prix demandé. Si vous préférez, le 75 est aussi disponible en gris chaud.
ClearVoice à l'épreuve du télétravail
La vraie question avec un casque sans perche micro, c'est bien sûr la qualité de la voix côté interlocuteur. Sur le papier, Jabra promet de restituer fidèlement plus de 9 mots sur 10 même dans un environnement bruyant, avec une IA plus capable, entraînée sur 60 millions de phrases plutôt que sur des mots isolés. Dans les faits, on a fait passer le 75 par les pires conditions qu'on a pu trouver : un café avec terrasse en extérieur, un trajet en train avec annonces toutes les dix minutes (dans la zone entre les rames hein, me grondez pas parce que j'appelle de ma place dans le train...) et un appel pris depuis un bureau partagé avec deux collègues qui parlaient à côté.
Verdict des personnes aubout du fil : pour eux la voix passe bien, sans grésillement ni effet métallique, et le bruit autour disparaît dès qu'on cesse de parler. Un ami m'a même demandé en plein appel d'où tu m'appelles ?, persuadé qu'on était dans mon bureau, alors que j'étais à l'extérieur. Le seul truc un peu agaçant parfois, c'est que le système coupe assez agressivement les sons faibles : si vous murmurez ou parlez avec un masque, l'IA peut interpréter ça comme du bruit et atténuer votre propre voix. Rien de bloquant ni de fréquent, mais bon, c'est à prendre en compte, il ne faut pas marmoner avec ce casque.
Niveau écoute, l'ANC adaptatif du 75 fait le job sans prétendre rivaliser avec un Sony WH-1000XM6 ou un Bose QuietComfort Ultra. Il atténue le grondement du train ou le brouhaha d'un open space, mais ne vous met pas dans une bulle de silence total. Pour un usage pro, ça suffit largement. Le mode HearThrough, activable en tapant sur la coque, laisse passer les bruits extérieurs quand on veut rester attentif à son environnement. Pratique pour entendre une annonce SNCF en gare sans avoir à retirer le casque. Notez aussi que tous les boutons de contrôle sont en physique sur le casque, et c'est très bien comme ça.
Recharge Qi2 et Localiser au rendez-vous
Sur l'écosystème Apple qui nous est cher, le 75 réserve plusieurs surprises. Jabra a glissé une bobine Qi2 dans le casque, le même standard de recharge sans fil que les iPhone utilisent, et un socle est fourni dans la boîte. Sauf que bon... ni le casque ni le socle ne sont magnétiques : pas de petit clac façon MagSafe, il faut centrer la coque à la main pour que la charge démarre. Du coup, ça reste assez gadget face à un bon vieux câble USB-C, je n'ai pour ma part jamais utilisé le socle de charge du coup pendant ces quelques jours d'utilisation.
D'autant que l'autonomie rend la recharge presque accessoire. Jabra annonce 22 heures en appel et 110 heures de musique avec l'ANC coupée, et les chiffres tiennent à l'usage. Sur deux semaines avec plusieurs heures de visios par jour, je n'ai eu besoin de brancher le casque que tros fois. La charge rapide est l'autre bonne surprise : cinq minutes au bout du câble donnent cinq heures d'usage, dix minutes en donnent dix. La batterie étant en plus remplaçable par l'utilisateur, sa longévité ne devrait pas s'effondrer après deux ans.
Sur la partie sonore, le 75 prend en charge le codec LC3. C'est celui qu'Apple utilise dans son Bluetooth LE Audio depuis iOS 17. Ça vous offre un son un cran au-dessus du Bluetooth classique, et une latence un peu plus faible quand vous regardez une vidéo. L'AAC, le codec préféré d'Apple, est lui aussi supporté. L'application Jabra Plus, disponible sur l'App Store, vous permet elle de régler l'égaliseur, l'intensité de l'ANC ou le mode HearThrough. Attention par contre, l'application n'est pas traduite en français, ce qui est un peu pénible, et complètement absurde en 2026, avec le vide coding à gogo et l'IA à toutes les sauces, traduire une application ne devrait pas être si compliqué.
Petit détail si vous bossez avec un PC : le 75 est livré avec un dongle Bluetooth USB pour une connexion plus stable, surtout utile donc, sur les vieux PC d'entreprise. Sur un Mac récent, vous pouvez vous en passer, la puce Bluetooth d'Apple gère très bien la liaison en direct.
L'autre bonne surprise, c'est l'intégration au Localiser d'Apple. Sur la boîte, juste à côté du badge Made for iPhone, on retrouve le logo Works with Apple Find My, qui certifie que le casque rejoint le réseau de tous les iPhone dans le monde pour pouvoir être retrouvé si vous le perdez. Si vous oubliez le 75 dans un Uber ou dans un train, vous pouvez le localiser directement depuis l'app Localiser, comme des AirPods. C'est très bien, et c'est encore loin d'être systématique chez les concurrents. Niveau connexion multipoint, le 75 jongle aussi bien entre un MacBook et un iPhone, sans le switch automatique style AirPods mais avec une bascule rapide dans l'app Jabra Plus.
On en dit quoi ?
Pour environ 320 euros, le Jabra Evolve3 75 vise clairement un public de pros qui veulent un seul casque pour leurs visios, leurs déplacements et leurs trajets. Et de ce point de vue, c'est très réussi. La captation de la voix est très bonne, le confort tissu fait la différence sur la longueur, et surtout l'autonomie vous fait carrément oublier la question de la recharge au quotidien. La batterie remplaçable est l'autre vrai argument à cette époque où on jette totu trop vite et trop facilement.
Au niveau des limites, la musique pure n'est pas la priorité du 75 : on est loin d'un casque grand public dédié comme un Sony WH-1000XM6 ou un Bose QuietComfort Ultra, vendus moins cher en plus. Et si vous tenez vraiment à une isolation totale, c'est plutôt vers le grand frère, le "85" qu'il faut regarder. Bref, pour quelqu'un qui passe ses journées en réunion, qui veut un casque léger qu'on oublie sur la tête et qui rêve de sortir du bureau de temps en temps avec, cet Evolve3 75 fonctionne quand même bien.
Le Jabra Evolve3 75 réussit très bien son pari en proposant aux professionnels nomades un casque discret, avec une bonne autonomie et une captation vocale par IA très efficace. Malgré un tarif élevé et une réduction de bruit active en retrait face aux modèles purement grand public, on reste sur un excellent casque de bureau pour ceux dont le travail consiste à... beaucoup parler à distance.