1 049 € pour un Mac mini M6 ? L'ordinateur est toujours aussi petit, mais son prix, lui, a sérieusement augmenté ! Avec sa nouvelle puce M6 gravée en 2 nm, Apple promet pourtant un bond spectaculaire en matière de performances, notamment sur la partie graphique.
Nous avons donc confronté ce nouveau Mac mini aux générations précédentes, mais aussi aux modèles Pro et Max, dans des applications aussi variées que Final Cut Pro, Logic Pro, DaVinci Resolve ou encore Cyberpunk 2077. Et les résultats sont parfois assez incroyables, au point de remettre en question l'intérêt des configurations les plus coûteuses. Reste à savoir si cette puissance suffit à faire oublier quelques défauts persistants et des tarifs de plus en plus difficiles à justifier.
Le Mac mini, un ordinateur adopté au studio !
Le Mac mini a toujours occupé une place un peu particulière dans la gamme Apple. Contrairement aux iMac, il ne possède ni écran, ni clavier, et il n'a pas non plus la vocation professionnelle très affirmée du Mac Studio. Pourtant, cette petite machine est souvent l'un des meilleurs choix pour ceux qui recherchent un ordinateur performant, compact et capable de fonctionner pendant des années sans faire de bruit.
Chez Mac4Ever, nous en sommes d'ailleurs de grands utilisateurs, notamment depuis l'arrivée des puces Apple Silicon, qui ont totalement transformé les possibilités de ce format. Lorsque le Mac mini M4 est sorti, nous avions investi dans une version M4 Pro un peu musclée pour notre studio avec 24Go de RAM, 1To de SSD et la puce la plus puissante -une configuration déjà chère à l'époque. Depuis, cet ordinateur est utilisé quotidiennement pour nos émissions en direct, nos tournages et même certains gros projets de montage vidéo. C'est une machine qui ne paie pas de mine, mais qui possède suffisamment de puissance pour gérer des tâches autrefois réservées à des stations de travail beaucoup plus imposantes. Surtout, elle reste pratiquement inaudible, ce qui constitue un avantage considérable lorsqu'on enregistre du son ou que plusieurs micros sont ouverts dans une pièce.
L'autre intérêt du Mac mini, c'est sa relative mobilité. Certes, il ne s'agit pas d'un ordinateur portable à proprement parler, mais son format permet de le transporter très facilement d'un bureau à l'autre, voire même en vacances. Avec sa consommation électrique particulièrement faible (on y reviendra), on peut même envisager de l'alimenter à partir d'une batterie externe adaptée, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour les studios mobiles. Il suffit alors de disposer d'un écran et des périphériques nécessaires pour retrouver un environnement de travail complet.
Cette nouvelle génération apporte également une fonction qui devrait intéresser les professionnels de l'audiovisuel : le Genlock. Cette technologie permet de synchroniser précisément plusieurs équipements vidéo compatibles, notamment les caméras, afin de conserver une référence temporelle commune. Dans certaines configurations multicaméras ou pour des productions en direct, cela peut simplifier considérablement le travail et éviter des problèmes de synchronisation. Ce n'est évidemment pas une nouveauté qui concernera tous les acheteurs, mais elle illustre bien la polyvalence que peut atteindre ce petit ordinateur.
Pour ce test, nous avons surtout voulu répondre à une question assez simple : avec sa nouvelle architecture M6, le Mac mini de base peut-il désormais remplacer un modèle Pro pour la plupart des usages ? Car Apple a fait un choix assez inhabituel en proposant une puce M6 standard aux côtés d'une M5 Pro, ce qui crée une situation intéressante. La nouvelle génération profite des dernières avancées architecturales, tandis que la version Pro conserve davantage de cœurs et une bande passante mémoire supérieure. Et comme nous allons le voir, les résultats ne sont pas toujours ceux qu'on imagine.
Un design inchangé et c'est très bien
Esthétiquement, le Mac mini M6 ressemble trait pour trait à son prédécesseur. Apple conserve le petit boîtier carré de 12,7 cm de côté pour seulement 5 cm de hauteur, un format particulièrement pratique lorsqu'on manque de place sur son bureau. On peut facilement le glisser sous un écran, le poser derrière un moniteur ou l'intégrer dans une installation professionnelle sans qu'il occupe beaucoup d'espace. La finition reste également exemplaire, avec un boîtier en aluminium qui donne presque l'impression d'avoir été taillé dans un seul bloc de métal.
Le poids reste particulièrement contenu, avec environ 670 grammes pour notre Mac mini M6, contre un peu plus de 700 grammes pour les configurations Pro les plus lourdes, une différence qui s'explique par le système de ventilation plus costaud sur le M5 Pro. Lorsqu'on regarde les performances que nous avons obtenues dans nos benchmarks, il est assez difficile de croire qu'un ordinateur aussi petit puisse rivaliser avec des machines professionnelles beaucoup plus volumineuses.
Apple n'a pas non plus modifié son système de refroidissement de manière visible, et c'est plutôt une bonne nouvelle. Le Mac mini reste une machine extrêmement discrète, même lorsqu'on lui demande de réaliser des calculs complexes pendant plusieurs minutes. Contrairement à certains PC compacts qui deviennent rapidement bruyants lorsqu'on sollicite leur processeur, celui-ci conserve un niveau sonore particulièrement faible.
En revanche, Apple persiste avec une décision ergonomique que nous avions déjà critiquée sur le modèle précédent : le bouton d'alimentation se trouve toujours sous la machine. Concrètement, il faut passer les doigts sous le boîtier, voire le soulever légèrement, pour allumer l'ordinateur. Alors oui, la plupart des utilisateurs laissent leur Mac en veille et n'utilisent presque jamais ce bouton, mais lorsqu'on déplace régulièrement la machine ou qu'on doit la redémarrer, cette disposition devient rapidement agaçante. On aurait franchement préféré un bouton à l'arrière, quitte à sacrifier un peu de cette esthétique minimaliste dont Apple semble parfois faire une obsession.
Une connectique correcte, mais pas parfaite
La connectique évolue assez peu sur cette nouvelle génération, et certains choix commencent à devenir difficiles à comprendre sur un ordinateur vendu plus de 1 000 €. En façade, on retrouve toujours deux ports USB-C limités à 10 Gb/s, ce qui reste parfaitement suffisant pour brancher des accessoires, transférer quelques fichiers ou utiliser un disque dur à plateaux (HDD). Nous avons par exemple connecté un Seagate OneTouch, dont les performances sont largement inférieures à cette limite, sans rencontrer le moindre problème.
En revanche, pour les SSD externes modernes, cette bande passante devient rapidement contraignante. Certains modèles sont aujourd'hui capables de dépasser 3 à 4 Go/s, et les ports USB-C avant du Mac mini ne permettent pas d'exploiter pleinement ces performances. Apple aurait pu intégrer de l'USB4 ou du Thunderbolt en façade, surtout lorsque l'on sait que les ports USB-C 2x2 à 20 Gb/s existent depuis plusieurs années sur PC. Ce n'est pas forcément rédhibitoire, puisque les ports arrière restent disponibles pour les périphériques rapides, mais on aurait apprécié une connectique un peu plus ambitieuse.
Autre absence toujours aussi pénible, celle des ports USB-A. On peut évidemment considérer que cette connectique appartient au passé (et elle ne reviendra probablement jamais sur Mac), mais dans la réalité, de nombreux périphériques professionnels l'utilisent encore. Chez nous, certaines souris filaires, des accessoires audio ou du matériel de tournage sont toujours équipés de prises USB-A, ce qui nous oblige régulièrement à utiliser des adaptateurs ou des docks. Sur une machine de bureau, où la finesse du boîtier n'impose pas les mêmes contraintes que sur un ordinateur portable, Apple aurait pu conserver au moins un port de ce type.
À l'arrière, le Mac mini M6 reste équipé du Thunderbolt 4, tandis que la version M5 Pro bénéficie du Thunderbolt 5, comme le faisait déjà le M4 Pro. Cette différence est assez frustrante, car elle signifie qu'une machine équipée de la toute dernière puce Apple dispose d'une connectique moins évoluée qu'un modèle Pro de génération précédente. Pour la majorité des utilisateurs, le Thunderbolt 4 offre évidemment des performances largement suffisantes, mais les professionnels qui utilisent plusieurs SSD très rapides, des stations d'accueil complexes ou des écrans haute définition pourront trouver un intérêt réel au Thunderbolt 5 -notre SSD M.2 par exemple, aurait pu atteindre 6Go/s dans un boitier Thunderbolt 5, contre seulement 3,8Go/s en TB4.
Enfin de l'Ethernet 2,5 Gb/s !
Heureusement, Apple a corrigé l'un des défauts les plus agaçants des générations précédentes en intégrant désormais un port Ethernet 2,5 Gb/s de série. Jusqu'ici, le Gigabit Ethernet constituait une limitation assez pénible pour une machine destinée aussi bien aux particuliers qu'aux professionnels, notamment lorsqu'on travaille avec des NAS rapides ou une connexion fibre dépassant le gigabit. Avec cette évolution, les débits réseau doublent largement sans qu'il soit nécessaire de payer l'option Ethernet 10 Gb/s.
Apple a également changé de contrôleur réseau, en adoptant une solution Realtek, mais ce changement n'a visiblement pas d'impact négatif sur les performances. Nous avons effectué plusieurs mesures avec notre connexion fibre Free à 8 Gb/s, et la version équipée de l'Ethernet 10 Gb/s parvient effectivement à exploiter les 8 Gb/s disponibles. Sur le port 2,5 Gb/s, nous avons relevé environ 2,3 Gb/s réels, ce qui constitue un excellent résultat compte tenu des limitations habituelles liées aux protocoles réseau.
À l'usage, cette différence est loin d'être anecdotique. Sur Steam, par exemple, nous avons pu télécharger certains jeux à près de 2 Gb/s, lorsque les serveurs étaient capables de suivre. Même chose pour les transferts depuis un NAS compatible, qui deviennent beaucoup plus confortables lorsqu'on manipule régulièrement de gros fichiers vidéo. Pour un studio comme le nôtre, cette amélioration représente un véritable progrès, et nous sommes ravis qu'Apple ait enfin décidé de généraliser le 2,5 Gb/s.
Du faux Wi-Fi 7
Malheureusement, le constat est beaucoup moins enthousiasmant du côté du Wi-Fi. Le Mac mini M6 prend bien en charge le Wi-Fi 7, mais Apple continue de faire l'impasse sur les canaux de 320 MHz, pourtant l'une des principales nouveautés de cette norme. Résultat, malgré un équipement réseau adapté, nous avons observé des débits plafonnant autour de 1,6 Gb/s, soit des performances assez proches de celles que l'on pouvait déjà obtenir avec un bon routeur Wi-Fi 6E.
Bien sûr, 1,6 Gb/s reste largement suffisant pour la plupart des usages domestiques, mais on peut difficilement se satisfaire de ce résultat sur une machine aussi récente. Le Wi-Fi se retrouve même moins rapide que l'Ethernet 2,5 Gb/s désormais proposé en standard, alors que certains PC ou smartphone d'entrée de gamme exploitent beaucoup mieux les possibilités de la nouvelle norme. C'est d'autant plus regrettable qu'Apple met régulièrement en avant les performances de ses puces et de ses technologies sans fil, tout en conservant des limitations qui semblent davantage relever de choix techniques conservateurs que de véritables contraintes matérielles.
SSD : 256 Go de base, c'est vraiment trop peu en 2026
S'il y a bien un domaine dans lequel Apple continue de décevoir, c'est celui du stockage. Le Mac mini M6 démarre toujours avec seulement 256 Go de SSD, une capacité qui nous paraît franchement insuffisante pour un ordinateur vendu plus de 1 000 € en 2026. On peut évidemment installer quelques applications sans difficulté, mais dès qu'on commence à utiliser des logiciels professionnels, des jeux ou des bibliothèques multimédias, l'espace disponible fond à une vitesse impressionnante.
Prenez simplement Final Cut Pro, dont les fichiers de rendu et les caches peuvent rapidement occuper plusieurs dizaines de gigaoctets, même lorsqu'on conserve les rushs sur un disque externe. Même problème avec Xcode, les machines virtuelles, les logiciels Adobe ou certains jeux récents, qui dépassent parfois à eux seuls les 100 Go. Dans ces conditions, devoir surveiller en permanence son espace disque devient rapidement pénible, surtout lorsqu'on a investi une somme aussi importante dans son ordinateur.
Pour un achat destiné à durer plusieurs années, nous conseillons donc de privilégier au moins 1 To de stockage interne, même si l'option reste particulièrement coûteuse chez Apple. À défaut, 512 Go constituent un minimum acceptable pour ceux qui utilisent principalement des applications classiques et qui acceptent de stocker leurs gros fichiers sur des disques externes. Les 256 Go de base peuvent encore convenir à une machine bureautique, mais ils ne sont clairement pas adaptés à tous les usages que le M6 est désormais capable d'assurer.
Nous avons également mesuré les performances des différentes capacités de stockage, et les résultats montrent qu'il ne s'agit pas seulement d'une question d'espace disponible. Sur le modèle 256 Go, nous avons obtenu environ 3,2 Go/s en lecture comme en écriture, ce qui reste rapide dans l'absolu, mais assez décevant lorsqu'on sait que ces performances n'ont pas énormément évolué depuis plusieurs générations.
Plus gênant encore, certains transferts de gros fichiers sur cette capacité de base, provoquent des baisses importantes, avec des débits qui peuvent descendre entre 300 et 700 Mo/s dans les situations les plus défavorables.
La version 1 To se montre nettement plus convaincante, avec des performances qui atteignent environ 7 Go/s dans nos benchmarks et peu de soucis sur les copies plus longues. La différence est donc importante, et elle peut se ressentir lorsqu'on travaille sur des projets volumineux, que la machine a besoin de "swapper" (le SSD est utilisé comme le la RAM) ou qu'on effectue régulièrement des transferts importants. Apple aurait pourtant pu faire mieux sur la configuration de base, notamment en utilisant une architecture de stockage plus généreuse (en intégrant plusieurs puces par exemple), alors que les technologies PCIe modernes permettent d'atteindre des débits très élevés.
Les SSD externes restent une excellente alternative
Heureusement, contrairement à un MacBook que l'on transporte quotidiennement, le Mac mini se prête particulièrement bien à l'utilisation de disques externes. Pour les sauvegardes et l'archivage, un disque dur à plateau reste une solution économique, comme notre Seagate OneTouch de 2 To, qui atteint environ 130 Mo/s dans nos mesures. Ce n'est évidemment pas suffisant pour travailler confortablement sur de gros projets vidéo, mais pour conserver des fichiers ou effectuer des sauvegardes, cela reste parfaitement adapté.
Pour les usages plus exigeants, nous avons notamment testé un SSD Fanxiang S880E de 1 To, un modèle M.2 PCIe 4.0 proposé autour de 124 € au moment de nos tests. Installé dans un boîtier Thunderbolt/USB 4 Zike, il nous a permis d'atteindre environ 3,7 Go/s, ce qui constitue déjà un excellent résultat pour du stockage externe. Le SSD lui-même peut théoriquement dépasser 7 Go/s lorsqu'il est connecté directement à une interface M.2, ou 6Go/s si l'on avait eu du Thunderbolt 5.
On peut ainsi conserver le SSD interne pour macOS et les applications, tout en installant ses bibliothèques vidéo, ses jeux ou ses projets volumineux sur un disque externe rapide. Il reste simplement dommage qu'Apple ne propose toujours pas d'emplacement M.2 accessible dans le Mac mini, ce qui permettrait de faire évoluer facilement la capacité de stockage sans multiplier les boîtiers sur le bureau.
Puce M6 : Apple pass au 2 nm
Passons maintenant aux performances de la puce M6 ! Apple inaugure en effet une gravure en 2 nm et une architecture largement revue, avec 12 cœurs CPU, soit deux de plus que sur le M4 de base. La fréquence maximale atteint maintenant 4,79 GHz, tandis que l'architecture interne repose sur trois groupes de cœurs, comprenant deux supercœurs, quatre cœurs performants et six cœurs économes.
Sur la partie graphique, le M6 dispose également de 12 cœurs GPU, contre 10 sur le M4 standard, mais il serait trompeur de résumer les progrès à cette simple augmentation. Apple a manifestement beaucoup travaillé sur l'efficacité de son architecture, aussi bien pour les calculs CPU que pour les traitements graphiques. La puce intègre également deux Neural Engine, contre un seul sur la génération précédente, ce qui lui permet d'obtenir des résultats particulièrement impressionnants dans certains tests d'intelligence artificielle.
Avant d'entrer dans les benchmarks, il faut également évoquer la mémoire unifiée. Le Mac mini M6 démarre avec 16 Go de RAM, une capacité encore suffisante pour la majorité des usages courants, mais qui commence à devenir limitée pour les gros projets professionnels et surtout pour l'intelligence artificielle locale. Nous avons donc testé deux configurations, avec 16 et 24 Go, afin de vérifier si cette différence avait un impact significatif sur les performances.
Détail intéressant, la bande passante mémoire n'est pas tout à fait identique entre les deux versions. Le modèle 16 Go atteint environ 153 Go/s, tandis que la configuration 24 Go monte à 170 Go/s. Cette augmentation peut apporter un petit avantage dans certaines applications graphiques, même si les écarts restent généralement modestes. À titre de comparaison, le M5 Pro bénéficie d'une bande passante d'environ 307 Go/s, ce qui lui donne un avantage théorique important dans les applications qui sollicitent fortement la mémoire et le GPU.
CPU : le M6 fait pratiquement jeu égal avec un M4 Pro !
C'est probablement l'une des premières grosses surprises : dans Geekbench 6, le Mac mini M6 atteint un niveau de performances multicœur très proche de celui d'un Mac mini M4 Pro équipé de 12 cœurs CPU. Nous avons relevé environ 21 100 points sur le M6, contre 22 800 points sur le M4 Pro, un écart finalement assez faible lorsqu'on considère qu'il s'agit d'une puce standard face à une ancienne version professionnelle.
La progression par rapport au M4 de base est également spectaculaire, avec des gains de l'ordre de 50 à 60 % selon les tests. C'est une évolution particulièrement importante en seulement deux générations, qui permet au M6 de se rapprocher de machines autrefois réservées aux utilisateurs les plus exigeants. En monocœur, les résultats sont encore plus marqués, puisque les nouveaux cœurs du M6 dépassent toutes les puces précédentes, ce qui profite directement à la réactivité de nombreuses applications.
Nous avons également utilisé Cinebench 2023, qui repose sur le moteur de rendu de Cinema 4D et permet de mesurer les performances CPU dans un scénario de calcul 3D. Le M6 obtient environ 19 410 points en multicœur, contre 19 449 points pour notre M4 Pro à 12 cœurs. Les deux machines sont donc pratiquement à égalité, ce qui confirme les excellents résultats observés dans Geekbench. Pour réellement prendre l'avantage, il faut passer au M5 Pro, notamment dans sa configuration à 18 cœurs, qui dépasse les 34 000 points et conserve une avance importante dans les calculs massivement parallèles.
Pour ceux qui possèdent encore un Mac mini M1 ou M2, le saut de performances est évidemment considérable, mais même face au M4, les progrès sont suffisamment importants pour être visibles dans certaines applications professionnelles.
Logic Pro : environ 200 pistes sur un simple Mac mini M6
Pour compléter ces benchmarks synthétiques, nous avons également testé le M6 dans Logic Pro, le logiciel de production musicale d'Apple. Ce test est particulièrement intéressant, car il permet de mesurer les performances dans une application typique, avec un grand nombre de pistes audio et de traitements simultanés. Or, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les performances ne dépendent pas uniquement du nombre total de cœurs disponibles, mais également de leur rapidité et de la manière dont les traitements sont répartis.
Le résultat est assez impressionnant : notre Mac mini M6 parvient à gérer environ 205 pistes dans notre bench maison, soit pratiquement autant que le M4 Pro à 12 cœurs, qui atteint environ 200 pistes. La progression face au M4 de base est encore plus spectaculaire, puisque les performances sont presque doublées. Pour un musicien ou un ingénieur du son, cela signifie qu'une machine relativement compacte peut désormais gérer des projets particulièrement ambitieux sans nécessiter immédiatement une puce Pro.
Dans les logiciels audio, les cœurs économes jouent un rôle moins important, et la rapidité des cœurs les plus puissants devient déterminante pour maintenir une lecture fluide lorsque les traitements s'accumulent. Apple semble avoir particulièrement bien travaillé cet aspect, ce qui permet au M6 de rivaliser avec des configurations pourtant dotées de davantage de ressources. Il faudra évidemment prévoir suffisamment de mémoire vive si l'on utilise de grosses bibliothèques d'instruments virtuels, mais sur le plan du processeur, le Mac mini M6 constitue une excellente surprise. Pour beaucoup de musiciens, il pourrait même représenter un choix plus judicieux qu'une configuration Pro beaucoup plus coûteuse, à condition de bien identifier les besoins de ses logiciels et de ses projets.
GPU : des performances presque doublées face au M4
Si les résultats CPU sont impressionnants, ceux de la partie graphique le sont peut-être encore davantage. Avec seulement deux cœurs GPU supplémentaires par rapport au M4, le M6 parvient à réaliser un bond spectaculaire dans plusieurs benchmarks, preuve que les progrès architecturaux jouent ici un rôle bien plus important que la simple augmentation du nombre d'unités de calcul.
Dans Geekbench 6 Metal, nous avons obtenu environ 97 500 points avec le Mac mini M6, contre un peu plus de 57 000 points pour le M4 de base. Le gain approche donc les 70 %, ce qui constitue une progression énorme pour une puce standard. Plus intéressant encore, le M6 rejoint pratiquement le M4 Pro équipé de 12 cœurs GPU et se rapproche des configurations Pro plus puissantes, alors même que sa bande passante mémoire reste nettement inférieure. En effet, le M6 dispose d'environ 153 à 170 Go/s selon la quantité de RAM installée, tandis que les puces Pro bénéficient d'un accès mémoire beaucoup plus rapide. En théorie, cet avantage devrait permettre aux modèles Pro de conserver une avance importante dans les applications graphiques, mais les résultats montrent que les optimisations de la nouvelle architecture compensent une partie de cet écart.
Nous avons également constaté que la version 24 Go du M6 obtenait des scores légèrement supérieurs dans certains tests GPU, probablement grâce à sa bande passante mémoire plus élevée. La différence reste toutefois assez faible et ne justifie pas, à elle seule, le passage à une configuration plus coûteuse. En revanche, disposer de davantage de mémoire devient intéressant lorsqu'on travaille avec de gros projets vidéo, des scènes 3D complexes ou des modèles d'intelligence artificielle volumineux.
Il faut néanmoins nuancer ces excellents résultats, car tous les logiciels ne profitent pas de la même manière des évolutions de l'architecture graphique. Dans LuxMark, qui repose sur OpenCL, le M6 se montre nettement moins convaincant et reste derrière certaines configurations M4 Pro, voire M2 Pro. Ce résultat rappelle qu'un excellent score dans Geekbench Metal ne garantit pas des performances supérieures dans toutes les applications, notamment celles qui utilisent encore des technologies plus anciennes ou des moteurs de calcul moins optimisés pour les dernières puces Apple.
Jeux vidéo : jouer sur un Mac mini M6 ?
Pendant longtemps, recommander un Mac mini pour jouer relevait presque de la provocation, tant les performances graphiques des modèles de base restaient limitées face aux PC équipés de cartes graphiques dédiées. Les choses ont progressivement évolué avec Apple Silicon, mais le M6 marque une étape particulièrement intéressante, au point de rendre certains jeux exigeants tout à fait jouables sans avoir besoin d'investir dans une puce Pro.
Nous avons commencé nos tests par Cyberpunk 2077, un titre particulièrement gourmand qui constitue un excellent benchmark pour les GPU modernes. Ici, le Mac mini M6 équipé de 24 Go atteint environ 84FPS, soit un niveau proche de celui de notre M4 Pro à 14 cœurs GPU. C'est déjà remarquable pour une puce standard, mais la comparaison avec les générations précédentes est encore plus intéressante, puisque nous avons observé un gain d'environ 24 FPS face à un M5 dans nos essais.
Le M5 Pro conserve évidemment un avantage, avec des performances supérieures d'environ 35 %, mais le M6 montre qu'il n'est plus nécessaire de disposer d'une puce haut de gamme pour profiter de jeux modernes dans de bonnes conditions. Il faut naturellement tenir compte de la définition et des réglages graphiques utilisés (ici medium 1080p), car les résultats peuvent varier considérablement selon les paramètres, mais la progression reste suffisamment importante pour transformer l'expérience de jeu.
Dans Total War: Three Kingdoms, les résultats sont encore plus dingues. En 1080p avec les détails réglés sur Medium, notre Mac mini M6 atteint environ 109FPS, contre 93 pour le M4 Pro à 12 cœurs GPU et seulement 38 pour le Mac mini M2. Les performances sont donc presque triplées face à cette ancienne génération, ce qui illustre parfaitement les progrès réalisés par Apple en quelques années. Plus surprenant encore, les deux configurations M6 testées, avec 16 et 24 Go de mémoire, obtiennent pratiquement les mêmes résultats, ce qui montre que la quantité de RAM et la bande passante ne constituent pas toujours les facteurs déterminants dans les jeux, du moins à ces résolutions.
Nous avons également lancé Shadow of the Tomb Raider, un titre plus ancien qui permet de mesurer le comportement des puces Apple sur des jeux hérités Intel. Le M6 atteint environ 98 FPS dans notre test en 1080p, ce qui le place une nouvelle fois à proximité des anciennes configurations Pro. Sur le plan purement matériel, le constat est donc très positif : Apple dispose désormais de GPU suffisamment performants pour faire tourner de nombreux jeux dans de bonnes conditions, même sur ses machines les plus compactes.
Malheureusement, cette progression matérielle intervient au moment où Apple prépare la disparition progressive de Rosetta 2, la technologie qui permet aux applications Intel de fonctionner sur les Mac Apple Silicon. À partir de 2027, la transition vers un environnement exclusivement Apple Silicon devrait s'accélérer, avec des conséquences importantes pour les logiciels qui n'auront pas été adaptés et certaines exceptions transitoires. Pour les joueurs comme nous, la situation est particulièrement frustrante, car une grande partie du catalogue historique de Steam sur Mac repose encore sur des applications Intel. Dans ma propre bibliothèque, près des trois quarts des titres pourraient être concernés à terme, alors qu'ils fonctionnent encore aujourd'hui très bien grâce à Rosetta.
C'est d'autant plus regrettable que le M6 possède justement suffisamment de puissance pour les faire tourner confortablement, et que l'on risque donc de perdre l'accès à certains jeux pour des raisons purement logicielles. Sur Windows, la compatibilité avec les anciens jeux reste généralement beaucoup plus importante. Apple pourrait donc se retrouver dans une situation assez paradoxale, avec des GPU de plus en plus performants mais un catalogue de jeux historiques qui se réduit faute de mises à jour. Pour ceux qui envisagent d'acheter un Mac mini M6 principalement pour jouer, nous recommandons donc de vérifier attentivement la compatibilité de leurs titres préférés, et surtout de privilégier les jeux disposant d'une version native Apple Silicon.
Montage vidéo : le M6 rivalise avec des puces Max !
Le montage vidéo constitue évidemment l'un de nos principaux usages chez Mac4Ever, et nous avons donc consacré une partie de nos tests à Final Cut Pro et DaVinci Resolve. Avec les puces Apple Silicon, les performances ne dépendent pas uniquement de la puissance CPU ou GPU, puisque les moteurs matériels dédiés à l'encodage et au décodage jouent un rôle essentiel, notamment avec les formats H.264, H.265 et ProRes.
Sur ce point, le M6 nous a particulièrement impressionnés. Dans notre premier test d'encodage sous Final Cut Pro, nous avons constaté que la nouvelle puce standard parvenait à rivaliser avec un ancien M2 Max et pouvait même dépasser certaines configurations M5 Pro. Le résultat peut sembler surprenant, mais il s'explique par les progrès réalisés sur les circuits spécialisés dans l'encodage vidéo (Media Engine), qui permettent désormais d'atteindre des performances réservées à des puces équipées de plusieurs Media Engine.
Concrètement, cela signifie qu'un vidéaste qui réalise principalement des montages classiques et des exports H.264 ou H.265 n'a pas forcément intérêt à investir dans une puce Pro. Le M6 offre déjà une puissance considérable pour ce type d'opérations, avec des temps d'export qui peuvent rivaliser avec ceux de machines beaucoup plus coûteuses. Pour les créateurs de contenu, les JRI ou les petites structures de production, c'est une excellente nouvelle, d'autant que la machine reste silencieuse et consomme très peu d'électricité.
Il faut cependant distinguer l'encodage vidéo des calculs nécessaires aux effets complexes, car les résultats changent sensiblement lorsqu'on sollicite davantage le GPU. Dans Final Cut Pro, nous avons constaté que les M4 Pro et M5 Pro conservaient une avance sur certains traitements graphiques, notamment lorsque les projets comportaient des effets lourds ou des opérations de rendu exigeantes. La différence n'est pas toujours spectaculaire sur de petits montages, mais elle peut devenir importante lorsqu'on travaille quotidiennement sur de gros projets.
La situation est encore plus nette dans DaVinci Resolve, où nous avons notamment testé des traitements de réduction de bruit associés à un export ProRes. Le M6 atteint ici un niveau comparable à celui d'un M4 Pro, mais les configurations M5 Pro prennent largement l'avantage. Sur un projet volumineux, les écarts peuvent représenter plusieurs dizaines de minutes, ce qui finit par avoir un véritable impact dans un environnement professionnel où l'on enchaîne les rendus et les exports.
Affirmer que le M6 rend les puces Pro inutiles n'est pas encore tout à fait vrai, mais les résultats montrent clairement qu'Apple a considérablement réduit l'écart dans certains domaines. Pour un vidéaste qui privilégie le montage traditionnel, les exports rapides et les projets raisonnablement complexes, le M6 constitue déjà une excellente solution. En revanche, ceux qui travaillent régulièrement sur des effets avancés, de la réduction de bruit intensive ou des compositions lourdes auront toujours intérêt à privilégier une puce Pro ou Max.
Cette situation donne d'ailleurs envie de découvrir ce qu'Apple pourrait proposer avec une future M6 Pro, si les progrès de la nouvelle architecture étaient associés à davantage de cœurs GPU et à une bande passante mémoire supérieure. Au regard des performances déjà obtenues avec le M6 standard, on pourrait imaginer des résultats particulièrement impressionnants, peut-être proches de certaines anciennes puces Ultra dans des applications spécifiques.
Intelligence artificielle : deux Neural Engine, mais les puces Pro restent intéressantes
L'intelligence artificielle occupe désormais une place importante dans les arguments commerciaux d'Apple, et la puce M6 apporte justement une évolution notable avec ses deux blocs Neural Engine. Nous avons donc voulu vérifier si cette nouvelle architecture permettait au Mac mini de devenir une machine particulièrement intéressante pour les calculs d'IA, notamment lorsqu'on souhaite exécuter des modèles directement en local.
Dans Geekbench AI, qui sait exploiter les accélérateurs neuronaux (NPU), les résultats sont spectaculaires. Le M6 dépasse les autres Mac de notre comparatif dans certains tests, ce qui montre qu'Apple a réalisé de véritables progrès sur ses circuits spécialisés. Pour les applications capables de tirer parti du Neural Engine, cette évolution pourrait se traduire par des traitements beaucoup plus rapides, notamment dans certains outils de retouche, de transcription ou d'analyse de données.
Il faut cependant éviter de tirer des conclusions trop rapides, car tous les logiciels d'intelligence artificielle n'utilisent pas le Neural Engine. Les grands modèles de langage, notamment ceux que l'on exécute localement avec des outils spécialisés, reposent souvent principalement sur le GPU et la mémoire unifiée. Dans ces situations, les puces Pro et Max conservent un avantage important grâce à leur puissance graphique et à leur bande passante mémoire supérieure.
Nous avons notamment testé DeepSeek R1 avec des modèles adaptés aux différentes configurations. Le Mac mini M6 atteint environ 25 tokens par seconde dans notre scénario, contre 23 tokens par seconde pour la version équipée de 24 Go de mémoire, soit presque rien. En revanche, le M5 Pro atteint environ 56 tokens par seconde, tandis que notre MacBook Pro M5 Max grimpe jusqu'à 100 tokens par seconde. L'écart devient alors considérable, avec des performances parfois deux à quatre fois supérieures à celles du M6 standard. Pour ceux qui utilisent régulièrement des modèles de langage en local, la différence se ressent immédiatement dans la vitesse de génération des réponses, surtout lorsqu'on travaille sur des tâches longues ou complexes.
La quantité de mémoire disponible joue également un rôle essentiel, puisqu'elle détermine en grande partie la taille des modèles que l'on peut charger. Pour nos comparaisons, nous avons volontairement utilisé des modèles capables de fonctionner sur des configurations limitées à 16 Go, afin de conserver une base commune. Mais avec 24, 32 ou 64 Go de mémoire, il devient possible d'exécuter des modèles plus volumineux, potentiellement plus intéressants pour certains usages professionnels.
Le Mac mini M6 constitue donc une excellente machine pour découvrir l'intelligence artificielle locale ou utiliser des applications optimisées pour le Neural Engine, mais il ne remplace pas une configuration Pro ou Max lorsqu'on souhaite faire tourner de gros modèles avec des performances élevées. Dans ce domaine, mieux vaut privilégier la quantité de RAM et la bande passante mémoire plutôt que de se focaliser uniquement sur les scores obtenus dans Geekbench AI.
Consommation : jusqu'à zéro (ou presque)
L'un des aspects les plus remarquables du Mac mini M6 reste son efficacité énergétique, qui constitue depuis plusieurs années l'un des principaux atouts des puces Apple Silicon. Malgré les progrès considérables réalisés sur les performances CPU et GPU, Apple parvient à maintenir une consommation électrique extrêmement faible, ce qui permet au Mac mini de rester compact, silencieux et relativement facile à refroidir.
Dans nos mesures, la machine consomme seulement 5 à 8 W au repos, tandis qu'une utilisation courante tourne autour de 20 W. Même lorsqu'on lance des jeux ou des applications particulièrement exigeantes, la consommation reste généralement comprise entre 40 et 50 W dans les scénarios que nous avons testés. Ces chiffres sont assez impressionnants lorsqu'on les compare aux performances obtenues, notamment dans Logic Pro, Final Cut Pro ou les jeux vidéo.
Cette efficacité se traduit directement par un dégagement de chaleur limité, et une ventilation quasi inaudible. Même après plusieurs minutes de calcul intensif, le Mac mini reste une machine particulièrement agréable à utiliser, sans les nuisances sonores que l'on peut rencontrer sur certaines stations de travail. Dans un studio d'enregistrement, c'est du bonheur !
La faible consommation présente également un intérêt pour ceux qui souhaitent utiliser le Mac mini comme serveur personnel, machine de développement etc. Avec seulement quelques watts au repos, la facture électrique reste contenue, et l'on peut même envisager une alimentation autonome pour certains usages mobiles. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles nous apprécions autant ce format chez Mac4Ever, puisqu'il permet de disposer d'une puissance importante sans les contraintes habituelles des grosses stations de travail.
Mac mini M6 ou M5 Pro : faut-il vraiment payer plus cher ?
Après tous ces tests, la question du choix entre le M6 et le M5 Pro n'est pas si évidente. Sur le papier, la puce Pro conserve évidemment des avantages importants, avec plus de cœurs CPU et GPU, une bande passante mémoire supérieure et une connectique Thunderbolt 5. Pourtant, dans la pratique, nous avons constaté que le M6 standard parvenait à rivaliser avec des puces Pro précédentes dans un nombre impressionnant de situations, et même à dépasser certaines configurations plus coûteuses sur des tâches spécifiques.
Pour de la bureautique, du développement classique, de la retouche photo, de la production musicale ou du montage vidéo relativement traditionnel, le M6 possède déjà une réserve de puissance considérable. Ses performances monocœur sont excellentes, son GPU a énormément progressé et ses moteurs d'encodage vidéo permettent d'obtenir des résultats parfois surprenants. Dans ces conditions, investir plusieurs centaines d'euros supplémentaires dans une puce Pro n'apportera pas nécessairement un gain perceptible au quotidien.
En revanche, les utilisateurs qui travaillent régulièrement avec DaVinci Resolve, des scènes 3D complexes, des effets vidéo lourds ou de gros modèles d'intelligence artificielle auront davantage intérêt à choisir une configuration Pro. La bande passante mémoire supérieure et les ressources graphiques supplémentaires permettent alors de gagner un temps précieux, notamment lorsque les calculs durent plusieurs minutes ou plusieurs heures.
Le problème vient surtout du positionnement tarifaire de cette génération, car Apple demande désormais des sommes astronomiques pour accéder à certaines configurations. Le Mac mini M6 démarre à 1 049 €, avec seulement 16 Go de mémoire et 256 Go de stockage, tandis qu'une version équipée de 24 Go de RAM et d'un SSD de 1 To approche les 1 800 €. À ce niveau de prix, on commence déjà à se poser la question de l'intérêt d'un Mac mini face à d'autres machines du catalogue.
Bilan : où est passé le Mac abordable ?
C'est probablement notre plus grosse déception avec cette nouvelle génération. Pendant longtemps, le Mac mini représentait l'une des meilleures portes d'entrée dans l'univers Apple, notamment pour ceux qui possédaient déjà un écran et des périphériques. Avec son format compact et ses performances souvent très convaincantes, il permettait de profiter de macOS sans investir dans un iMac ou un MacBook coûteux. Mais à 1 049 € en entrée de gamme, il commence sérieusement à perdre de son intérêt.
Le problème ne vient pas uniquement du prix de départ, mais surtout des configurations proposées. Avec 256 Go de stockage, le modèle de base impose des compromis assez importants, alors que les performances de la puce M6 donnent justement envie d'utiliser des applications exigeantes. Pour disposer d'une machine plus équilibrée, avec 24 Go de mémoire et 1 To de SSD, il faut débourser près de 1 800 €, une somme qui paraît difficile à justifier pour un ordinateur vendu sans écran, sans clavier et sans souris.
Les tarifs des modèles M5 Pro sont encore plus problématiques, puisqu'ils dépassent rapidement les 2 000 €, voire les 3 000 € lorsque l'on ajoute de la mémoire et du stockage. À ce niveau, il devient indispensable de comparer les configurations avec le Mac Studio, dont les puces Max offrent davantage de puissance et de polyvalence pour les usages professionnels. Nous avons d'ailleurs du mal à recommander certaines configurations très haut de gamme du Mac mini, tant leur rapport performances/prix devient discutable. (En Suisse, les tarifs restent légèrement plus avantageux, notamment grâce à une TVA de 8,1 %)
Le Mac mini M6 demeure un excellent ordinateur, probablement l'un des plus impressionnants de sa catégorie sur le plan technique, mais Apple semble avoir perdu une partie de ce qui faisait son intérêt historique : proposer une machine compacte et puissante à un prix relativement accessible. Il faut également rappeler que les options de mémoire et de stockage ne peuvent pas être modifiées facilement après l'achat, ce qui oblige à bien réfléchir à ses besoins dès la commande. Pour un utilisateur qui souhaite conserver son ordinateur pendant cinq ou six ans, il peut être tentant d'investir immédiatement dans une configuration plus généreuse, mais la facture grimpe alors très vite. C'est pourquoi nous recommandons de privilégier les options réellement utiles, notamment la mémoire vive, tout en envisageant le stockage externe pour limiter les dépenses.
Si vous possédez déjà un Mac mini M4 de base, le M6 apporte des gains importants, notamment dans les applications qui exploitent fortement le CPU ou le GPU. Les performances graphiques progressent considérablement, tandis que les nouveaux cœurs permettent d'obtenir d'excellents résultats dans Logic Pro et certaines applications professionnelles. Pour autant, cela ne signifie pas qu'il faille absolument remplacer une machine encore récente, car le M4 reste parfaitement capable de gérer la majorité des usages courants.
La question est beaucoup plus facile pour ceux qui utilisent encore un Mac mini M1 ou M2, puisque le saut générationnel devient vraiment spectaculaire. Entre les progrès du processeur, les performances graphiques, l'évolution de la connectique et l'amélioration des Media Engine, le M6 offre une expérience bien plus confortable dans les applications exigeantes. Pour un utilisateur qui a conservé son Mac mini pendant des années, cette génération peut donc représenter une excellente occasion de renouveler son vieux Mac.
Mais quelle puce incroyable ! Le Mac mini M6 est si puissant qu'il pourrait faire hésiter sérieusement à passer au M5 Pro, faute de M6 Pro cette année. Malgré quelques défauts inhérents à cette machine (configuration de base insuffisante, prix des options, WiFi 7 limité, bouton sous la machine, absence de Thunderbolt 5...), ce modèle se montre performant dans toutes les situations, y compris du montage avancé, des jeux ou encore de la musique.