Tests

Divers

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !

Par June Cantillon - Publié le

DJI ne laisse jamais sa gamme Pocket respirer bien longtemps. À peine avait-on rangé la Pocket 3 que la Pocket 4 débarquait, et voilà maintenant sa variante P, comprenez Pro. Sur le papier, la promesse est simple : garder tout ce qui a fait le succès de la formule (un mini-gimbal à trois axes greffé sur un boîtier tenant dans une poche de jean) tout en ajoutant ce qui manquait cruellement aux modèles précédents, à savoir un vrai zoom optique. J'ai passé plusieurs semaines avec cette Osmo Pocket 4P, en la trimballant partout, de mon bureau aux terrasses ensoleillées de cet été, et voici ce qu'il faut en retenir.

DJI Osmo Pocket 4P test




Les Osmo Pocket ont toujours occupé une place un peu particulière. Trop sophistiquées pour être de simples caméras d’action, beaucoup moins encombrantes qu’un hybride accompagné de son stabilisateur, elles permettent surtout de sortir une image très propre sans transformer chaque sortie en challenge de logistique. Avec la Pocket 4P, DJI conserve cette excellente recette, mais ajoute enfin ce qui manquait au modèle de base pour aller plus loin : une seconde caméra dotée d’une focale équivalente à 60 mm.

Sur le papier, cette évolution pourrait sembler assez sage. Dans la pratique, elle transforme davantage l’expérience qu’une simple hausse de définition. Le grand-angle de 20 mm reste parfait pour filmer un paysage, une pièce, une rue ou se cadrer à bout de bras. Le 60 mm permet, lui, d’isoler un visage et de profiter d'une focale plus adaptée pour les portraits, de saisir un détail architectural ou de multiplier les plans à différentes focales afin de disposer de davantage de matière au moment du montage. C’est précisément cette polyvalence qui donne tout son sens à la Pocket 4P.

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


Un format toujours aussi séduisant



DJI ne bouleverse pas une formule qui fonctionne. La Pocket 4P reste une petite caméra montée sur une nacelle mécanique trois axes, avec un écran tactile, un joystick et des commandes accessibles d’une seule main. La finition est sérieuse, les ajustements sont propres et l’ensemble inspire confiance. Avec 230 grammes sur la balance, elle se glisse encore facilement dans un sac ou une grande poche, même si elle est évidemment plus imposante qu’un smartphone seul, ou que l'Osmo 4 dotée d'un seul objectif (environ 190g).

Avec l'Osmo Pocket 4 dans votre arsenal, pas besoin d’installer votre iPhone sur un stabilisateur, de l’équilibrer, puis de monopoliser le téléphone pendant toute la prise de vues. On allume la caméra et l’on peut filmer presque immédiatement.

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


Le petit écran suffit pour modifier les réglages et vérifier le cadrage. Pour aller plus loin, l’application DJI Mimo demeure très complète. Les habitués de la marque ou d’une précédente Osmo Pocket seront immédiatement en terrain connu. On y retrouve le contrôle à distance, le retour vidéo, les réglages avancés, le transfert et les outils d’édition.

Deux optiques qui changent vraiment la donne



La caméra principale repose sur un capteur d'un pouce associé à une optique équivalente à 20 mm ouvrant à f/2. Le second module adopte un équivalent 60 mm ouvrant à f/1,8. Attention tout de même aux mots : il ne s’agit pas d’un zoom optique continu allant de 20 à 60 mm, mais de deux focales natives. La Pocket 4P peut ensuite pousser jusqu’à 12x avec un agrandissement numérique, dont la qualité baisse logiquement à mesure que l’on s’éloigne du 3x optique.

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


Ce 60 mm est la vraie bonne surprise. Les visages sont moins déformés qu’au grand-angle, l’arrière-plan paraît plus proche et le flou naturel apporte immédiatement davantage de relief. Pour filmer une personne qui marche, un animal, un détail au loin ou une petite scène de rue, le résultat est bien plus élégant. Le suivi du sujet fonctionne également avec cette focale, ce qui permet d’obtenir des mouvements propres sans devoir corriger sans cesse le cadrage au joystick.

Une photo en Mode SuperPhoto Zoom x9
Une photo en Mode SuperPhoto Zoom x9


Notons qu'il sera possible d'activer le passage au téléobjectif via les boutons, ou de contrôler le zoom continu jusqu'à x12 via le joystick. Si vous désirez utiliser le zoom en mode SuperPhoto, ce dernier sera alors limité à x9. Il est intéressant de noter que si la qualité se dégrade avec le zoom au maximum, les clichés restent tout à fait exploitables.

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


La nacelle mécanique reste un avantage face à un smartphone, y compris face aux progrès de ces derniers sur ce plan ces dernières années. Les pas sont absorbés avec naturel, les panoramiques sont fluides et l’image évite l’aspect parfois artificiel d’une stabilisation entièrement numérique. Il faut apprendre à anticiper ses mouvements, mais la Pocket 4P pardonne beaucoup et un débutant obtiendra rapidement un résultat convaincant.

Une excellente qualité d’image



Autant l'annoncer de suite : la qualité d’image est excellente. Le capteur principal encaisse bien les écarts de lumière, conserve de la matière dans les zones sombres et évite de brûler trop vite un ciel lumineux. DJI annonce une dynamique de 17-Stop grâce à sa nouvelle technologie de capteur. Comme toujours avec ce type de chiffre, mieux vaut juger les images que la fiche technique. Sur le terrain, la progression se remarque surtout dans les scènes contrastées, avec des fichiers qui acceptent mieux les corrections.

Cliché pris avec l'Osmo Pocket 4P en mode SuperPhoto
Cliché pris avec l'Osmo Pocket 4P en mode SuperPhoto


17-Stop : Kezako ?

Les stops de dynamique mesurent la capacité d’une caméra à enregistrer simultanément les parties les plus sombres et les plus lumineuses d’une scène. Chaque stop supplémentaire correspond à deux fois plus de lumière captée. Plus cette valeur est élevée, plus la caméra pourra conserver des détails dans les ombres sans brûler le ciel ou les zones très éclairées. Une bonne dynamique est donc particulièrement utile pour filmer une scène comportant de forts écarts de luminosité.


Le mode D-Log 2 en 10 bits intéressera ceux qui souhaitent adapter le rendu de leurs vidéos en post-production (à l'heure d'écrire ces lignes, il n'est pas disponible sur le téléobjectif, qui se contentera du profil D-Log habituel). Son image volontairement plate laisse plus de liberté pour modeler le rendu, récupérer les hautes lumières, ajuster les ombres et harmoniser plusieurs caméras. Pour publier rapidement, le mode HDR (apparu via une mise à jour récente) et les profils prêts à l’emploi donnent déjà de très bons résultats.

Capture d'écran d'une vidéo 4K sur l'Osmo Pocket 4P
Capture d'écran d'une vidéo 4K sur l'Osmo Pocket 4P


La Pocket 4P peut monter jusqu’en 4K à 240 images par seconde sur le grand-angle et 200 images par seconde au téléobjectif. Ces modes sont impressionnants pour un appareil aussi compact et ouvrent la porte à des ralentis intéressants. Ils réclament cependant beaucoup d’espace de stockage et d’énergie, et ne son t pas compatibles avec le profil D-Log. Si la possibilité de profiter de ralentis est bonne à prendre, pour la majorité des usages, la 4K à une cadence plus raisonnable offrira le meilleur équilibre entre qualité et autonomie. Il sera également envisageable de filmer au format vertical pour les réseaux sociaux, et de prendre des clichés avec une vitesse d'obturation lente afin de laisser parler sa créativité avec des éléments lumineux ou en mouvement.

En basse lumière, le grand capteur et les optiques lumineuses conservent une image exploitable. Il ne faut toutefois pas attendre de miracle dans une rue presque noire : la réduction de bruit finit par lisser les détails. La petite lampe magnétique proposée par DJI (en option, ou dans un des packs proposés) peut alors être utile pour un visage proche (elle fait des miracles dans une chambre d'hôtel, ou dans une voiture, ce qui pourra sauver la mise si vous n'avez pas d'autres solutions).

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


Des modes et des accessoires



Bien évidemment, la nouvelle venue dans la gamme Osmo embarque l'ensemble des fonctions et modes habituels, dont les panoramas, le suivi ActiveTrack performant, des filtres de rendu et autres joyeusetés inhérentes aux produits DJI. Si vous êtes un habitué de la marque, vous serez immédiatement en terrain connu.

La petite télécommande DJI dotée d'un écran
La petite télécommande DJI dotée d'un écran


Ecosystème DJI oblige, il sera possible d'opter pour différents packs à l'achat, et de faire votre shopping dans la liste des accessoires officiels (mini trépied, batterie, mini écran faisant office de télécommande) ou via les constructeurs tiers. A noter que DJI ne propose pas cette fois d'étui rigide pour la Pocket 4P, mais vous pourrez compter sur les accessoiristes afin d'assurer au mieux la protection de votre caméra pendant le transport.

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


Le protège optique est magnétique (avec des clips en sus), et donc remplaçable en cas de casse ou de rayures. Cela permettra également de mettre en place des filtres, comme ceux de DJI (Black List, Grand Angle), ou encore des accessoiristes tiers (Smallrig, K&F et Neewer en proposent déjà, que ce soit CPL, Black Mist, ou encore ND).

Le contenu du pack Vlog Combo
Le contenu du pack Vlog Combo


Photo, stockage et autonomie



La Pocket 4P n’est pas uniquement douée en vidéo. Ses clichés de 37 mégapixels en mode SuperPhoto sont détaillés et le 60 mm se montre particulièrement plaisant pour le portrait. Elle ne remplacera pas systématiquement un bon appareil photo, mais elle épaulera sans problème un smartphone. Elle peut même devenir la caméra principale de ceux qui préfèrent réserver leur iPhone aux communications, à la navigation et au partage.

103 Go de stockage interne, très pratique, avec la possibilité d'ajouter une microSD, comme cette Lexar Gold, un des fabricants recommandés par DJI
103 Go de stockage interne, très pratique, avec la possibilité d'ajouter une microSD, comme cette Lexar Gold, un des fabricants recommandés par DJI


C’est aussi une solution intéressante pour ne pas remplir trop rapidement le stockage de son téléphone. La caméra dispose de 103 Go en interne, en plus de la possibilité d’utiliser une carte microSD. Les transferts de fichiers peuvent atteindre 90 Mo/s en Wi‑Fi 6 et jusqu’à 800 Mo/s en filaire (USB-C à 10Gb/s) . Pour qui filme beaucoup, un flux de travail séparé et le transfert vers un Mac/PC/stockage externe est bien plus confortable que de jongler en permanence avec l’espace libre de l’iPhone et la photothèque iCloud.

Le port USB-C pour le transfert et la recharge
Le port USB-C pour le transfert et la recharge


Niveau autonomie, la batterie de 1 545 mAh tient correctement le chocs. Lors de mon utilisation, avec des réglages élevés et en plein soleil cet été, la caméra a chauffé assez vite, mais sans afficher d’alerte de surchauffe (le constructeur nous a habitués à sortir de nombreuses mises à jour, qui ont permis d'améliorer ce point sur certains produits, comme la DJI Nano), le tout en tenant tout de même plus de 2 heures. Si ce genre de caméra n'est que rarement utilisée pour filmer de longues séquences sans interruption, on viendra tout de même à bout de l’autonomie assez rapidement en haute qualité, en multipliant les ralentis, le suivi et les transferts. Une batterie externe reste donc une bonne idée pour les longues sorties, d’autant que l’USB-C rend la recharge assez simple. Comptez environ une demi-heure pour faire le plein avec une alimentation adéquate.

DJI n’est désormais plus seul



Il est impossible d’évoquer cette Pocket 4P sans parler de l’Insta360 Luna Ultra (pack Standard à 729€). Cette nouvelle concurrente reprend le principe de la caméra stabilisée à double objectif et ajoute une excellente idée : son écran se détache pour devenir une télécommande avec retour vidéo et microphone déporté. Pour un créateur qui se filme seul, la fonction est vraiment pratique et évite parfois de sortir son smartphone afin de contrôler la caméra via l'App.

DJI répond avec une petite télécommande dédiée (en option ou dans les packs), le contrôle depuis l’application et une gamme de microphones sans fil déjà éprouvée. La solution est moins spectaculaire, mais elle présente aussi un avantage : chaque élément peut être choisi ou remplacé séparément. Surtout, l’écosystème DJI est désormais très riche. Ceux qui possèdent déjà un micro de la marque, une autre caméra Osmo ou un drone retrouveront des habitudes et des accessoires cohérents.




Faut-il craquer pour l'Osmo Pocket 4P ?



La DJI Osmo Pocket 4P est une excellente caméra pour ceux qui trouvent le modèle de base un peu limité et veulent davantage de contrôle, une meilleure latitude en postproduction et surtout un véritable téléobjectif. Le 60 mm n’est pas un gadget : il complète intelligemment le grand-angle et permet de raconter autrement une scène, avec des portraits plus flatteurs et des cadrages beaucoup plus variés.

Le produit est bien fini, l’application est complète, la stabilisation reste remarquable et la qualité d’image fait un net bond en avant. Avec la Luna Ultra qui vient désormais bousculer DJI avec des idées particulièrement malignes, le choix devient moins évident. La concurrence sera toujours bénéfique pour le consommateur, et la Pocket 4P conserve pour elle sa compacité, sa maturité et un écosystème très solide.

Test de la DJI Osmo Pocket 4P : la caméra de poche passe au double objectif !


Elle accompagnera parfaitement les voyageurs, les familles et les créateurs qui veulent produire de belles images sans transporter un hybride et une nacelle. Elle est également très pertinente aux côtés d’un iPhone plus limité en photo et vidéo, comme un modèle de base ou l’iPhone Air. C’est précisément mon cas. Oui, j'adore mon Air, cela fait même une éternité que je n'avais pas autant apprécié un iPhone, mais il lui faut des béquilles sur certains aspects, comme la photo et la vidéo. Plutôt que de remplacer le smartphone, elle le complète intelligemment, tout en libérant son stockage.

L'Osmo Pocket 4P n'est clairement pas destinée à tout le monde. Pour un usage occasionnel, la Pocket 4 classique reste probablement plus indiquée, avec un objectif unique largement suffisant pour la majorité des usages. Mais pour ceux qui veulent aller plus loin, disposer d'un vrai contrôle créatif et surtout d'un zoom optique digne de ce nom, cette variante P est une alternative évidente au sein du catalogue. La qualité d'image est excellente, le produit est bien fini, et l'ensemble s'intègre parfaitement dans l'écosystème DJI.



La DJI Osmo Pocket 4P s'adresse à ceux qui veulent aller plus loin que la Pocket 4 classique, avec un vrai contrôle créatif et un zoom optique digne de ce nom. La qualité d'image est excellente, la finition est soignée, et l'appareil s'intègre parfaitement dans l'écosystème DJI. L'arrivée de la Insta360 Luna Ultra apporte enfin une concurrence sérieuse sur ce segment, avec de bonnes idées comme l'écran détachable, mais DJI répond avec un écosystème d'accessoires et une app déjà bien rodée.