Actualité

Divers

Face aux images générées par IA, Lexar et Leica célèbrent la photographie traditionnelle

Par Laurence - Publié le

Lexar et Leica s’associent autour d’un projet assez éloigné des habituelles annonces de nouveaux appareils photo ou supports de stockage. L’exposition Threads of Time: A Journey Through Silk and Lens, qui ouvre le 11 septembre à Amsterdam, utilise la photographie pour documenter le kesi de Suzhou, un savoir-faire chinois particulièrement minutieux autour du tissage de la soie.

Leica Lexar


QUAND LA PHOTO RENCONTRE UN SAVOIR-FAIRE ANCESTRAL



Présentée à la Leica Gallery Amsterdam, l’exposition suit le travail de Jing Huang, photographe récompensé par Leica, parti documenter le quotidien de Hao Naiqiang, également connu sous le nom de Jingwei, un jeune artiste spécialisé dans le kesi de Suzhou.

Cette technique traditionnelle chinoise se distingue notamment par un travail entièrement manuel. Contrairement à un textile imprimé ou brodé, les motifs sont construits progressivement, fil après fil, en jouant sur les couleurs et les textures. Un processus particulièrement lent qui demande précision et patience.

Jing Huang ne s’est toutefois pas contenté de photographier les œuvres terminées. Son travail s’attarde sur les mains, les outils, les fils ou encore les gestes de l’artisan afin de montrer tout ce qui disparaît habituellement derrière le résultat final.

Face aux images générées par IA, Lexar et Leica célèbrent la photographie traditionnelle


DES PHOTOS QUE L’IA NE PEUT PAS RECRÉER ?



Le projet prend évidemment une dimension particulière en 2026, alors que les images générées par intelligence artificielle sont devenues omniprésentes. Lexar et Leica opposent ici cette génération instantanée à une photographie témoignant d’une personne, d’un lieu et d’un moment qui ont réellement existé.

Jing Huang revendique d’ailleurs une approche davantage artistique que purement documentaire. Son style s’inspire notamment de la peinture chinoise à l’encre, avec une attention portée à l’équilibre, aux textures et aux espaces laissés vides. L’idée n’est donc pas uniquement de conserver une représentation du kesi, mais également la mémoire de sa fabrication et des personnes qui perpétuent cette technique.



LE STOCKAGE COMME DERNIER MAILLON



La présence de Leica dans un tel projet semble assez naturelle. Celle de Lexar peut paraître moins évidente, mais le fabricant de cartes mémoire et de supports de stockage y voit justement une manière de rappeler une étape souvent oubliée de la photographie numérique.

Face aux images générées par IA, Lexar et Leica célèbrent la photographie traditionnelle


Avant d’être imprimée ou exposée, une photographie est d’abord un fichier numérique qu’il faut conserver. Lexar présente ainsi le stockage comme le dernier maillon d’une chaîne allant de la capture d’un instant à son archivage. Une façon aussi de rappeler qu’un fichier original perdu ne peut pas toujours être remplacé, qu’il s’agisse du travail d’un photographe professionnel ou simplement de photos personnelles.



QU’EN PENSER ?



L’exposition sert évidemment le discours des deux marques, chacune mettant en avant son rôle dans la création et la conservation des images. Mais le parallèle entre artisanat, photographie et stockage fonctionne plutôt bien.

À l’heure où une image peut être fabriquée en quelques secondes par une IA, Threads of Time pose surtout une question intéressante : la valeur d’une photographie ne réside-t-elle pas aussi dans le fait que l’instant qu’elle capture a réellement eu lieu ? L’exposition ouvrira ses portes le 11 septembre 2026 à la Leica Gallery Amsterdam.