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Snap lance ses lunettes Specs à 2 295 euros, et son IA s'invite sur iPhone et Mac

Par Vincent Lautier - Publié le

Snap a ouvert les précommandes de ses lunettes de réalité augmentée Specs, affichées à 2 295 euros en France pour une livraison à l'automne. La marque en a profité pour présenter Specs Intelligence, un assistant censé anticiper vos besoins, qui débarque aussi sur iPhone et sur Mac. Des lunettes bien plus ambitieuses que celles de Meta, avec un tarif à la hauteur de l'ambition.

Snap lance ses lunettes Specs à 2 295 euros, et son IA s'invite sur iPhone et Mac


Des lunettes autonomes, pour de vrai



Présentées une première fois en juin, les Specs passent cette fois aux choses sérieuses. On parle de lunettes de réalité augmentée complètes, avec deux écrans intégrés directement dans les verres, un champ de vision de 51 degrés et des puces Qualcomm logées dans les branches. Tout fonctionne sans téléphone ni boîtier externe, et c'est la grosse différence avec les Ray-Ban Display de Meta, vendues 799 dollars mais limitées à un seul écran et pilotées par un bracelet.

Ici, vos mains suffisent : deux caméras suivent vos gestes pour naviguer dans Snap OS, le système maison. Au programme, de la navigation GPS avec Mapbox, de la traduction en direct, du streaming HBO Max et Spotify, et même des jeux en réalité augmentée à plusieurs. Les premières prises en main décrivent un affichage lumineux et net, plus à l'aise dans la pénombre qu'en plein soleil. L'ensemble pèse 132 grammes, se décline en deux tailles et tient environ 4 heures en usage mixte. Il se dit aussi que les branches chauffent au bout d'une dizaine de minutes. Voilà qui promet en plein été.

Snap lance ses lunettes Specs à 2 295 euros, et son IA s'invite sur iPhone et Mac


Un design assumé, un tarif beaucoup moins



Evan Spiegel assume complètement l'allure massive de ses montures. Pour le patron de Snap, les entreprises qui déguisent leurs lunettes connectées en lunettes classiques font fausse route, avec un résultat qu'il juge franchement flippant. Les Specs jouent donc la carte inverse, épaisses et bien visibles. Il faudra par contre accepter la facture : 2 295 euros en France, où les livraisons débuteront à l'automne, en même temps qu'aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Comptez 200 dollars d'acompte remboursable en précommande outre-Atlantique, soit 2 195 dollars au total là-bas. Pour sortir sans Wi-Fi, Snap propose aussi un étui de recharge 5G vendu 200 dollars, avec un abonnement de 10 à 20 dollars par mois aux Etats-Unis selon l'opérateur, et Orange comme partenaire annoncé chez nous. La bonne nouvelle, c'est que la France fait partie de la toute première vague, un vrai changement pour Snap qui réservait jusqu'ici ses Spectacles aux développeurs américains.

Mais c'est quoi, Specs Intelligence ?



L'autre annonce intéressera directement les utilisateurs Apple. Specs Intelligence est présenté comme une IA anticipatrice : le service se connecte à vos comptes, apprend vos routines et vos priorités, puis affiche un rappel utile avant une réunion ou prépare vos informations de voyage sans qu'on lui demande quoi que ce soit. Sur les lunettes, il répond à la commande vocale Hey Specs. Sauf que voilà, pas besoin de lunettes : une version limitée existe déjà sur iPhone, une autre arrive sur Mac en accès anticipé, avec une liste d'attente ouverte depuis hier et un déploiement réservé aux Etats-Unis pour commencer. Snap promet au passage de ne pas entraîner ses modèles avec vos données et de ne pas y glisser de publicité. Une entreprise de réseaux sociaux qui installe son assistant directement sur l'iPhone et le Mac, pendant qu'Apple fait toujours patienter son Siri nouvelle génération, c'est un joli pied de nez.

Snap lance ses lunettes Specs à 2 295 euros, et son IA s'invite sur iPhone et Mac


On en dit quoi ?



C'est quand même le produit le plus abouti jamais proposé dans cette catégorie, et les premières prises en main sont bien plus enthousiastes que prévu. Sauf que 2 295 euros pour 4 heures d'autonomie et 51 degrés de champ de vision, ça fait cher la démonstration technologique, aussi impressionnante soit-elle. Snap ne va pas fort financièrement, l'action a dévissé ces derniers mois et certains investisseurs réclamaient même le départ d'Evan Spiegel. On comprend donc la logique : montrer que l'après-smartphone se prépare chez Snap, pas seulement chez Meta ou chez Apple.