Asus a détaillé ce 2 septembre à Berlin les ProArt P16 et P14, ses premiers portables bâtis autour de la superpuce NVIDIA RTX Spark, ainsi qu'un mini-PC GR1X à peine plus gros qu'un Mac mini. Tous trois embarquent jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée pour faire tourner des modèles d'IA en local, dans un châssis de 12,9 mm pour le 16 pouces. Aucun prix, et une sortie prévue à l'automne.
C'est la puce de Nvidia qui fait tout
La RTX Spark, présentée fin mai avec Microsoft, réunit un processeur Grace de jusqu'à 20 cœurs Arm et un GPU Blackwell de 6 144 cœurs sur une même puce, reliés par une interconnexion NVLink, avec jusqu'à 128 Go de mémoire partagée entre les deux et un pétaflop de calcul pour l'IA. C'est exactement la recette des puces M d'Apple, difficile de ne pas le voir, avec Windows sur Arm en prime. Asus en tire des chiffres intéressants, des modèles de langage de 120 milliards de paramètres qui tournent sans connexion, des scènes 3D de plus de 90 Go et de la vidéo 4K générée sur place.
L'argument d'Asus pour faire tourner tout ça chez soi plutôt que dans le cloud tient en une phrase, un modèle local remplace une facture au jeton par une dépense fixe, on relance un agent autant de fois qu'on veut sans regarder le compteur, les fichiers et les projets ne quittent pas la machine, et on peut ajuster le modèle à ses propres tâches au lieu de subir un service générique.
Un 16 pouces de 12,9 mm et un mini-PC pour tourner jour et nuit
Le ProArt P16 fait 12,9 mm d'épaisseur pour 1,77 kg, et Asus en fait le portable RTX Spark de 16 pouces le plus fin du marché, 13 % plus fin et 16 % plus léger que la génération précédente, alors qu'il loge une batterie de 99 Wh sous un écran OLED capable de monter en 4K à 120 Hz avec 1 600 nits et un Delta E inférieur à 1. Le P14 pèse 1,48 kg. Il se contente d'une dalle 3K et d'une batterie de 90 Wh dans 13,9 mm, ce qui en fait le ProArt le plus léger jamais produit.
Le mini-PC GR1X tient dans quinze centimètres de côté et cinq d'épaisseur. Asus l'a dessiné pour tourner jour et nuit, avec deux ventilateurs qui totalisent 218 pales, une prise réseau 10 Gbit, du Wi-Fi 7 et de quoi brancher quatre écrans 4K, l'idée étant celle d'un agent personnel qui reste allumé en permanence sur le bureau, à la manière du DGX Spark de Nvidia, vendu 4 699 dollars avec une puce du même genre.
C'est le logiciel qui doit faire la différence
Asus livre ces machines avec ses propres outils, et c'est là que la marque joue gros, parce qu'une puce ne sert à rien sans logiciel derrière. MuseTree génère des images en local à partir des modèles FLUX et WAN, sans jeton à payer. StoryCube reconnaît les scènes et range les médias tout seul, alors qu'un agent baptisé Zenni Claw, qu'Asus fait dialoguer avec MuseTree, enchaîne des flux de travail complets aux côtés de ComfyUI, cette plateforme open source que beaucoup de créateurs utilisent déjà pour l'IA générative, le tout complété selon les modèles par des offres Adobe Creative Cloud et Google AI pour ceux qui veulent garder un pied dans le cloud.
L'écran ProArt Display PA32QCV, un 31,5 pouces en 6K avec deux ports Thunderbolt 4 à 96 W et des modes couleur pensés pour le Mac, on vous en a parlé, revient comme compagnon naturel de ces machines. Asus montre aussi un Zenbook 14 au capot en Ceraluminum décliné en Snapdragon X, Core Ultra Series 3 ou Ryzen AI 300, et un ExpertBook Ultra à partir de 990 grammes avec un OLED tandem 3K à 1 400 nits et une autonomie annoncée à 26 heures, taillé pour les pros.
On en dit quoi ?
Un PC portable avec 128 Go de mémoire unifiée, c'est l'argument que le MacBook Pro gardait pour lui, et Apple s'arrête aussi à 128 Go. Sauf que voilà, tout tourne sur Windows pour Arm, dont la compatibilité logicielle est encore loin de celle de macOS, et le pari d'Asus repose autant sur ses applications maison que sur la puce, ce qui se juge à l'usage et pas sur un communiqué. Le prix manque toujours, et vu ce que coûte le DGX Spark, on ne s'attend pas à un tarif de Zenbook.