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Le Pape Leon XIV a choisi son nom à cause de l'IA, dont il se méfie

Par Vincent Lautier - Publié le

Lors de sa première prise de parole devant les cardinaux, le nouveau pape Léon XIV a désigné l’intelligence artificielle comme la principale menace pour la dignité humaine, la justice et le travail. Un signal clair sur la ligne qu’il entend suivre : celle d’une Église vigilante face aux dérives technologiques.

Le Pape Leon XIV a choisi son nom à cause de l'IA, dont il se méfie


L’IA, une nouvelle révolution industrielle pour l’Église



Élu le 8 mai 2025, Léon XIV n’a pas attendu pour donner le ton. Dans son premier discours, il a inscrit son pontificat dans la continuité de celui de François, mais en y injectant un enjeu plus moderne : l’intelligence artificielle. Selon lui, l’IA provoque une rupture comparable à celle de la première révolution industrielle, avec des impacts sociaux massifs.

Ce choix de thématique n’est pas qu’un effet d’annonce. En prenant le nom de Leo, il rend d’ailleux hommage à Léon XIII, auteur en 1891 de l’encyclique Rerum Novarum, texte fondateur sur les droits des travailleurs. Aujourd’hui, Léon XIV déclare même “l’Église offre à tous le trésor de son enseignement social en réponse à une nouvelle révolution industrielle”, celle portée par l’Intelligence Artificielle donc.

Léon XIII
Léon XIII


Menaces sur la dignité, la justice et le travail



Le pape ne parle pas ici de gadgets ou de confort numérique. Il s’attaque directement à ce que l’IA pourrait détruire : les conditions de travail, la place de l’homme dans l’économie, le sens même de la relation humaine. Dans la ligne directe de François, qui appelait à un encadrement international de l’IA, Léon XIV reprend le flambeau et élargit l’alerte à l’ensemble de la société moderne.

Cette posture n’est pas que symbolique. Dans un monde où, vous le savez (vous nous en parlez souvent en commentaires), l’IA génère des images fausses, décide du recrutement de personnel, automatise la guerre et influence les votes, Léon XIV veut visiblement rappeler que la technique ne dispense pas de morale. L’Église, selon lui, a un rôle à jouer pour poser des limites. Il est d’autant bien placé pour se défendre ce point de vue, puisqu’il est originaire du pays qui avance le plus vite et le plus fort sur l’IA.

Le Pape Leon XIV a choisi son nom à cause de l'IA, dont il se méfie


Un avertissement éthique



Alors que l’usage de l’IA se banalise à grande vitesse, la position du Vatican tranche. Pas encore de véritable technophobie, mais une ligne rouge très claire : la technologie ne doit pas s’imposer au détriment de l’humain. Derrière cette déclaration, il y a aussi une critique indirecte de l’inaction politique sur le sujet.

Bref, Léon XIV ne voit pas l’IA comme une opportunité sans impact, mais comme un test pour notre capacité à préserver les droits fondamentaux. Un angle plutôt inattendu pour un début de pontificat, mais qui place d’emblée la question technologique au cœur de l’agenda moral de l’Église.