Quel drone DJI choisir pour débuter ? La question mérite d'être posée tant la gamme est chargée, et pas toujours bien lisible, il faut l’avouer.
Cela fait plusieurs mois que je teste les Neo 2, Lito 1, Lito X1 et même l'Avata 360, des drones parfois radicalement différents, mais qui ont le point commun d'être faciles à prendre en main. Lequel est fait pour vous ? Réponse dans ce petit comparatif !
DJI Neo 2 : le drone à tout faire
S’il est rare que je commence un article par la conclusion, le Neo 2 s’avère sans doute le meilleur drone de DJI depuis ses débuts !
Vendu 239€, l’appareil est particulièrement abordable et surtout, pensé pour les débutants à tous les niveaux. Déjà, avec moins de 250g, il ne nécessite aucun enregistrement particulier dans la plupart des pays, mais ce n’est pas son atout principal.
Sa conception est réellement pensée pour ceux qui n’ont jamais touché un drone de leur vie : les hélices sont entourées de protections, avec un énorme carénage, qui permet d’éviter la casse en cas de chute. Car même s’il offre un petit LIDAR à l’avant, le reste des mouvements utilise principalement des caméras pour éviter les obstacles, ce qui n’est pas infaillible, loin de là.
Troisième atout, il peut s’utiliser… sans aucun matériel supplémentaire, y compris sans télécommande ! En effet, avec son écran intégré, vous avez accès aux réglages basiques de tracking et vous pouvez ensuite faire décoller le drone automatiquement. Le pilotage manuel peut se faire à la main, avec de simples gestes. Enfin, l’application mobile offre des options supplémentaires, comme le type de sport pratiqué ou l’orientation du suivi. Si vous avez une Apple Watch, vous pouvez même avoir le retour vidéo sur la montre !
J’ai beaucoup testé le Neo 2 au ski l’hiver dernier avec les enfants. Il m’a permis de les filmer dans des couloirs et des pentes où il est souvent compliqué de sortir son iPhone ou sa caméra. Le suivi et le système d’évitement est très efficace, que ce soit au milieu des sapins ou dans un jardin bien encombré ! Enfin, s’il gère bien les aléas du vent, il peut aussi se faire surprendre par de grosses bourrasques à cause de son poids-plume.
L’avantage du Neo 2 est aussi sa compatibilité avec tout l’écosystème DJI : vous pouvez par exemple lui greffer une vraie télécommande avec un écran, ce qui facilite les prises de vue des paysages par exemple. Finalement, il peut très bien s’utiliser comme un drone plus classique, mais ce n’est pas tout…
Croyez-le ou pas, ce drone peut aussi être connecté à un casque FPV comme le DJI Goggle N3 ! C’est là que les choses sérieuses commencent ! Si vous n’avez jamais fait de FPV, l’expérience mérite le détour. L’immersion est totale, vous avez littéralement l’impression de piloter l’aéronef depuis son cockpit ! Le plus fou est de voir la facilité avec laquelle les enfants parviennent à se débrouiller avec le système, même si un mode débutant permet de limiter la vitesse au début. De notre coté, nous l’avons utilisé pour filmer des voitures sur un circuit de glace, grâce à son excellente réactivité. Par contre, attention, il ne peut pas traquer les véhicules, une bizarrerie sans doute due à une segmentation des modèles.
Avec autant d’atouts, on pourrait se dire que le Neo 2 éclipse totalement le reste de la gamme, n’est-ce pas ? Pourtant, les fameux Lito, présentés il y a quelques mois seulement, offrent quelques avantages à prendre en considération.
Lito 1 et Lito X1 : meilleures pour les prises de vues classiques
Histoire de compliquer un peu l’offre des « Mini » drones, DJI a récemment lancé les Lito 1 et X1, qui vont en réalité remplacer les DJI Mini 3, 4K et 2 SE. Je reste un peu perplexe sur la nomenclature, qui ne fait que supprimer de la lisibilité dans la gamme pour les non-initiés.
Avec leur apparence plus classique, sans carénage, les Lito 1 et X1 offrent logiquement une vitesse bien plus élevée, 18m/s contre 12 pour le Neo 2 et 7m/s contre 5 pour la vitesse ascensionnelle.
Les capteurs sont aussi un peu différents. Même s’ils semblent être assez proches entre le Neo 2 et le Lito 1 (1/2 pouce), les Lito montent un peu mieux en ISO, ce qui offre des images plus nettes en soirée. D’ailleurs, même en journée, avec peu de soleil, ça bruite bien plus vite sur le Neo 2 que sur le Lito 1.
En vidéo, vous filmez jusqu'à 100FPS en 4K contre 60FPS sur le Neo 2, ce qui peut être intéressant pour les ralentis (comme ceux qu’utilise Apple dans ses économiseurs d’écran). Mais surtout, le débit est doublé sur le LITO, 130Mbs contre 80 sur le Neo 2, ce qui signifie que la gamme LITO enregistre environ deux fois plus de données d’images que le Neo 2 : le gap est tout simplement énorme !
Mais attention, le Lito X1 améliore encore les choses, avec son capteur de 1/1,3 qui ouvre à ƒ1.7 (vs 1.8 sur le Lito 1). Là encore, cela permet d’avoir une image bien plus nette, surtout en soirée. Et si vous utilisez le drone pour des usages un peu techniques (comme des observations de vos toitures), la mise au point peut se faire jusqu’à 1m (contre 4m sur le Lito 1).
Si vous habitez à la montagne, les LITO décollent de 4500M, contre 2000 pour le Neo 2, ce qui est loin d’être négligeable dans les lieux bien perchés, comme dans les grisons ou les grandes stations des alpes type Chamonix, dont la vallée se situe déjà à 1000m d’altitude. En Suisse, certaines communes comme St Moritz, sont même déjà à 1800m !
Pour les prises de vues plus longues, la gamme Lito offre aussi une bien meilleure autonomie, 34 à 36mn (contre 18-19mn pour le Neo 2), d’autant qu’on peut envoyer les drones bien plus loin (21 km vs 7km) même si ces valeurs dépendent beaucoup des réglementations locales, de l’environnement, etc. Moi qui adore aller voir les glaciers depuis la vallée de Chamonix, seuls les LITO peuvent réellement offrir assez de souplesse pour réaliser mes prises de vue tout en restant à bonne distance.
Côté stockage, le Lito X1 embarque jusqu'à 42Go de mémoire interne, c’est d'ailleurs la grosse différence avec le Lito 1, dont la carte SD devient obligatoire -ce n’est pas un détail à l’heure où le prix de la mémoire explose littéralement. Sur ce sujet précis, et à ma grande surprise, le Neo 2 embarque par défaut 49Go de stockage interne -quand je vous dis qu'il est génial !
Quant au Lito X1, il offre face au Lito 1 :
- un meilleur capteur (notamment en basse lumière) - Du D-Log (pour retoucher les images en post-prod) - un LIDAR à l'avant (meilleur sur le tracking) - du stockage interne
Avec seulement 80€ de différence, je vous conseille largement le Lito X1 pour de la prise de vue plus classique, même si l’appareil coûte presque le double d’un Neo 2.
Du coup, Neo 2 ou Lito 1/X1 ?
A l’arrivée, le Neo 2 s’avère bien plus amusant, polyvalent et pratique pour les débutants. Il est aussi moins cher, surtout qu’il peut s’utiliser sans accessoires ni télécommande. A l’inverse, il est possible de le faire évoluer et d’acheter ensuite la RC ou le casque FPV dans un second temps, quitte à réutiliser ces produits avec des drones plus évolués, comme le Mini 5 Pro.
A l’inverse, la gamme Lito s’avère bien plus performante pour de la prise de vue plus classique. Plus rapides et offrant une meilleure autonomie, ils fournissent aussi une image bien plus qualitative, surtout lorsque le soleil joue à cache-cache, ou en soirée par exemple. Leur prise en main demande toutefois un peu plus de préparation que le Neo 2, mais rien d’insurmontable pour les débutants.
Finalement, le choix dépendra surtout de l’usage, car ces 3 produits ont chacun de nombreuses qualités en fonction du contexte d’utilisation. Mon petit chouchou reste le Neo 2, notamment car son prix permet de l’envoyer sans crainte faire ses images, et qu’il est bien plus adapté à l’usage moderne des drones (réseaux sociaux, tracking rapide…). Mais attention à ses limitations !
One More thing : l’Avata 360 !
A première vue, l’avatar 360 semble surtout se destiner aux professionnels de l’image : ce gros drone FPV permet en effet de filmer à 360° et le casque est quasi-obligatoire pour en sublimer l’usage -sans parler du montage, qui demande encore quelques skills supplémentaires.
En réalité, DJI a totalement revu le positionnement de l’appareil, qui s’adresse en fait plutôt aux débutants de la prise de vue à la première personne (FPV). Il est notamment très facile à prendre en main, que ce soit avec une télécommande classique ou le fameux casque DJI. A la manière du Neo 2, il offre différentes vitesses de déplacements et le système de pilotage ne demande en réalité que quelques minutes d’apprentissage.
Le fait de filmer à 360° est également idéal pour les débutants : plutôt que de se focaliser sur la position de la nacelle pendant le vol, la prise de vue finale ne se fait que dans un second temps. Tout l’environnement est enregistré et libre à vous de choisir vos plans au moment du montage.
Par ailleurs, l’Avata 360 ressemble beaucoup au Neo 2 avec ses gros carénages autour des hélices. Ce genre de protections est en fait assez rare sur les drones à vocation FPV, qui privilégient la maniabilité, la vitesse et la réactivité. Malgré cela, l’Avata 360 peut atteindre les 18m/s en mode sport, ce qui est parfait pour suivre un véhicule, un skieur ou un vélo.
Enfin, son capteur de presque 1“ (1/1,1“) offre une qualité d’image bien supérieure au Neo 2 et autres Lito. Vous pouvez grimper jusqu’en 8K60 et même générer des scènes 3D lisibles depuis un casque VR. Le drone accepte à la fois l’enregistrement interne (42Go) et les cartes SD rapides -d’ailleurs je vous conseille les microSD de Lexar, l’un des leaders mondiaux en termes de vitesse d’écriture et partenaire de longue date de DJI.
Quelques petits bémols toutefois viennent modérer mon enthousiasme. Déjà, j’ai trouvé que le drone manquait un peu de réactivité, ce qui peut générer quelques moments de stress si vous aimez filmer en rase-motte ou faire des demi-tours rapidement. Si vous visez le freestyle, je vous conseille de l’essayer avant de l’acheter, car l’avatar 360 n’est clairement pas aussi maniable que ses concurrents -même le Neo 2 paraissait plus vif à l’exécution.
En outre, l’avata 360 est lourd (455g), ce qui impose une formation en ligne et de la paperasse (du moins en Europe) avant de le faire voler, sauf à se limiter à des terrains privés. On félicitera d’ailleurs nos institutions, qui ont rendu l’usage du drone presque aussi compliqué que de se garer avec un camping-car, à la différence près que l’usage de ces aéronefs n’a pas réellement explosé ces dernières années.
Le plus gênant avec l’Avata 360 concerne aussi le montage. En effet, vous êtes obligés d’utiliser DJI Studio pour monter ou pré-monter vos vidéos, car le logiciel offre une grande palette de réglages pour générer une vidéo classique depuis la vue à 360°. C’est plutôt bien fait, notamment pour le tracking ainsi que les nombreuses effets de transition et de format. C’est bien plus complet que Final Cut Pro par exemple, mais cela oblige à apprendre un nouveau programme, ce qui n’est pas toujours évident pour ceux qui n’ont pas d’expérience en la matière.
A l’arrivée, l’Avata 360 reste un excellent drone pour les amateurs qui n’ont pas peur de se former petit à petit, tout en visant un modèle ultra-polyvalent sans en sacrifier la qualité. De notre côté, on l’a par exemple souvent utilisé pour de la prise de vue de véhicules dans des terrains compliqués, le drone offrant à la fois une excellente qualité d’image quelle que soit la situation. L’usage est donc un peu plus prosumer que réellement débutant.
Quant au prix, il démarre à 450€ (nu) mais à ce tarif, vous n’aurez pas grand chose. Il faut plutôt compter 900€ (avec le casque et les batteries) pour réellement profiter de toutes les fonctionnalité de l’engin. Rajoutez le prix des formations pour les drones de plus de 250g et voilà qui pourrait dissuader bon nombre de clients potentiels.