Ce 1er février 2026, la 68ᵉ cérémonie des Grammy Awards s'est tenue —comme d'habitude— à Los Angeles. L’événement récompensait les meilleurs albums et singles sortis entre le 31 août 2024 et le 30 août 2025, une période particulièrement dense pour l’industrie musicale, avec une certaine influence des plateformes de streaming !
Kendrick Lamar, l’homme fort de l’année
Sans grande surprise, Kendrick Lamar s’impose comme l’artiste le plus marquant de cette édition. Déjà auréolé de cinq récompenses l’an dernier grâce au single Not Like Us, initialement conçu comme une diss track visant Drake, le rappeur californien revenait cette fois avec son album GNX.
Résultat : neuf nominations, un record cette année, et cinq prix remportés, soit le plus haut total pour un artiste lors de cette cérémonie. Une consécration supplémentaire pour Lamar, dont l’influence artistique et politique continue de peser lourd dans le paysage musical américain.
Lady Gaga, Bad Bunny et les poids lourds de 2025
Lady Gaga figurait parmi les grandes favorites avec MAYHEM, un album dont le succès critique et commercial ne s’est jamais démenti. Son producteur, Cirkut, a d’ailleurs remporté le prix très convoité de producteur de l’année, devant Dijon et Sounwave.
Mais pour le plus grand bonheur d'Apple (qui a misé sur lui pour le concert de la mi-temps du Superbowl LIX), Bad Bunny s’est imposé dans l’une des catégories les plus prestigieuses : meilleur album de l’année, grâce à DeBÍ TiRAR MáS FOToS. Un disque ouvertement politique, salué pour sa capacité à mêler engagement, culture latino et efficacité pop. L’artiste portoricain comptait six nominations, tout comme Sabrina Carpenter, mais c’est bien lui qui repart avec le trophée majeur.
Billie Eilish et Doechii, les retours gagnants
La présence de Billie Eilish (autre chouchoute d'Apple souvenez-vous) parmi les nommés avait de quoi surprendre, l’artiste n’ayant pas sorti d’album cette année. C’est finalement le single Wildflower qui lui a permis de revenir sur le devant de la scène… et de prendre sa revanche. Après être repartie bredouille lors de la précédente édition, Billie Eilish remporte cette fois le Grammy de la chanson de l’année.
Autre retour remarqué : celui de Doechii. Son titre Anxiety, officiellement publié en mars, lui permettait de redevenir éligible. Elle repart avec le prix du meilleur clip vidéo, un an après être entrée dans l’histoire en devenant la troisième femme sacrée meilleure artiste rap.
Apple, streaming et nouvelles passerelles culturelles
Cette édition 2026 illustre aussi les liens de plus en plus étroits entre la musique, la tech et le streaming. Bad Bunny, Billie Eilish et Bad Bunny entretiennent une relation privilégiée avec Apple, que ce soit à travers Apple Music, des performances exclusives ou une mise en avant régulière dans l’écosystème de la marque. Leur succès critique et commercial conforte la stratégie d’Apple, qui continue d’investir lourdement dans la musique comme pilier culturel.
Plus largement, le monde du streaming s’invite désormais jusque dans les Grammy Awards. Le projet KPop Demon Hunters, emblématique de la convergence entre animation, K-pop et plateformes, témoigne de cette évolution : les frontières entre musique, séries et contenus numériques n’ont jamais été aussi poreuses, et l’Académie semble de plus en plus attentive à ces nouveaux formats.
Qu'en penser ?
En définitive, les Grammy Awards 2026 dressent le portrait d’une industrie musicale à la fois dominée par quelques figures incontournables et profondément transformée par les plateformes, les enjeux politiques et les nouvelles formes de diffusion. Entre Kendrick Lamar, Bad Bunny, Lady Gaga et Billie Eilish, la cérémonie consacre autant le succès que l’influence culturelle — un équilibre qui résume assez bien l’année musicale 2025.