Actualité

AR/VR

La police de l'immigration américaine ne veut plus de Ray-Ban Meta

Par Vincent Lautier - Publié le

Les lunettes connectées de Meta se vendent comme des petits pains, mais elles viennent de se faire claquer la porte au nez par un client de poids. La police américaine de l'immigration, l'ICE, interdit à ses agents de porter leurs Meta Ray-Ban personnelles sur leur lieu de travail, par crainte de fuites d'informations sensibles. Le plus fou dans l'histoire, c'est que la même administration veut ses propres lunettes, en pire.

La police de l'immigration américaine ne veut plus de Ray-Ban Meta


Une interdiction au nom de la vie privée



Dans une note interne révélée par le New York Times, le directeur par intérim de l'ICE, David Venturella, range les Meta Ray-Ban dans la même catégorie que les caméras-piétons. L'argument se tient, puisque ces montures embarquent une caméra et des micros capables d'enregistrer tout ce que voit et entend celui qui les porte. Le responsable écrit que ces appareils pourraient capter, enregistrer ou transmettre des informations sensibles sans le vouloir, au risque de compromettre la vie privée et certaines protections juridiques. La consigne vise l'ensemble du personnel dans les espaces de travail fédéraux, pas seulement les agents de terrain.

La police de l'immigration américaine ne veut plus de Ray-Ban Meta


Des images qui filent chez Meta



Le vrai problème est lié au caractère personnel de ces lunettes. Les vidéos ne restent pas sur l'appareil, elles se synchronisent via l'application de Meta et transitent potentiellement par ses serveurs, donc en dehors des systèmes contrôlés par l'administration. Quand ces images sont susceptibles de contenir des visages, des documents ou des données confidentielles, on comprend la frilosité. Le ministère de la Sécurité intérieure, dont dépend l'agence, précise d'ailleurs que rien n'est vraiment nouveau, les caméras-piétons personnelles et les enregistrements non autorisés ayant toujours été proscrits. Reste que des agents de l'ICE et de la Border Patrol ont bel et bien été aperçus avec ces lunettes lors de manifestations et d'opérations ces derniers mois, certaines semblant filmer le public.

La police de l'immigration américaine ne veut plus de Ray-Ban Meta


Le gouvernement préfère ses propres caméras



Là où l'affaire prnd une autre tournure, c'est que l'administration n'a rien contre les lunettes connectées sur le principe. Elle les veut juste maison. Dans son projet de budget présenté en avril, le ministère a réclamé 7,5 millions de dollars pour développer son propre prototype dédié aux opérations d'immigration. L'appareil servirait à identifier des personnes en temps réel en s'appuyant sur des bases de données biométriques et la reconnaissance faciale. On interdit donc la caméra grand public, mais pour la remplacer par un modèle bien plus intrusif.

On en dit quoi ?



Le raisonnement de l'ICE sur la protection des données se défend très bien sur le papier, sauf qu'il sonne un peu creux venant d'une agence qui rêve tout haut de lunettes à reconnaissance faciale branchées sur un fichier biométrique. On protège la vie privée d'un côté, on prépare la surveillance de masse de l'autre. Et l'ICE n'est pas seule à se méfier des Meta Ray-Ban, l'État de New York les ayant bannies de ses tribunaux, tout comme quelques commerces et restaurants soucieux des enregistrements clandestins.