Alpine Suisse nous a récemment proposé un petit road-trip entre Zurich et Locarno, en passant par les petites routes autour du col du Brünig... le tout, en Alpine A390 GT ! Comment refuser une telle invitation, et surtout, le plaisir de vous faire découvrir ce véhicule ?
Avec Julien (de la chaîne "Simplement Julien"), nous avons donc pris la route pour la première fois à bord de ce Sport Fastback comme l'appelle le constructeur, à mi-chemin entre un coupé, un cross-over et berline sportive.
Un essai plus complet de la voiture sur un long trajet arrivera à la fin de l'été... il s'agit ici d'un premier contact, d'une "mise en bouche" avant d'en prendre le volant sur plus de 2000Km courant août !
Un look qui fait mouche
Cet alignement d'A390 bleu Alpine Vision donnait presque des allures de départ de rallye !
Si le design parait parfois clivant sur les réseau, la réalité est souvient bien différente : quelque soit le lieu où nous nous sommes arrêtés, les passants n'ont cessé de prendre en photo les voitures, jusqu'à nous demander parfois de voir l'intérieur !
J'aime beaucoup les proportions, je trouve le dessin très réussi, et malgré un arrière très fastback, Julien est parvenu à s'installer à l'arrière sans devoir baisser la tête, même si la place aux jambes était... compliquée.
Bref, sans vouloir paraitre un brin chauvin, il y a de quoi être fier de voir que l'Europe, et notamment la France, est encore capable de sortir de jolis bolides qui feront certainement rêver les enfants. Ça change des Megane et des Scenic !
La config !
Notre modèle était donc une Alpine A390 GT, équipée des jantes forgées 21'' SNOWFLAKE DIAMANTÉES NOIR BRILLANT et des pneus Michelin Pilot Sport 4S "A39" spécifiquement développés pour Alpine.
Pour le reste, on retrouve donc les caractéristiques suivantes :
Batterie et autonomie • Batterie : 89 kWh (NMC) • Autonomie WLTP : jusqu'à 557 km (503 en GTS) • Consommation WLTP : 18,7 kWh/100 km
Motorisation • 3 moteurs électriques ( 1 à l'avant et 2 à l'arrière) • Transmission intégrale (AWD) • Puissance : 400 ch (295 kW) (vs 470 en GTS) • Couple : 661 Nm (vs 824 nm) • 0 à 100 km/h : 4,8 s (vs 3,9s) • Vitesse maximale : 200 km/h (vs 220 ch) • Alpine Active Torque Vectoring grâce aux deux moteurs arrière.
Cette version GT est donc un peu moins performante que la GTS, mais elle affiche quand-même 400 chevaux répartis sur 3 moteurs. Elle possède donc elle-aussi l'Active Torque Vectoring (voir plus bas), et un couple de 661 nm, des spécifications déjà bien suffisantes pour s'amuser sur les petites routes de montagne.
On pourra regretter le poids assez conséquent (2,2t), soit presque le double d'une A110, et environ 200 à 300Kg de plus qu'une Tesla Model 3 performance ! Mais comme pour toutes les voitures électriques sportives, ce supplément de masse est largement compensé par la puissance moteur, et la gestion du couple, mais la physique vous rappelle quand-même parfois à l'ordre quand il faut venir stopper rapidement l'engin.
Côté freinage justement, on retrouve des étriers de frein avant monobloc à 6 pistons rouge Racing et des disques de 365 mm à l'avant et 350mm à l'arrière.
Active Torque Vectoring : impressionnant !
En été, les petites routes du col du Brünig sont assez chargées, et les radars omniprésents, de quoi calmer nos ardeurs... car les courbes, elles, sont un appel à envoyer les Watts !
Spécificité de cette A390, l'Active Torque Vectoring utilise les deux moteurs arrière pour vous venir littéralement vous éjecter dans les virage. Au lieu de venir freiner la roue intérieure, comme avec la plupart des différentiels actifs, le système d'Alpine va ici venir accélérer la roue extérieur, ce qui offre une sensation totalement unique sur le marché.
On se retrouve ainsi à réaliser des passage en courbe à des vitesses assez élevées, et avec le sensation d'être projeté à l'intérieur de la courbe, mais sans survirage -l'effet est impressionnant et rassurant à la fois.
Le châssis est d'excellente facture, comme toujours chez Alpine, tout comme la direction, très précise, notamment grâce à cet excellent volant (totalement inédit, lui) qui offre une excellente préhension en virage.
Le freinage est efficace, mais manque un peu de précision en début de course, comme le fait remarquer Julien dans la vidéo. La réponse de la pédale est en effet un peu flou sur les premiers centimètres, peut-être car les plaquettes ne sont pas appelées immédiatement avant la régénération. A part ça, rien à dire, les 2,2t sont stoppées en quelques secondes et les étriers sont parfaitement calibrés pour le véhicule.
Un intérieur... de Scenic ?!
C'est peut-être le seule petite déception de cette A390 : l'intérieur manque un peu d'exclusivité.
Pourtant, les finitions sont plutôt correctes, avec des plastiques moussés, des inserts en carbone et des sièges de très bonne facture. Mais cette planche de bord façon Renault Scenic parait bien grossière pour un véhicule à vocation sportive.
Outre l'absence d'effet wahou, les équipements sont aussi un peu chiches : pas d'afficheur tête haute, pas de sièges massants ni ventilés, pas de toit panoramique, un seul porte-gobelet et un unique chargeur sans-fil... Sur un segment premium, on attendait sans doute un meilleur niveau de confort et d'équipement. D'ailleurs, il nous a paru difficile de trouver une bonne position de conduite, les sièges manquaient de réglages, notamment sur la profondeur d'assise.
Pour le reste, on apprécie de retrouver un véritable Android Automotive, qui offre un excellent planificateur d'itinéraire, un vrai Google Maps, et une instrumentation plutôt complète. Renault à fait les bons choix en matière de connectivité, peut-être qu'une meilleure intégrations de ces écrans ultra-massifs auraient permis d'offrir un sentiment plus haut-de-gamme, d'autant que la sono -signée Devialet- est plutôt de bonne facture.
Recharge (pas si) rapide
Avant de rendre la voiture, nous avons tenté un arrêt recharge, annoncé pour 30mn entre 10 et 80%. Coup de chance, après plus de 300Km à jouer sur les petites routes tessinoises, l'A390 n'affichait plus que 10% de batterie.
La consommation était autour de 25 kWh/100Km, ce qui est assez moyen vu le trajet emprunté.
• Charge AC de série : 11 kW triphasé • Charge AC optionnelle : 22 kW • Charge DC : jusqu'à 150 kW vs 190 • 15 à 80 % : environ 29 minutes (25 GTS)
Compatible : * V2L (Vehicle-to-Load) * V2H (Vehicle-to-Home) * V2G (Vehicle-to-Grid, selon les marchés/options)
En réalité, après 30mn, nous n'étions encore qu'à 70% et la courbe de charge semble indiquer que la voiture n'était pas totalement prête à maintenir la courbe comme annoncé. Pourtant, nous avions bien pré-conditionné la batterie et nous avions déjà roulé une bonne heure et demi avant la station Fastned. Les bornes (des Alpitronics) sont les références du marché... Un bug peut arriver, mais l'installation semblait moderne et fonctionnelle.
A l'heure du 800V, on aurait certes préféré une charge en 15-20mn comme chez les allemands, mais s'arrêter 30mn après plus de 300Km n'est pas si dérangeant -il faut bien manger et faire la petite pause technique de rigueur.
Premier bilan
Mais quel pied ! Les équipes d'Alpine ont vraiment réussi à offrir à son A390 de véritables gênes sportif : le châssis est de très haut niveau, la direction précise et le torque-vectoring a fini de nous convaincre que cette voiture était la candidate idéale pour se faire plaisir le week-end sur les petites routes de montagne (mais pas que).
A l'inverse, pour le quotidien, elle n'est pas si pratique : la one-pédale est mal dosée, les caméras sont de piètre qualité pour les parking et la visibilité n'est pas géniale à l'arrière... La ville n'est clairement pas son terrain de prédilection, malgré un bon rayon de braquage et des dimensions plutôt raisonnables.
Sur autoroute, on aurait espéré une charge plus rapide et des consommations un peu plus faibles, car l'autonomie semblait arriver sous les 300Km à 130 -à confirmer durant notre essai complet. La voiture bénéficie en revanche de toute les aides à la conduite modernes issues du groupe Renault, comme le maintien dans les voies ou la lecture de panneaux. Cependant, pas de changement de voie automatique (contrairement au premium allemand) et la lecture de panneau n'a pas toujours bien fonctionné en Suisse, de même que le suivi des zones de chantier -à tester en France et plus longuement durant notre essai.
A l'arrivée, cette Alpine offre un positionnement intéressant vu les performances et les qualités techniques du véhicule, et le prix (dès 64 500 CHF et 67 100€) n'est pas si élevé au regard des aptitudes sportives de la voiture. Le constructeur a su rester sage en matière d'option, contrairement à BMW ou Mercedes. En revanche, on sent bien qu'Alpine a du multiplier les compromis pour ne pas faire exploser le budget, en réutilisant notamment une partie des intérieurs déjà développés dans le groupe. A vous de voir si ces éléments sont rhédibitoire... ou pas.