Les clients de la boutique Chronodrive sur Amazon.fr ont reçu un mail très poli : tout s'arrête le 1er décembre 2026, livraison offerte des membres Prime comprise. Monoprix connaît le même sort. Derrière la formule de politesse, c'est Amazon qui a décidé seul de couper, au moment où son propre service de courses livrées le jour même monte en puissance en France.
Un divorce express
Le partenariat n'aura pas tenu deux ans. Chronodrive, l'enseigne de drive de la galaxie Mulliez, la famille derrière Auchan, avait ouvert sa boutique sur Amazon.fr à l'automne 2025 dans une poignée de villes test, avant d'étendre l'opération à l'ensemble de son réseau en janvier dernier. On y trouvait environ 10 000 références, des produits frais aux couches pour bébé, avec la livraison à domicile offerte pour les abonnés Prime sur les commandes éligibles. Tout le monde y gagnait sur le papier : Chronodrive touchait les clients d'Amazon sans monter sa propre logistique du dernier kilomètre, et Amazon mettait de vraies courses fraîches dans son panier français.
C'est Amazon qui a coupé
La nouvelle avait filtré fin septembre par la voix du président de Chronodrive, Thibaut Bayart : Amazon a décidé de mettre unilatéralement un terme à la collaboration. Chez Amazon, on préfère parler de simplifier le parcours d'achat et de passer d'un modèle de boutique dédiée à d'autres formes de collaboration avec les distributeurs alimentaires. La réalité est moins diplomatique. La firme de Seattle construit sa propre épicerie depuis des mois. Elle livre déjà le jour même, entre 19h et 22h, les abonnés Prime d'une quinzaine de villes françaises, et revendique plus de 170 millions de produits d'épicerie écoulés en France sur la seule année 2025. Monoprix y croyait depuis 2018. L'enseigne du groupe Casino quitte pourtant la plateforme dans la même fournée.
C'est le frais qui trinque
Pour le client, la perte dépasse la simple disparition d'une vitrine en ligne. L'épicerie maison d'Amazon se cantonne par chez nous aux produits non périssables, pâtes et conserves en tête, quand la boutique Chronodrive apportait aussi les yaourts et les légumes jusqu'à la porte. Ceux qui avaient pris l'habitude devront donc recommander directement chez Chronodrive et passer au drive, ou se tourner vers la concurrence.
On en dit quoi ?
Amazon a fait ses classes sur le dos de Monoprix et de Chronodrive, et referme la porte au moment précis où sa propre machine à livrer des courses tourne toute seule. C'est de bonne guerre, on va dire. Mais les autres formes de collaboration évoquées de part et d'autre ne recouvrent pour l'instant rien de concret, et le seul perdant clairement identifié dans l'affaire reste le client, qui perd un service le 1er décembre sans avoir eu son mot à dire. J'étais un habitué du service, et me voilà bien ennuyé.