La Chine affiche des ambitions contradictoires : dominer le marché mondial des robots humanoïdes d'ici 2027 tout en alertant sur les risques d'une surproduction qui pourrait faire imploser le secteur avant qu'il ne décolle.
Plus de 150 entreprises dans la course
La Commission nationale du développement et de la réforme chinoise a tiré la sonnette d'alarme. Plus de 150 entreprises se sont lancées dans la production de robots humanoïdes, dont plus de la moitié sont des startups venant d'autres secteurs. Li Chao, porte-parole de la Commission, a prévenu que la vitesse et la formation d'une bulle exigent maîtrise et équilibre.
Le problème est clair : les robots humanoïdes sont absents de l'usage quotidien. Les autorités redoutent une multiplication de produits répétitifs qui étoufferait l'innovation. Avec 10 000 unités prévues en 2026, le marché aurait atteint des niveaux de surcapacité alors que la demande reste incertaine.
Des objectifs ambitieux malgré tout
Par contre, le ministère de l'Industrie maintient des objectifs très ambitieux. Production de masse pour 2025 et leadership mondial d'ici 2027. Le cabinet Leaderobot prévoit que le secteur chinois pourrait atteindre 82 milliards de yuans (environ 11,6 milliards de dollars) dès 2025, soit la moitié du marché mondial.
Le gouvernement se retrouve tiraillé entre le ministère qui pousse à l'accélération et les régulateurs qui appellent à la prudence.
UBTECH illustre cette course
L'entreprise a lancé en novembre la production de masse de son Walker S2, avec 500 unités prévues fin 2025. Les ambitions montent à 5 000 robots en 2026, puis 10 000 en 2027. Les commandes dépassent 800 millions de yuans, avec des clients comme BYD et Foxconn.
Le risque d'une bulle
La situation rappelle le photovoltaïque chinois des années 2010. La Chine s'était transformée en acteur dominant avant de connaître une crise de surproduction qui avait fait chuter les prix.
Face à ces risques, la Commission a annoncé un renforcement de l'encadrement dans le prochain plan quinquennal (2026-2030). Les mesures incluent des normes industrielles et l'encouragement de fusions pour favoriser quelques champions plutôt qu'une multitude d'acteurs fragiles.
On en dit quoi ?
Cette contradiction chinoise est fascinante. D'un côté, Pékin veut dominer ce marché et pousse à produire massivement. De l'autre, ses régulateurs freinent en pointant les risques de bulle. C'est révélateur d'une improvisation dans la stratégie industrielle.
Le parallèle avec le photovoltaïque est inquiétant. Cette industrie a connu un effondrement après des années de surinvestissement. Reste à savoir si les mesures de régulation arriveront à temps. D'ici 2027, on aura la réponse. Vous pensez que la Chine va maîtriser cette frénésie ou qu'on court vers une bulle qui éclate ?