Après avoir publié hier soir des résultats historiques (pour un 2e trimestre), Apple a tenu sa traditionnelle conférence avec les analystes financiers. Un exercice souvent très encadré, mais qui a cette fois permis d’obtenir plusieurs informations intéressantes sur les ventes d’iPhone 17, le succès surprise du MacBook Neo, les tensions sur les composants et même la future arrivée de John Ternus à la tête du groupe.
L'iPhone roi du trimestre
Et visiblement, Cupertino fait actuellement face à un problème assez inhabituel : la demande est tellement forte qu’elle n’arrive tout simplement plus à produire assez de produits en temps et en heure.
Sans surprise, l’iPhone reste le booster absolu du groupe avec 57 milliards de dollars de revenus (+22 % sur un an), un record historique pour un trimestre de mars. Mais selon Tim Cook, Apple aurait pu faire encore mieux. Il a expliqué qu'un tel niveau demande pour la gamme iPhone 17 n'avait jamais été enregistrée (off the charts), et que les capacités de production n’ont pas suivi.
En cause : les nouvelles puces A19 et A19 Pro fabriquées par TSMC. Le fondeur taïwanais utilise les mêmes lignes de production 3 nm pour les processeurs dédiés à l’intelligence artificielle, un marché actuellement en explosion. Autrement dit, NVIDIA, AMD et les géants du cloud se battent désormais avec Apple pour accéder aux capacités de production les plus avancées.
Les contraintes étaient principalement liées à la disponibilité des nœuds avancés utilisés pour nos SoC, a expliqué Tim Cook. Selon Kevan Parekh, le directeur financier d’Apple, la gamme iPhone 17 est même devenue la plus populaire de l’histoire de l’iPhone. Cupertino estime également avoir gagné des parts de marché sur le trimestre.
Le MacBook Neo cartonne complètement
Autre grosse surprise de ce trimestre : le succès du MacBook Neo. Apple enregistre 8,4 milliards de dollars de revenus sur le Mac (+6 %), malgré là encore des tensions importantes sur les stocks. Tim Cook reconnaît que la demande a dépassé les prévisions internes et que certaines configurations sont déjà en rupture depuis plusieurs semaines.
Visiblement, Apple a sous-estimé l’intérêt du public pour cette nouvelle machine plus accessible. Le MacBook Neo semble particulièrement séduire deux catégories : les utilisateurs Windows qui switchent vers macOS et les clients qui conservaient leur ancien Mac depuis très longtemps.
Le pari est stratégique pour Apple. Après plusieurs années compliquées sur le marché du PC, Cupertino tente clairement d’élargir sa base installée avec une machine plus abordable sans sacrifier les performances.
Les Mac mini et Mac Studio victimes du boom de l’IA
Apple a également reconnu avoir totalement sous-estimé la demande autour des Mac mini et Mac Studio. Et la raison est assez intéressante : ces machines sont devenues extrêmement populaires pour les usages liés à l’intelligence artificielle.
Ce sont des plateformes incroyables pour l’IA et les outils agentiques, et la prise de conscience des clients arrive plus vite que prévu, explique Tim Cook. Résultat : là encore il faudra prendre son mal en patience : Apple estime qu’il faudra plusieurs mois avant de retrouver un équilibre normal entre l’offre et la demande. Mais cela pourrait aussi stimuler la demande — les utilisateurs poussés par cet effet d'offre bien inférieure à la demande.
Les coûts mémoire deviennent un vrai problème
Derrière ces excellents résultats se cache aussi une inquiétude plus discrète : l’explosion du coût de la mémoire. Tim Cook a confirmé qu’Apple subissait déjà une hausse importante des prix sur le trimestre de mars, mais surtout que la situation allait empirer dans les prochains mois.
Entre la montée en puissance de l’IA, les besoins des serveurs et les nouvelles générations de produits toujours plus gourmandes en RAM, Apple s’attend désormais à une pression croissante sur ses coûts de production. Une situation qui pourrait finir par impacter les prix des futurs produits.
ET les services ?
Comme à chaque trimestre, les Services restent la machine à cash la plus rentable de Cupertino. L’App Store, iCloud, Apple Music, Apple TV+ ou Apple Pay génèrent désormais 31 milliards de dollars de revenus trimestriels — un nouveau record absolu.
Apple annonce également avoir dépassé les 2,5 milliards d’appareils actifs dans le monde, un chiffre colossal qui permet d’alimenter en permanence la croissance des services payants.
One more things : John Ternus !
L’autre moment important de cette conférence concernait évidemment la future transition entre Tim Cook et John Ternus, qui deviendra officiellement CEO le 1er septembre 2026.
Tim Cook a réitéré un soutien particulièrement appuyé : Il n’y a personne sur cette planète en qui j’ai davantage confiance pour conduire Apple vers l’avenir. De son côté, John Ternus a laissé entendre qu’Apple préparait une feuille de route particulièrement ambitieuse : C’est la période la plus excitante de mes 25 années chez Apple.
Difficile de ne pas y voir une référence aux futurs produits autour de l’intelligence artificielle, mais aussi aux prochaines générations de Mac et d’iPhone.
Apple accélère encore dans l’IA
Enfin, Apple confirme que l’intelligence artificielle devient désormais une priorité absolue. Kevan Parekh parle d’un domaine d’investissement extrêmement important, tandis que Tim Cook confirme une accélération des dépenses en recherche et développement.
Le patron d’Apple assure également que la collaboration avec Google se déroule très bien, tout en précisant qu’Apple poursuit aussi ses propres travaux en interne.
Une déclaration qui arrive évidemment à quelques semaines seulement de la WWDC 2026, où Cupertino devra enfin convaincre qu’il peut rivaliser avec Microsoft, Google ou OpenAI sur le terrain de l’IA générative.
Une chose semble désormais certaine : Apple entre dans une nouvelle phase de son histoire. Une phase où la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement, les capacités de production IA et la guerre des semi-conducteurs deviennent presque aussi importantes que les produits eux-mêmes.