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Renault va arrêter de vendre des voitures thermiques en Europe d'ici 2030

Par Vincent Lautier - Publié le

Le constructeur français a présenté son plan « futuREady » pour 2026-2030, et le gros sujet ici, c'est que la marque Renault vise 100 % de ventes électrifiées en Europe d'ici quatre ans, ce qui veut dire la fin des modèles uniquement à essence ou diesel. Le groupe mise aussi sur une nouvelle plateforme qui promet jusqu'à 750 km d'autonomie et une recharge en 10 minutes.

Renault va arrêter de vendre des voitures thermiques en Europe d'ici 2030


La fin du thermique pur, mais pas de l'hybride



Renault va donc arrêter de commercialiser des voitures uniquement à essence ou diesel en Europe d'ici 2030. Le groupe vend encore 40 % de modèles purement thermiques sur le continent. L'objectif initial de 2021, c'était 100 % de ventes tout-électriques. Sauf que les ventes d'électriques ont été plus lentes que prévu, et l'UE a assoupli en décembre son objectif d'électrification pour 2035 en ouvrant la porte aux hybrides. Renault a donc revu sa copie : c'est désormais 100 % de ventes « électrifiées », donc électriques ou hybrides, pour la marque Renault en Europe, et 50 % hors d'Europe. Les modèles hybrides resteront au catalogue après 2030. Et pendant ce temps, Stellantis fait le chemin inverse en relançant des modèles essence et diesel.

Au total, le plan prévoit 36 nouveaux modèles (dont 16 électriques), 22 en Europe et 14 à l'international. Le groupe continue d'ignorer poliment les États-Unis et la Chine pour se concentrer sur l'Amérique du Sud, l'Inde et la Corée du Sud, marchés qui restent plus accessibles pour la marque au losange.

Renault va arrêter de vendre des voitures thermiques en Europe d'ici 2030


750 km d'autonomie et recharge en 10 minutes



Côté technique, Renault dévoile la plateforme RGEV Medium 2.0, qui couvrira les segments B+ à D avec une architecture 800 volts. L'objectif : une recharge en 10 minutes à l'horizon 2030 et jusqu'à 750 km d'autonomie en WLTP pour la version tout électrique. Avec un prolongateur d'autonomie, on grimpe à 1 400 km. Le moteur de troisième génération développe 275 chevaux, n'utilise pas de terres rares et affiche un rendement de 93 % sur autoroute. Renault promet une réduction de 40 % du coût par rapport à la génération actuelle, avec 20 % de composants en moins. La plateforme sera développée en France.

Renault va arrêter de vendre des voitures thermiques en Europe d'ici 2030


Des voitures pilotées par le logiciel



Côté logiciel, Renault accélère aussi avec le passage au « Software Defined Vehicle ». Des voitures dont 90 % des fonctions peuvent être mises à jour à distance, avec un OS embarqué développé avec Google. Le Trafic E-Tech sera le premier véhicule européen de ce type, en production à Sandouville dès septembre. Renault pousse aussi l'IA dans ses usines pour réduire de moitié les interruptions de production et baisser les coûts de 20 %, et l'alliance avec Nissan, Mitsubishi, Volvo Trucks, Ford et Geely doit permettre d'assembler plus de 300 000 véhicules par an pour ces partenaires d'ici 2030. On est donc là sur de belles ambitions.

On en dit quoi ?



C'est très bien, et c'est un signal fort. Alors que Stellantis fait machine arrière sur l'électrique, Renault maintient le cap et assume la fin du thermique pur en Europe. Faire un pas vers les hybrides est aussi une position pragmatique, on ne va pas le reprocher au constructeur vu le contexte, même si on reste de fervents partisans du tout-électrique chez Mac4Ever. Côté plateforme, les specs affichées sont à la hauteur de la concurrence chinoise, et on a très hâte de pouvoir tester ça. Bon maintenant, en particulier sur les tarifs, on attend quand même de voir les confirmations de tout ça, parce qu'entre les chiffres annoncés sur un PowerPoint et ce qu'on trouvera véritablement en concession, il y a moyen que ça évolue un peu d'ici là.