For Me, c’est le nom du Lotus Eletre passé à la motorisation hybride rechargeable en inaugurant une nouvelle plateforme nommée X Hybrid. En ligne de mire, c’est le Porsche Cayenne, avec un 0-100 km/h en 3,3 s, 1400 km d’autonomie et une charge en 9 minutes.
Qu’elle est loin l’époque de Colin Chapman, le fondateur historique de Lotus et de son « Light is right ». Aujourd'hui, la marque a décidé que le poids, c'était génial... du moment qu'on y colle suffisamment de moteurs pour compenser l'embonpoint.
Lotus vient donc de commercialiser son tout premier SUV hybride rechargeable de 2625 kg, sobrement baptisé Lotus For Me en Chine. Un nom formidable (NON) qui sera changé en Eletre X en Europe, ce qui sera quand même beaucoup moins gênant à assumer pour les quelques acheteurs. Des acheteurs qui, pourtant, semblent au rendez-vous, avec 8 631 véhicules livrés sur les dix premiers mois de 2024.
Une usine à gaz (et à électrons) sous stéroïdes
Donc Lotus (qui appartient désormais à 51 % à Geely et 49 % à Etika Automobile, un groupe malaisien) a augmenté l’autonomie et la puissance. Au poids où on en est... (pardon).
Résultat, Lotus change de braquet et inaugure la Global Super Hybrid Architecture. Et si ça sonne comme une solution classique de prolongateur d’autonomie, le système a poussé tous les curseurs au maximum.
Tout le système repose sur un générateur de 150 kW, qui est à ce jour le plus puissant pour un modèle de série, et qui peut produire jusqu’à 25 kW d’énergie (soit une recharge de 25 kWh par heure, CQFD).
L’action est double : recharger la batterie en roulant et stabiliser les cellules tout en utilisant l’électricité. Une solution qui mérite qu’on s’y penche, car c’est toujours un problème d’utiliser une batterie qui se recharge (c’est d’ailleurs déconseillé pour les objets tech), à moins d’une rotation entre les différents packs de batterie : les packs qui chargent pendant que les autres sont utilisés).
Une solution très intéressante à une échelle plus importante pour le transport routier.
Un modèle orienté performance en ligne droite (l’autre signification de Light is Right ?)
Le système associe un bloc thermique de 2.0 litres turbo à deux moteurs électriques pour sortir une puissance cumulée absurde de 952 chevaux, 700 kW et 935 Nm de couple. Côté chronomètre, l'engin pulvérise le 0 à 100 km/h en 3,3 secondes. Et le détail technique qui fait la différence : même quand votre batterie est à 10 % de charge, la voiture conserve suffisamment de jus en réserve pour taper l'exercice en 3,5 secondes. Autrement dit, ça pousse toujours aussi fort.
Une batterie de VE dans un PHEV ?
Lotus a glissé dans son châssis un pack batterie fourni par CATL de 70 kWh. À titre de comparaison, il s’agit de la capacité totale de la batterie d'une Tesla Model 3 Propulsion grande autonomie !
Mais ici, ça ne sert que de (très gros) tampon hybride : • Mode 100 % électrique : le SUV revendique 350 km d'autonomie (selon la très généreuse norme chinoise CLTC). • Autonomie totale (plein d'essence + batterie chargée) : le chiffre grimpe à 1 416 km. De quoi traverser la France dans la diagonale sans s'arrêter, si votre vessie est d'accord.
Pour la recharge, on est sur le haut du panier, avec une architecture 900 volts. Grâce à la technologie 6C, la batterie du Lotus For Me passe de 30 % à 80 % en seulement 9 minutes.
Le dilemme de la balance : 2,6 tonnes et tout ce que ça implique
Évidemment, toute cette ingénierie se paie sur la balance. Avec un moteur thermique, un réservoir d'essence et une batterie digne d'une berline 100 % électrique, ce Lotus affiche 2625 kg dans 5,10m de long. On est désormais plutôt dans le « fat is right » ou le « light is dead ».
Pas de date pour le moment, ni de prix. Mais il y a fort à parier que nous verrons cette technologie se démocratiser sur le reste du groupe Geely.