NBCUniversal et YouTube ont annoncé un partenariat pluriannuel qui prévoit d'intégrer Peacock à l'abonnement YouTube Premium aux États-Unis, à partir de début 2027 et sans supplément au lancement. C'est le plus gros accord de distribution jamais signé pour la plateforme de Comcast, et il confirme que la bataille du streaming se joue dans les bundles.
Un accord XXL
À partir de début 2027, les abonnés américains à YouTube Premium, facturé 15,99 dollars par mois, auront accès sans payer plus à Peacock Premium, la formule avec publicité que NBCUniversal vend aujourd'hui 10,99 dollars, et la version sans pub est à 13,99 dollars. Google ne promet rien sur le tarif définitif, et Peacock arrive dès cet été en option payante dans les Primetime Channels.
Du sport et des Minions
Les contenus seront intégrés à YouTube même, entre vos vidéos habituelles. On y trouvera le Sunday Night Football de la NFL, les Jeux olympiques, la NBA, la Premier League, mais aussi The Office, le Saturday Night Live et les films Universal, Minions compris. Pour Peacock, qui plafonne à 48 millions d'abonnés payants quand YouTube Premium en revendique plus de 125 millions dans le monde, l'exposition est inespérée. Le service de Comcast vient tout juste de boucler son premier trimestre rentable, après six ans de pertes.
La mode des bundles
Aux US, Disney vend déjà un abonnement commun avec Hulu et Max, et Comcast propose un StreamSaver qui regroupe Peacock, Netflix et Apple TV+ pour 15 dollars. L'accord avec Google va plus loin, puisqu'il ne s'agit plus d'additionner des abonnements mais de fondre le catalogue d'un studio dans la plateforme d'un autre. Résilier YouTube Premium en 2027 voudra aussi dire renoncer à la NFL, ce qui arrange évidemment Google. Côté français, il n'y a rien à attendre pour le moment. Peacock n'est pas distribué chez nous et reste bloqué géographiquement, YouTube Premium y coûte 12,99 euros par mois sans le moindre contenu en plus, et NBCUniversal se contente ici d'Universal+ à 5,99 euros par mois et de Hayu pour la téléréalité américaine.
On en dit quoi ?
L'industrie a passé quinze ans à expliquer que le câble était mort, et la voilà qui reconstruit des bouquets de chaînes, des options payantes et des tarifs qui grimperont une fois les clients installés. Pour l'abonné américain, l'affaire est plutôt bonne tant que le prix ne bouge pas, et on comprend que NBCUniversal préfère toucher une part des revenus de Google plutôt que de courir seul derrière Netflix. On peut se demander combien de temps les services de taille moyenne tiendront face à deux ou trois géants. En attendant, les abonnés américains vont en profiter, et nous, on regarde ça de loin.