C'est l'ANSSI qui a tiré la sonnette. Le 8 juin, la DINUM l'a confirmé. Tchap, la messagerie chiffrée des agents de l'État, s'est fait pirater. Pas par une faille technique. Par un simple compte d'agent volé. Le pirate revendique plus de 73 000 comptes et 643 000 messages, raflés sur trois ans. Bonne nouvelle quand même, les conversations privées chiffrées seraient restées hors d'atteinte.
Un compte volé, pas une faille de chiffrement
Tordons le cou à une idée tout de suite. Tchap n'a pas été cassée. Le 7 juin, l'ANSSI repère une activité louche sur les serveurs. Le lendemain, la DINUM officialise. Et là, surprise, rien de sophistiqué. Un pirate a récupéré les identifiants d'un agent. Le point d'entrée, un compte de l'Éducation nationale, visiblement. Il s'en est servi comme passe-partout. Le maillon faible, c'est l'humain. Encore et toujours.
Ce que le pirate revendique
Le butin annoncé donne le tournis. 73 467 comptes d'agents. 643 459 messages. 876 salons et leur historique. 13,5 Go en tout. Trois ans d'échanges, de juin 2023 à juin 2026. Plus de 70 000 utilisateurs touchés. Une précision, quand même. Ces chiffres viennent du pirate. Rien n'est officiellement confirmé. À prendre avec des pincettes.
Le chiffrement a fait son boulot
Et c'est là que ça se corse. Les conversations privées de Tchap sont chiffrées de bout en bout. Compte volé ou pas, leur contenu reste illisible. Ce qui a fuité, surtout les salons publics. Ces espaces ouverts où l'historique traîne. Le compte pirate s'y est baladé. Il a tout aspiré, sans déclencher le moindre blocage. Le chiffrement a tenu. Mais tout ce qui n'était pas privé est passé à la trappe.
On en dit quoi ?
Voilà un piratage qu'il faut savoir nuancer. Oui, c'est gênant pour une messagerie vendue comme la plus sûre de l'État. Mais non, personne n'a percé son chiffrement. Et ça rappelle une évidence. La meilleure sécurité ne vaut rien si un mot de passe d'agent traîne dans la nature. Reste une question. Qu'ont bien pu écrire des dizaines de milliers de fonctionnaires dans des salons qu'ils croyaient privés, et qui étaient publics ?