Faire booter macOS sur du matériel non signé Apple, c'est le principe du hackintosh. Le réussir nativement sur un serveur AMD EPYC, sans machine virtuelle et avec les 32 threads actifs, personne ne l'avait montré. Jeremy Choulant, de l'agence PASEO à Royan, affirme y être arrivé sous macOS Sequoia, et parle de première mondiale documentée (par ici).
Une vraie zone blanche du hackintosh
Le hackintosh, faire tourner macOS sur une machine non signée Apple, est balisé depuis longtemps sur les configurations Intel grand public, et de plus en plus sur les puces AMD Ryzen. Sauf qu'il restait une case blanche, les processeurs serveur AMD EPYC, ceux qui équipent les datacenters. Choulant raconte avoir épluché les forums dans sept langues sans jamais trouver de réussite vérifiable en bare metal, c'est-à-dire directement sur le matériel et non dans une machine virtuelle qui masquerait les difficultés. Une réussite en VM existait bien, mais aucun bureau macOS stable sur de l'EPYC nu. D'où sa formule de première mondiale documentée.
Quarante boots
La machine, c'est une carte mère serveur Supermicro, un EPYC Zen 2 « Rome » en 16 cœurs et 32 threads, une Radeon RX 6000, 64 Go de mémoire ECC et un NVMe, visée sur macOS Sequoia 15.7. Au départ, rien ne démarrait. Le noyau plantait si tôt qu'il n'affichait même pas sa première ligne de log. Après plus de quarante tentatives, Choulant a compris que le chargeur tentait de loger le noyau à une adresse mémoire déjà occupée par le firmware de gestion à distance de la carte. Un certain Michael « Micking » Perche lui a aussi donné un coup de main décisif sur la façon de déclarer le processeur au système. Restait à activer le SMT, l'équivalent AMD de l'Hyper-Threading d'Intel, pour passer des 16 threads vus par macOS aux 32 réels, là encore sans aucune documentation pour de l'EPYC.
Une vraie station de travail, mais hors des clous
Le plus intéressant, c'est que le résultat tient la route. La machine démarre toute seule, avec la pomme et la barre de progression, et sert au quotidien à l'agence. Au Geekbench 6, elle affiche 8207 points en multicœur et 1217 en simple cœur, soit quelques pour cent au-dessus d'un EPYC équivalent sous Linux ou Windows, avec un score graphique OpenCL autour de 89000, du niveau d'un Mac Pro 2019, le tout consultable publiquement. L'objectif, une station taillée pour Premiere Pro, After Effects et Photoshop. Choulant refuse par contre de publier sa configuration, et rappelle de lui-même que tout ceci piétine l'accord de licence d'Apple, qui réserve macOS au seul matériel maison.
On en dit quoi ?
Techniquement, le bidouillage force le respect, et on adore ce genre de défi mené juste pour prouver que pas encore fait ne veut pas dire impossible. Et vous, vous tenteriez macOS sur un serveur, ou vous gardez la pomme sur la machine prévue pour ?