Après plusieurs années de teasing, Skoda lève enfin le voile sur son grand SUV électrique familial. Connu jusqu'ici sous le nom de concept Vision 7S, le projet prend désormais une forme beaucoup plus concrète avec le Skoda Peaq, un imposant SUV à sept places qui vient occuper le sommet de la gamme électrique du constructeur tchèque.
Avec près de 4,90 mètres de long, une autonomie annoncée jusqu'à 649 km et un habitacle pensé pour les familles, le Peaq s'attaque directement à des modèles comme le Kia EV9, le Hyundai Ioniq 9 ou encore le futur grand SUV électrique de Volkswagen.
Au-delà de ses dimensions généreuses, ce nouveau modèle marque également l'arrivée du langage stylistique Modern Solid, appelé à définir les prochaines Skoda électriques.
Un design massif mais très travaillé
Le Skoda Peaq impressionne d'abord par son gabarit. Avec 4,87 mètres de long et un empattement de 2,97 mètres, il se rapproche davantage d'un Kodiaq XL que d'un Enyaq. Pourtant, les designers ont particulièrement travaillé l'aérodynamisme.
Sous la direction de Karl Neuhold, responsable du design extérieur chez Skoda Auto, le SUV inaugure une face avant entièrement repensée. Les éléments lumineux sont directement intégrés dans la structure de la calandre et forment une nouvelle signature lumineuse en T, appelée à devenir l'un des marqueurs visuels de la marque.
Le pare-chocs avant adopte une forme particulièrement sculptée, évoquant selon Skoda un volcan, tandis que les poignées de portes affleurantes et rétractables contribuent à améliorer l'efficience. Les ingénieurs ont également travaillé sur les flux d'air avec des entrées complexes dirigées vers les roues.
Résultat : malgré sa taille imposante, le Peaq affiche un excellent coefficient de traînée (Cx) de 0,249, une valeur remarquable pour un SUV familial de cette catégorie.
À l'avant, on retrouve également un volet actif de gestion de l'air, des projecteurs Matrix LED de dernière génération (en option) ainsi qu'un petit frunk de 37 litres destiné aux câbles de recharge.
Plus étonnant encore, Skoda inaugure un nouveau système d'essuie-glaces censé réduire la consommation de lave-glace grâce à une distribution plus précise et à un système d'auto-nettoyage intégré.
Jusqu'à sept places et un coffre géant
Le Peaq a clairement été conçu pour répondre aux besoins des familles nombreuses.
En configuration cinq places, le coffre atteint jusqu'à 1 010 litres, tandis qu'il conserve 299 litres lorsque les sept sièges sont en place. De quoi transporter les bagages de toute la famille sans devoir recourir systématiquement à un coffre de toit.
Le SUV pourra également recevoir une prise 230 volts dans le coffre, pratique pour alimenter des appareils électriques lors d'activités en plein air ou en camping. D'ailleurs, le constructeur présentait une version camper avec un matelas intégré, un vélo électrique sur le V2L et un coffre de toit.
L'attelage ne sera pas oublié avec une capacité de remorquage annoncée entre 1 800 et 2 000 kg selon les versions.
A l'arrière, l'espace est généreux pour les jambes et la tête, même si la troisième place est toujours un peu étriquée et peu confortable, à faute à un accoudoir central qui rend l'assise très dure au niveau du dos. Pour un véhicule familial, on aurait préféré 3 sièges indépendants !
Les prises USB C se trouvent au milieu de la console, surmontée par un petit écran pour la climatisation. En revanche, pas d'écran pour les enfants, il faudra venir accrocher ses propres iPad au niveau des sièges.
Quant à la troisième rangée, ce n'est pas Versailles : on se rapproche de ce que proposait le Kodiaq (ou le Tiguan AllSpace) avec 2 sièges assez droits, avec une assise très basse et peu d'espace. Je regrette d'ailleurs qu'il n'y ait pas de bouche de climatisation, il faudra se contenter d'un porte-gobelet et d'une prise USB C. On est clairement moins bien loti que dans une Kia EV9 malgré une longueur pourtant assez voisine.
Trois versions et jusqu'à 649 km d'autonomie
Comme les autres modèles du groupe Volkswagen, le Peaq repose sur une évolution de la plateforme MEB, ici associée à une nouvelle génération de batteries.
Skoda annonce des autonomies WLTP allant jusqu'à :
• 450 km pour l'entrée de gamme, • 610 km pour la version intégrale • et jusqu'à 649 km pour la propulsion et la grosse batterie
Des chiffres particulièrement ambitieux qui placeraient le Peaq parmi les meilleurs élèves de la catégorie.
Recharge rapide et fonctions modernes
La recharge rapide semble également avoir fait l'objet d'un important travail d'optimisation, même si la plateforme n'est qu'en 400V. Skoda annonce un passage de 10 à 80 % en seulement 27 à 28 minutes, selon les versions, ce qui est nettement moins bien que chez Kia/Hyundai mais un peu mieux qu'un Tesla Model Y par exemple.
Le constructeur confirme également la présence du Plug & Charge, permettant d'authentifier automatiquement le véhicule sur les bornes compatibles sans badge ni application.
La fonction V2L (Vehicle-to-Load) est aussi au programme afin d'utiliser la batterie du véhicule pour alimenter des appareils externes.
Jusqu'à 300 ch et conduite à une pédale
Sous le capot, plusieurs motorisations seront proposées :
Les performances annoncées sont tout à fait honorables pour un véhicule de ce gabarit :
• 0 à 100 km/h en 8,6 s pour la version 204 ch, • 7,1 s pour la 286 ch, • 6,7 s pour la transmission intégrale.
La vitesse maximale est limitée à 180 km/h.
Bonne nouvelle pour les amateurs de conduite électrique : le Peaq disposera également d'un véritable mode One Pedal, permettant de conduire presque exclusivement avec la pédale d'accélérateur.
Un intérieur très technologique
À bord, Skoda met clairement l'accent sur le confort et les équipements.
Le poste de conduite s'articule autour d'un grand écran vertical de 13,6 pouces fonctionnant sous Android Automotive (sans les services de Google). Il est complété par un affichage tête haute (HUD) et un combiné numérique.
Les occupants avant profiteront de sièges avec fonction massage, repose-jambes intégrés et recharge sans fil jusqu'à 25 W pour les smartphones.
Le constructeur annonce également le plus grand toit panoramique de son histoire, avec une surface de 2,1 m². Celui-ci est électrochromatique, permettant d'ajuster son opacité sans rideau physique.
Pour les longs trajets, Skoda a prévu un système audio Sonos de 755 W à 16 haut-parleurs, une tablette rétractable intégrée à la célèbre Jumbo Box, ainsi qu'un mode camping spécialement conçu pour les nuits passées à bord.
Parmi les technologies embarquées, on retrouve également :
• la clé numérique compatible CarKey (enfin !) • le système de conduite autonome Travel Assist 3 • une vue 360° avec fonction châssis transparent, permettant de visualiser virtuellement ce qui se trouve sous le véhicule lors des manœuvres.
Un rival sérieux pour le Kia EV9
Avec le Peaq, Skoda entre de plain-pied dans le segment des grands SUV électriques familiaux. Le constructeur mise sur une recette éprouvée : beaucoup d'espace, une autonomie généreuse, une technologie moderne et un positionnement tarifaire traditionnellement plus accessible que celui de certaines marques premium.
Le tarif de départ évoqué en Suisse s'établit autour de 60 350 CHF et 57 490 € avec la grosse batterie, ce qui pourrait en faire une alternative particulièrement attractive face aux Kia EV9, Hyundai Ioniq 9 ou futurs grands SUV électriques du groupe Volkswagen... et même draguer la clientèle du Kodiaq et autres grands SUV thermiques.
Mais attention aux options, toujours nombreuses même chez Skoda, qui ont vite fait de faire gonfler la facture ! La pompe à chaleur ou la conduite semi-autonome, pour ne citer qu'eux, ne sont pas inclus de série ! Si l'on peut déduire quelques aides en France, il faudra plutôt compter sur les rabais flotte en Suisse pour faire baisser le tarif, qui vient gentiment taquiner les 70 000€/CHF une fois que l'on a tout rajouté (attelage, conduite semi-autonome...)
Reste désormais à connaître la date exacte de commercialisation. Une chose est sûre : le remplaçant électrique du Kodiaq est enfin là, et Skoda semble avoir de solides arguments pour séduire les familles qui souhaitent passer à l'électrique sans renoncer aux sept places.