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Les folles images des Jeux mondiaux des robots humanoïdes de Pékin

Par Laurence - Publié le

Du 22 au 26 août à Pékin, Pékin accueille la deuxième édition des World Humanoid Robot Games, une compétition mêlant épreuves sportives et situations professionnelles. Mais derrière le spectacle, se cache une réalité plus matérielle, car la Chine veut surtout démontrer que ses robots humanoïdes commencent à devenir suffisamment autonomes pour sortir des laboratoires.

Unitree Robotics
Unitree Robotics


PLUS RAPIDES QUE LES RECORDS HUMAINS



Organisés pendant cinq jours au National Speed Skating Oval de Pékin, les Jeux mondiaux des robots humanoïdes réunissent cette année 51 épreuves : 30 compétitions sportives et 21 scénarios reproduisant notamment des situations rencontrées dans les usines, entrepôts, restaurants ou interventions d’urgence.



Et les premières performances sont assez impressionnantes. Samedi, deux robots ont parcouru le 100 mètres en moins de 9,58 secondes, le record du monde établi par Usain Bolt.



Une progression spectaculaire puisqu’il y a tout juste une an, le robot vainqueur avait encore besoin de plus de 20 secondes. Les machines doivent toutefois encore apprendre à freiner : plusieurs ont terminé leur course dans un épais tapis installé quelques mètres après la ligne d’arrivée.

Les folles images des Jeux mondiaux des robots humanoïdes de Pékin


Le même modèle s’est également illustré sur 400 mètres avec un chrono de 39,7 secondes, contre 43,03 secondes pour le record du monde humain détenu par Wayde van Niekerk.

Cette augmentation des performances impose également de nouvelles contraintes en matière de gestion de la batterie et de dissipation thermique, deux éléments essentiels pour espérer faire travailler ces machines pendant plusieurs heures.





COURIR, C’EST BIEN. BRANCHER UN CÂBLE, C’EST MIEUX



Mais les épreuves les plus intéressantes ne sont probablement pas les plus spectaculaires. Plus de 40 % des compétitions nécessitent un fonctionnement totalement autonome des robots, selon Huawei, partenaire technologique de l’événement. Les humanoïdes doivent notamment charger un véhicule électrique, travailler dans un restaurant, déplacer des marchandises, réaliser des opérations d’assemblage industriel ou intervenir dans des situations d’urgence.



Une épreuve consiste même simplement à brancher un câble. Cela peut sembler beaucoup moins impressionnant qu’un sprint, mais l’exercice concentre une grande partie des difficultés auxquelles sont confrontés les humanoïdes : identifier précisément un objet, positionner correctement la main, aligner deux éléments, appliquer la bonne force et surtout être capable de corriger seul une erreur. Car le monde réel est rarement parfaitement organisé. Un colis peut bouger, un câble se présenter avec un mauvais angle ou un objet se trouver quelques centimètres plus loin que prévu.

World Humanoid Robot Games Pekin


LA CHINE VEUT DES ROBOTS VRAIMENT UTILES



Les organisateurs n’oublient pas pour autant le spectacle. Tir à la corde, haltérophilie, tai-chi ou encore pitch-pot, un jeu traditionnel chinois, sont également au programme. La startup pékinoise Galbot prévoit même un match de tennis entièrement autonome, avec des robots capables de suivre la balle, servir et effectuer des échanges en simple comme en double.

Les folles images des Jeux mondiaux des robots humanoïdes de Pékin


Mais pour Yu Chao, patron de Lumos Robotics, courir et sauter ne suffit pas. Ces compétitions permettent de perfectionner le matériel et de montrer les progrès réalisés, mais la véritable valeur d’un humanoïde apparaîtra lorsqu’il sera capable d’effectuer efficacement des tâches concrètes.

Les folles images des Jeux mondiaux des robots humanoïdes de Pékin


Qu’en penser ?



Ces Jeux constituent une impressionnante vitrine pour une industrie chinoise de la robotique en pleine accélération. Les chronos battant les records humains attirent évidemment l’attention, mais la véritable compétition se joue probablement dans les entrepôts, les usines et les entreprises.

Un robot capable de courir le 100 mètres en moins de dix secondes est spectaculaire. Un humanoïde capable de travailler plusieurs heures, de manipuler des objets imprévus et de corriger seul ses erreurs pourrait être beaucoup plus révolutionnaire.