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Test de la Paperslate : la tablette E-Ink française

Par Vincent Lautier - Publié le

J'ai pris en main la Paperslate, une tablette à encre électronique de 10 pouces sortie depuis quelques mois, conçue par une équipe française. Elle est vendue actuellement 350 euros, elle vise les pros et créatifs qui veulent un bloc-notes numérique sans abonnement. Plutôt habitué aux Kindle pour la lecture et à l'iPad Pro pour le travail, j'ai voulu voir ce qu'elle apportait dans mon quotidien déjà bien équipé.

Test de la Paperslate : la tablette E-Ink française




Une 10 pouces française à 350 €



Voyons déjà la fiche technique. La Paperslate est une tablette E-Ink de 10 pouces avec une dalle Carta de 1600 x 1200 pixels. À l'intérieur, vous avez un processeur RK3566 4 cœurs à 1,8 GHz, 4 Go de RAM, 32 Go de stockage extensibles via mini-SD jusqu'à 256 Go, le tout tout sous Android 11 modifié.

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La machine pèse 388 grammes à la balance, ce qui est franchement léger en main, surtout comparé à mon iPad Pro 13 pouces. Le stylet fourni n'a pas de batterie, il fonctionne tout seul par induction électromagnétique, et propose 4096 niveaux de pression. La tablette a une connectivité Wi-Fi, Bluetooth, port USB-C OTG. Notez qu'il existe aussi une version Pro à 64 Go avec certification IPX8 existe, mais c'est la version standard à 350 euros que j'ai testée.

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L'écriture, là où elle bat l'iPad



L'application qui s'ouvre au démarrage donne le ton, c'est le bloc-notes numérique. Et c'est là que la Paperslate marque des points face à mon iPad Pro. La sensation d'écriture sur l'écran E-Ink, avec une légère résistance proche du papier, est franchement très agréable, bien plus que le verre lisse de l'iPad, même avec un Apple Pencil. J'ai pris quelques notes : feutre, stylo, crayon, surligneur, calques, formes géométriques, arrière-plans lignés, tout est là.

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À l'usage on note une légère latence d'affichage, mais zéro perte de trait même à vitesse rapide. Le bout du stylet sert aussi de gomme comme un crayon de papier : pas besoin de basculer dans un mode "gomme" à chaque correction, vous retournez le stylo et vous effacez, même si on aurait apprécié que cette partie du stylée est une forme un peu plus arrondie et plus souple, comme une gomme...

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La vraie bonne surprise, c'est clairement la reconnaissance manuscrite par IA. J'ai gribouillé des notes en mode rapide, exporté en PDF, et le rendu est quasi parfait, y compris pour les tableaux dessinés à la main que l'IA reconstitue automatiquement avec leurs colonnes. Sur iPad, j'utilisais GoodNotes pour cet usage, mais avec un abonnement payant. Là, tout est inclus, et c'est appréciable.

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Le Kindle reste imbattable sur la lecture



Je m'attendais à ce que la Paperslate remplacer ponctuellement mon Kindle pour les ebooks. Pas vraiment. L'app de lecture par défaut ouvre bien les EPUB, PDF et même les CBZ pour les mangas, et l'écran 10 pouces est franchement confortable pour les bandes dessinées. Sauf que l'expérience reste loin d'une Kindle Paperwhite récente : pas de bouton physique de tournage de page, navigation beaucoup moins fluide, gestion de bibliothèque à l'ancienne.

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Pour contourner ça, on peut installer l'application Kindle mais même dans ce cas, tourner les pages est vraiment lent. C'est utilisable, mais pas incroyable, et ça ne remplacera pas une liseuse classique pour la littérature, et un iPad pour la BD.

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Par contre, la Paperslate est très pratique pour annoter des PDF directement au stylet. Petit bémol : pas de rétroéclairage, ce qui oblige à composer un peu avec la lumière ambiante.

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Google Play pour pousser plus loin



Si vous cherchez à en faire plus avec ce produit, c'est possible, puisqu'elle tourne sous Android. Alors certes, on est sur Android 11, pas le plus récent donc, mais vous pouvez télécharger vos applications de presse, de shopping, ou que sais-je, et ça fonctionne correctement. On se rapproche de l'expérience qu'on peut avoir avec une Boox à ce niveau là, et c'est assez pratique.

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On en dit quoi ?



Pour qui a déjà un iPad Pro et un Kindle dans ses tiroirs, la Paperslate ne remplace ni l'un ni l'autre, mais s'intercale bien entre les deux. Elle prend la place du carnet papier qu'on traînait en réunion, en cours, ou dans le canapé pour griffonner une idée vite fait. Le format 10 pouces tombe pile entre l'iPad et le Kindle : trop grand pour la lecture en mobilité, très bien pour annoter un PDF de cahier des charges sans prendre son ordinateur. La transformation des notes en .docx exploitables ou PDF peut aussi faire gagner beaucoup de temps sur les réunions ou les formations, et c'est probablement l'usage où elle apporte le plus de valeur. Selon votrer métier ou vos habitues, vous aurez très vite conscience de l'inétret que pourrait vous apporter un tel produit.

L'autre vrai argument, c'est l'absence d'abonnement. Pas de surcoût caché, pas de fonction bridée. Et puis il y a le SAV français qui change de la galère habituelle avec les marques chinoises. Bref, on est là sur un bon produit, qui fait bien ce qu'il doit faire, à savoir avant tout la prise de note. Il n'est pas son défaut, mais il n'est pas difficile de lui trouver un usage.


La Paperslate est un très bon bloc-notes numérique grâce à son toucher papier très réussi et une IA de reconnaissance manuscrite efficace, le tout sans aucun abonnement caché. Alors certes, elle manque encore de fluidité pour détrôner une liseuse classique, mais c'est un outil de productivité français léger et pertinent pour ceux qui cherchent à remplacer leur carnet papier.