Meta pourrait franchir un nouveau cap —certes controversé— avec ses lunettes connectées Ray-Ban. Selon une enquête du New York Times, le groupe travaillerait sur une fonctionnalité de reconnaissance faciale, baptisée en interne Name Tag, susceptible d’être déployée dès cette année.
Un timing assumé malgré les risques éthiques
D’après des sources proches du dossier, cette fonctionnalité est fortement soutenue par Mark Zuckerberg, qui y voit un moyen de différencier les Ray-Ban Meta des produits concurrents et de rendre l’IA embarquée réellement utile au quotidien. Le projet serait à l’étude depuis début 2024 au sein de Reality Labs, la division de Meta dédiée à la réalité augmentée et aux dispositifs immersifs.
D'après un document interne, Meta avait initialement prévu de lancer Name Tag lors d’une conférence destinée aux personnes malvoyantes, avant une diffusion plus large. Ce lancement n’a finalement pas eu lieu, mais le projet serait toujours d’actualité. Le mémo évoque même un contexte politique jugé favorable. En effet, la période de turbulences politiques aux États-Unis détournerait l’attention des organisations de défense des libertés civiles, traditionnellement très critiques à l’égard de ce type de technologie...
Cette stratégie marque un revirement notable. Il y a cinq ans, Meta – alors encore Facebook – avait pourtant fermé son système de reconnaissance faciale utilisé pour identifier automatiquement des personnes sur des photos, invoquant la nécessité de trouver le bon équilibre entre innovation et respect de la vie privée.
Des limites annoncées… mais des précédents inquiétants
L'objectif serait de permettre aux porteurs des lunettes d’identifier des personnes qu’ils croisent et d’obtenir des informations à leur sujet via l’assistant d’intelligence artificielle de Meta. Mais il ne s'agirait pas d’identifier n’importe quel individu. Meta étudierait plusieurs options, comme la reconnaissance de personnes connues de l’utilisateur via les plateformes du groupe, ou de comptes publics sur Instagram. En revanche, il ne serait pas possible, en théorie, de rechercher un inconnu au hasard.
Meta se veut rassurant dans sa communication officielle, alors même que les lunettes Ray-Ban Meta ont déjà été détournées à des fins peu honorables. En 2024, deux étudiants de Harvard avaient utilisé ces lunettes couplées au service de reconnaissance faciale PimEyes pour identifier des passants dans le métro de Boston, déclenchant une vive polémique. Meta avait alors rappelé la présence d’une LED blanche signalant toute capture vidéo.
Qu'en penser ?
Malgré ces controverses, les lunettes Ray-Ban Meta rencontrent un succès commercial indéniable. Le partenaire industriel de Meta, EssilorLuxottica, a indiqué avoir écoulé plus de sept millions d’unités en 2025, un chiffre qui conforte la stratégie du groupe. La concurrence pourrait toutefois s’intensifier rapidement. Selon Bloomberg, Apple préparerait le lancement de ses propres lunettes connectées d’ici la fin de l’année. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?