Mercedes vient de présenter la nouvelle Classe C 100 % électrique, attendue dans les concessions dès le premier semestre 2027. Un labo technologique offrant 760 km d'autonomie WLTP, le 0 à 100 en 4,1 secondes et une recharge de 325 km en 10 minutes. La voiture parfaite sur le papier.
La nouvelle Classe C est très importante pour Mercedes. Le segment C est intrinsèquement lié au constructeur de Stuttgart. Il ne faut pas se rater, il faut que ça transpire le premium. Et pour cela, pas question de laisser les constructeurs chinois s'offrir le monopole de la technologie. Entre IA poussée, magasin d'applications, écran gigantesque, échanges conversationnels et toit à la Rolls Royce, Merco a mis les petites leds dans les grandes dalles.
MB.OS : Mercedes a son propre OS, et il gère tout
Le cœur du dispositif, c'est MB.OS, le système d'exploitation maison de Mercedes. Un OS propriétaire qui pilote l'ensemble des domaines du véhicule. Infodivertissement, confort, performances de conduite, recharge, aides à la conduite, tout passe par lui. Il est d’ailleurs connecté en permanence au Mercedes-Benz Intelligent Cloud. Les mises à jour OTA concernent l'intégralité du logiciel embarqué, pas juste la cartographie ou les apps. C'est la même approche que Tesla avec son système maison, mais Mercedes y greffe un écosystème d'IA multi-agents qu'on n'avait encore jamais vu dans une voiture.
MBUX 4ème génération : ChatGPT, Gemini et Bing sont dans une auto...
La quatrième génération de MBUX est le premier système d'infodivertissement automobile à combiner simultanément les IA de ChatGPT-4o (OpenAI), Google Gemini et Microsoft Bing. Pas un choix entre les trois : une approche « multi-agents » où le système sélectionne le modèle le plus pertinent en fonction de la requête. Dommage que Claude IA n’y soit pas. Tant qu’à faire…
En pratique, l'assistant virtuel MBUX (toujours activé par « Hey Mercedes ») peut désormais tenir des conversations complexes, en plusieurs parties, avec une mémoire de contexte à court terme. Il s'affiche en permanence sur le « Zero Layer » sous forme d'avatar animé, et adapte même sa couleur à l'ambiance intérieure choisie. On est loin du « Je n'ai pas compris votre demande, veuillez répéter » qu'on subit encore dans la majorité des véhicules du marché.
À l’instar d’un Grok dans une Tesla, il permettra d’apprendre une langue en conduisant, de préparer un entretien, bref, de meubler le temps de trajet de manière utile, comme inutile d’ailleurs, selon votre demande. Espérons que le mode complotiste sera de la partie pour animer les trajets monotones (NON).
L'Hyperscreen de 99,3 cm : mais c’est énorme !
L'écran optionnel MBUX Hyperscreen mesure 99,3 cm de diagonale (39,1 pouces). Il s'étend sur toute la largeur de la planche de bord, intégrant l’instrumentation conducteur, l’infodivertissement central et l’écran passager dans une seule dalle. Le tout est piloté par un supercalculateur refroidi par eau (rien que ça) et des graphismes temps réel générés par le Unity Game Engine, le même moteur que celui utilisé dans certains jeux vidéo.
Plus de 1 000 LED de rétroéclairage permettent un contrôle matriciel (et donc local) de la luminosité, avec deux zones réglables indépendamment. Le passager avant peut regarder un film en baissant la luminosité de son côté, sans affecter l'affichage du conducteur. Et grâce à la technologie Dual Light Control (DLC), l'écran passager est masqué depuis le poste de conduite pour éviter les distractions, tout en restant pleinement interactif côté passager. Comme XPeng avec son G9 (par exemple).
Pour ceux qui trouvent l'Hyperscreen trop ostentatoire (ou trop cher, car on parle d’un millier d’euros), le MBUX Superscreen propose trois écrans distincts sous une surface vitrée continue : 10,3 pouces pour le combiné d'instrumentation, 14 pouces pour l'infodivertissement, et 14 pouces pour le passager.
Navigation Google Maps avec IA embarquée
La navigation repose sur Google Maps, intégrée nativement dans MB.OS via un partenariat entre Mercedes et Google. Mais ce n'est pas un simple portage : le système exploite le Google Cloud Automotive AI Agent pour gérer la planification d'itinéraires de manière conversationnelle. Vous pouvez discuter avec le système pour ajuster votre trajet, et la « Navigation with Electric Intelligence » de Mercedes pense en termes d'énergie, pas seulement de kilomètres.
Cela signifie qu'elle calcule l'itinéraire le plus rapide en intégrant les arrêts de recharge, la topographie, la météo (y compris le vent à hauteur du véhicule), l'état du trafic en temps réel et votre style de conduite. Si deux arrêts de recharge rapides sont plus efficaces qu'un long, le système le propose. Et il préconditionne automatiquement la batterie à la bonne température au bon moment pour optimiser la charge DC. C'est peu ou prou ce que fait Tesla avec son planificateur Supercharger, mais sur un panel de bornes possibles plus large.
Digital Extras et paiement in-car : les DLC s’invitent dans la voiture
Mercedes pousse aussi le concept de voiture-plateforme. Via le Mercedes-Benz Store, accessible depuis le véhicule ou l'app, on peut acheter des « Digital Extras » après l'achat : fonctions d'assistance à la conduite, navigation avancée, packs de divertissement, e-vignettes... Le catalogue compte déjà plus de 40 apps (audio, vidéo, gaming), et il est désormais possible de créer des dossiers d'apps personnalisés. C’est littéralement un smartphone sur roues, avec les DLC qui vont bien.
Le paiement se fait directement depuis la voiture via Mercedes pay+, authentifié par la caméra intérieure multifonctionnelle. Pas de PIN, pas de téléphone à sortir. On achète, on active, on roule. C'est fluide et ça rejoint la stratégie d’Apple : gagner de l’argent avec le produit tout au long de son utilisation et non simplement à la vente.
De quoi compenser le manque à gagner des révisions des modèles thermiques.
SKY CONTROL : 162 étoiles au plafond et 9 zones de transparence
Parce que Mercedes ne serait pas Mercedes sans un peu d'excès assumé, le toit panoramique SKY CONTROL propose une vitre électrochromique divisée en neuf segments indépendants, chacun commutable entre transparent et opaque en quelques millisecondes. Chaque passager choisit sa quantité de lumière. Et la nuit, ce sont ainsi 162 étoiles LED s'illuminent dans la couleur de votre choix, synchronisées avec l'éclairage d'ambiance. C'est totalement inutile et donc absolument indispensable.
Conduite assistée : 27 capteurs mais des options
Le système MB.DRIVE embarque jusqu'à 27 caméras et capteurs, pilotés par un calculateur haute performance refroidi par eau. Le DISTRONIC (régulateur adaptatif) est de série en Europe, mais les fonctions avancées comme le changement de voie automatique et la conduite supervisée point-à-point en ville sont proposées en extra payants.
Le MB.DRIVE ASSIST PRO promet même une conduite semi-autonome « seamless » en trafic urbain dense. Lancement initial prévu aux États-Unis (réglementation oblige), l'Europe suivra normalement. Surtout si le FSD de Tesla obtient ses lettres de noblesse européennes entre-temps.
Le HUD en réalité augmentée, repris de la Classe S, affiche les informations de navigation en 3D dans le champ de vision du conducteur sur une surface virtuelle de 18 pouces. Une première dans ce segment.
Pour la partie voiture, rien n'a été oublié non plus
Le modèle de lancement, la Classe C 400 4MATIC electric, développe 360 kW (482 ch) et 800 Nm de couple via deux moteurs synchrones à aimants permanents, avec une boîte deux rapports innovante à l'arrière.
Architecture 800 V, batterie de 94,5 kWh utiles, Cx à partir de 0,22 (un des meilleurs du segment), pour une conso entre 14,1 et 18,5 kWh, de quoi assurer de 525 à 670 km d'autonomie.
Dans tous les cas, nous sommes sur un plein d’électrons en 15 minutes pour plus de 500 km réels. Cela signifie que Mercedes a quasiment atteint le 1 pour 1 avec l’équivalent thermique. C’est une folie.
Côté châssis, la suspension pneumatique AIRMATIC avec amortissement prédictif (via données Car-to-X) et les roues arrière directionnelles à 4,5° sont en option. Le rayon de braquage descend alors à 11,2 m, et le système utilise Google Maps pour maintenir la garde au sol basse sur autoroute.
La voiture fait 4,88 mètre de long tout de même, soit 13 cm de plus que l’ancienne version (nous ne sommes pas loin du changement de segment) mais qui n’offre que 470 litres de coffre, aider par un frunk de 100 litres.
Il se murmure un prix de départ autour des 65-70 k€.
Ce qu’on en pense
Mercedes frappe fort. La ligne fait débat sur Twitter, avec un arrière qui mime un peu l’Impala de 2003. La calandre souffle chaud et le froid. Mais Mercedes vend autre chose. Le toit façon Rolls, l’Hyperscreen qui affiche sur 1m de longueur « aberrant frérot », le système avancé de gestion de trois agent IA, l’intégration des données cartographiques en temps réel à la navigation, les technologies de conduite embarquées, bref, tout est pensé pour offrir une merveille de technologie roulante.
Mais il faudra accepter les achats façon DLC, le prix élevé (on murmure 70k€), une ligne moins gracieuse que les versions précédentes et une place à l’arrière qui paraît bien discutable niveau hauteur du plancher (il faut bien loger les batteries).