C’est une annonce qui pourrait marquer un changement important dans la stratégie industrielle d’Apple. Selon Donald Trump, Apple et Intel auraient conclu un accord permettant au fondeur américain de produire certaines puces pour Cupertino. Une collaboration qui renforcerait la production de composants aux États-Unis, même si les processeurs les plus avancés devraient encore rester longtemps entre les mains de TSMC.
Apple cherche un plan B
Depuis plus d’une décennie, Apple dépend largement du géant taïwanais TSMC pour la fabrication de ses processeurs maison. Des puces A-series des iPhone aux processeurs Apple Silicon des Mac, la quasi-totalité des composants les plus avancés de la marque sortent aujourd’hui des usines de TSMC.
Mais cette dépendance présente aussi des risques non négligeables, qu’ils soient géopolitiques, industriels ou économiques. L’arrivée d’Intel dans la chaîne d’approvisionnement permettrait à Cupertino de diversifier ses partenaires tout en renforçant sa production sur le territoire américain, un objectif régulièrement mis en avant par l’administration américaine. Et encore plus par Donald Trump qui n'a pas hésité à poster la nouvelle sur son réseau.
Pas d'Intel Inside
Attention toutefois : il ne s’agit pas d’un retour aux processeurs Intel dans les Mac. Les puces concernées resteraient entièrement conçues par Apple. Intel interviendrait uniquement comme fabricant, à l’image du rôle actuellement joué par TSMC.
Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, Intel aurait déjà commencé à produire certaines puces destinées à des appareils Apple plus anciens ou à des composants de générations précédentes. Les processeurs les plus performants, notamment ceux destinés aux futurs iPhone Pro ou aux Mac haut de gamme, devraient encore rester hors de portée du fondeur américain dans un avenir proche.
TSMC garde une longueur d'avance
Malgré les progrès réalisés par Intel ces dernières années, la fabrication des puces les plus avancées reste un défi colossal. TSMC conserve aujourd’hui plusieurs années d’avance sur ses concurrents en matière de finesse de gravure et de capacité de production à grande échelle.
Pour Apple, dont les volumes se comptent en centaines de millions d’appareils par an, il est encore difficile d’imaginer un remplacement rapide du partenaire taïwanais. En revanche, disposer d’un second fournisseur crédible pourrait permettre à Cupertino de renforcer son pouvoir de négociation et de sécuriser davantage sa chaîne logistique.
Au-delà des considérations techniques, ce rapprochement présente également un intérêt politique évident. Depuis plusieurs années, les autorités américaines multiplient les initiatives pour délocaliser la production de semi-conducteurs sur le sol américain. Apple participe déjà à cet effort via plusieurs investissements annoncés ces dernières années. Une collaboration avec Intel permettrait à Cupertino d’afficher encore davantage son engagement dans le développement d’une industrie des semi-conducteurs made in USA.
Qu'en penser ?
Même si cet accord ne bouleversera probablement pas immédiatement les produits Apple que nous utilisons au quotidien, il constitue un signal fort. Apple semble vouloir réduire progressivement sa dépendance à TSMC tout en répondant aux pressions politiques visant à renforcer la production américaine.
La question est désormais de savoir jusqu’où ira ce partenariat. Pour l’instant, Intel semble surtout destiné à produire des puces moins critiques ou de générations précédentes. Mais si le fondeur américain parvient à combler son retard technologique dans les prochaines années, Apple pourrait enfin disposer d’une véritable alternative à TSMC. Une perspective qui aurait semblé impensable il y a encore quelques années.