John Elkann a fait le déplacement hier à Castel Gandolfo pour présenter au pape Léon XIV la toute nouvelle Ferrari Luce. Le président du constructeur de Maranello a même offert le volant de la voiture au Saint-Père en cadeau. Une mise en scène hautement symbolique pour la première Ferrari 100 % électrique jamais produite.
Une audience papale pour officialiser le virage électrique
La délégation italienne avait sorti le grand jeu. John Elkann (président) et Benedetto Vigna (directeur général) ont fait le déplacement ensemble jusqu'à la résidence d'été des papes, à Castel Gandolfo. Les images diffusées par la presse italienne montrent le pape Léon XIV installé à bord de la Luce, en train d'examiner l'habitacle et d'échanger avec les responsables du constructeur. Dans son communiqué, Ferrari parle d'un moment de valeur humaine et symbolique extraordinaire. Et pour marquer le coup, Elkann a remis au Saint-Père le volant de la voiture.
Une berline électrique signée Jony Ive
Comme on vous le racontait hier précédent article, la Luce est la première Ferrari 100 % électrique et aussi la toute première Ferrari cinq places de l'histoire de la marque. Elle est facturée 550 000 euros, embarque une batterie de 122 kWh pour 530 km d'autonomie, et son design est confié au cabinet LoveFrom de Jony Ive, l'ancien designer en chef d'Apple que vous connaissez bien ici, en collaboration avec Marc Newson. Les premières livraisons sont attendues pour le dernier trimestre 2026 depuis la nouvelle usine de Maranello. Bref, l'antithèse parfaite des V12 hurlants qui ont fait la légende du Cheval cabré depuis 1947.
Une symbolique soigneusement calculée
Le choix du nom n'est évidemment pas un hasard. Luce signifie lumière en italien, et la lumière reste un des symboles les plus puissants de la tradition chrétienne. Présenter cette voiture à un pape qui multiplie depuis son élection les prises de parole sur l'éthique des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle, ça ressemble à une opération de communication assez fine. D'autant que Ferrari en avait bien besoin : l'action a chuté de plus de 6 % sur la Bourse de Milan après la présentation du modèle, et l'ancien président Luca Cordero di Montezemolo a publiquement exprimé ses réserves sur le virage électrique. Bénir le projet par un Saint-Père, c'est une manière élégante de répondre.
On en dit quoi ?
Honnêtement ? L'opération est bien ficelée, mais ça reste une opération marketing. Présenter une voiture à 550 000 euros au chef de l'Église catholique, dont le message porte beaucoup sur la sobriété et l'attention aux plus pauvres, il y a un petit décalage quand même non ? Cela dit, Ferrari joue habilement : associer son premier modèle électrique à une figure morale qui parle d'éthique tech permet de désamorcer une partie des critiques internes, celles des fans nostalgiques du V12 qui voient ce virage comme une trahison.