Donald Trump a signé un décret qui frappe les drones importés de droits de douane allant jusqu'à 100 %. Les machines de plus de 25 kg et celles qui embarquent une caméra thermique sont visées au tarif plein, DJI en tête, avec une entrée en vigueur dès le 3 septembre. Les fabricants européens s'en tirent eux avec 15 %.
Les machines les plus capables au tarif plein
Le texte s'appuie sur la section 232, l'outil du commerce américain réservé aux dossiers de sécurité nationale, déjà dégainé pour l'acier ou les puces. La tranche à 100 % vise les drones dont la masse au décollage dépasse 25 kg, ceux qui embarquent de l'imagerie thermique, et les stations d'accueil qui permettent aux appareils de fonctionner en autonomie. Autant dire les machines qui travaillent : inspection de lignes électriques, pulvérisation agricole, recherche de personnes disparues. Ces modèles viennent aujourd'hui massivement de chez DJI, qui pèse plus des deux tiers du marché mondial. La Maison-Blanche ne le nomme pas, mais personne n'est dupe, le texte parle d'une dépendance excessive aux fournisseurs étrangers.
Un barème à étages et un calendrier serré
Les drones plus légers et sans capacités jugées sensibles écopent de 25 %. Les appareils venus de l'Union européenne, du Japon, de la Corée, de la Suisse, de Taïwan et même du Liechtenstein sont taxés à 15 % s'ils utilisent des composants fabriqués localement, et les britanniques à 10 %. Le tout s'applique dans trois semaines, le 3 septembre, alors que les droits sur les composants non sensibles attendront février 2027. La proclamation referme aussi une faille bien connue : importer des pièces chinoises pour les assembler aux États-Unis ne permettra plus d'échapper à la taxe.
L'Europe et Parrot presque épargnés
Pour une fois dans cette guerre commerciale, les fabricants européens s'en sortent à bon compte. Un drone du français Parrot ou d'un concurrent allemand entrera aux États-Unis avec 15 % de droits, face à des machines chinoises taxées à 25 ou 100 % selon la catégorie. L'écart pourrait redistribuer une partie du marché professionnel américain, à condition que les européens aient les volumes pour en profiter, ce qui n'a rien d'évident face à l'énorme appareil industriel de DJI.
On en dit quoi ?
La logique sécuritaire se défend, tant les drones sont devenus un sujet militaire depuis l'Ukraine. Le problème est le calendrier : l'industrie américaine du drone grandit avec Skydio, mais elle dépend encore de la Chine pour les batteries et les aimants, et les électriciens, agriculteurs et secouristes équipés en DJI verront le prix d'import doubler dans trois semaines. Les nouveaux modèles de la marque étaient d'ailleurs déjà bloqués à l'homologation américaine depuis décembre. On peut se demander si la relocalisation ira plus vite que la hausse des prix. Les fabricants européens tiennent en tout cas une occasion rare de placer leurs machines, et il serait quand même dommage de la laisser passer.