Rouler sans passer par la borne, voilà ce que promet le chinois Hongqi. Le constructeur présente un toit ouvrant solaire en pérovskite qui permettrait de parcourir jusqu'à 80 kilomètres par jour grâce au soleil, testé sur un prototype de son SUV électrique EHS7. Une promesse alléchante sur le papier, avec qiand même de sérieux obstacles avant la production en série.
La pérovskite plutôt que le silicium
Pour son toit, Hongqi a écarté le silicium cristallin des panneaux classiques, jugé trop fragile et pas assez efficace dans ce format. Ses équipes ont préféré la pérovskite, un minéral à base d'oxyde de calcium et de titane qui coche beaucoup de cases pour l'automobile. Les cellules qui en sont issues coûtent moins cher, pèsent moins lourd, restent fines et flexibles, et existent même en plusieurs couleurs. Monté sur l'EHS7, le prototype s'est montré convaincant selon la marque, au point que Hongqi envisage déjà d'étendre ces cellules à d'autres parties du véhicule, à commencer par le capot.
Un matériau qui déteste les toits de voiture
Le hic, c'est que la pérovskite cumule les fragilités. Elle craint l'eau, l'oxygène et les rayons ultraviolets, autrement dit à peu près tout ce qu'un toit de voiture encaisse au quotidien. La surface incurvée du verre a ajouté sa difficulté, puisqu'il a fallu plier légèrement le matériau sans le dégrader. Les équipes chinoises ont fini par sortir un prototype fonctionnel, mais le plus dur reste devant elles. Industrialiser un tel toit impose de revoir tout le processus de fabrication, avec un coût élevé et un retour sur investissement incertain.
Pas si simple
L'histoire invite à la prudence, mais Hongqi aborde le problème comme une source secondaire. Chez lui, le solaire n'est pas la source d'énergie principale mais un simple appoint, la batterie de traction restant chargée à la prise comme sur n'importe quelle électrique. En cas de ciel couvert, la voiture roule normalement. Pour la France, en revanche, il ne faut rien attendre dans l'immédiat, la solution vise d'abord le marché chinois.
On en dit quoi ?
L'idée du solaire en appoint est la bonne façon de prendre le problème, et c'est précisément ce qui distingue Hongqi. Les 80 kilomètres quotidiens annoncés demandent quand même à être vérifiés en conditions réelles, un toit de voiture n'étant pas exactement orienté plein sud à l'heure idéale. Si la promesse tient ne serait-ce qu'à moitié, l'argument commercial sera redoutable pour les petits rouleurs. On surveillera surtout la première voiture de série équipée, le vrai juge de paix de cette technologie.