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Quel bilan pour les téléconsultations médicales en France ?

Par Laurence - Publié le

Cinq ans après sa généralisation lors de la pandémie de Covid-19, la téléconsultation semble avoir trouvé sa place dans le paysage médical français… mais marque une légère pause. D’après une étude dévoilée ce 17 juin par Doctolib, en amont des assises nationales sur la téléconsultation, l'heure est au bilan pour l’utilisation de la consultation médicale à distance.

Téléconsultation médicale Doctolib France


Une baisse modérée, mais généralisée



Basée sur 100 millions de consultations réalisées en 2024, dont 5 millions de téléconsultations, cette étude menée auprès de 34 000 professionnels de santé libéraux révèle une baisse modérée mais constante de la pratique. En moyenne, la téléconsultation représente aujourd’hui 4,8 % des consultations, contre 5,5 % en 2022 -soit une très légère diminution de 0.7 %.

Même si la pratique ne s’effondre pas, elle tend à se stabiliser -voire à se tasser- dans toutes les spécialités étudiées : médecine générale, pédiatrie, dermatologie, gynécologie et psychiatrie.

Quel bilan pour les téléconsultations médicales en France ?


Un outil de suivi et de réactivité



Sans surprise, la psychiatrie reste la spécialité qui recourt le plus à la téléconsultation, avec 20,3 % des actes réalisés à distance. Viennent ensuite la médecine générale (8,1 %) et la pédiatrie (5,1 %), loin devant la gynécologie (4,8 %) et la dermatologie (4,4 %). Ce contraste s’explique en partie par la nature même des consultations : les spécialités où l’examen clinique est moins central se prêtent davantage au distanciel.

Si la téléconsultation ne remplace pas la relation de proximité avec un praticien (quand il y en a...), elle s’impose comme un outil de suivi complémentaire. L’étude montre que 82 % des téléconsultations sont réalisées avec un médecin déjà connu du patient, une tendance stable depuis 2022. Elle répond aussi à une exigence de réactivité : en médecine générale ou en pédiatrie, plus de 60 % des rendez-vous sont fixés dans les 48 heures.

Cabine de téléconsultation dans certaines pharmacies
Cabine de téléconsultation dans certaines pharmacies


Un public plutôt jeune et citadin



Le profil type de l’usager ? Une personne résidant dans une ville, âgée de 25 à 34 ans, tranche d’âge qui représente 27 % des téléconsultations. Les plus de 65 ans ne comptent que pour 5 %, révélant une fracture générationnelle -et potentiellement numérique- dans l’adoption du service.

Cette asymétrie géographique et sociale interroge : alors que la téléconsultation pourrait offrir une solution partielle aux déserts médicaux, elle reste principalement utilisée par des patients déjà bien connectés et proches de l’offre de soins traditionnelle.

Pour Jean-Urbain Hubau, directeur général France de Doctolib, la téléconsultation n’est pas un épiphénomène, mais une brique complémentaire du système de soins. Il voit en elle une clef possible pour répondre à la crise d’accès aux soins, notamment dans les zones sous-dotées qui ont malheureusement tendance à se développer ou les spécialités les plus demandées.