Swipe, match, discussion… puis plus rien. Après des années de croissance, les applications de rencontre peinent à convaincre la génération Z, qui aspire de plus en plus à des échanges réels plutôt qu’à des conversations interminables derrière un écran. Confronté à une baisse continue de ses utilisateurs, Tinder mise désormais sur une stratégie inattendue : organiser des rencontres dans le monde réel.
LES JEUNES DÉLAISSENT PEU À PEU LES APPLICATIONS DE RENCONTRE
Le propriétaire de Tinder, Match Group, a publié des résultats trimestriels en demi-teinte. Les revenus de l’application ont reculé au deuxième trimestre, entraînant une chute de plus de 10 % de l’action en Bourse après la publication des résultats.
Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels continue également de diminuer, avec une baisse de 7 % sur un an. Certes, le recul est un peu moins marqué que lors du trimestre précédent (-8 %), mais Tinder n’a plus enregistré de véritable croissance de son audience depuis plus de trois ans.
Pour Spencer Rascoff, le nouveau directeur général de Match Group, cette évolution traduit un changement plus profond : les jeunes adultes veulent désormais rencontrer des personnes… en dehors de leur smartphone. Le comble pour une application de rencontre en ligne !
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TINDER PARIE SUR LES RENCONTRES... DANS LA VRAIE VIE
Pour répondre à cette nouvelle attente, Tinder accélère le déploiement de son onglet Events, lancé en mars dernier à Los Angeles. Le principe est de proposer directement dans l’application des événements organisés par des partenaires locaux, afin de permettre aux célibataires de se rencontrer naturellement.
Les activités sont variées : soirées dans des bars, bowling, rave parties, ateliers de poterie ou encore autres événements thématiques. Selon Tinder, 71 % des utilisateurs actifs âgés de 18 à 24 ans à Los Angeles ont consulté ou utilisé cette nouvelle fonctionnalité, un résultat jugé particulièrement encourageant.
75 VILLES D’ICI LA FIN DE L’ANNÉE
Face à ces premiers retours positifs, Tinder accélère. Après Los Angeles, l’onglet Events est désormais disponible dans plusieurs villes américaines et européennes. D’ici la fin septembre, il sera proposé dans 26 villes à travers le monde. L’objectif est encore plus ambitieux : 75 villes d’ici la fin de l’année 2026. Pour limiter les coûts, Tinder ne crée pas lui-même les événements. L’application s’appuie sur des organisateurs déjà présents localement et se contente de les rendre visibles auprès de ses utilisateurs.
Cette stratégie va bien au-delà de la simple organisation d’événements. Les études internes de Match Group montrent —sans vraiment de surprise finalement—que près d’un célibataire sur deux âgé de 18 à 29 ans souhaite vivre davantage d’expériences réelles avant de nouer une relation.
Plus intéressant encore pour Tinder, trois personnes sur cinq qui n’utilisent pas aujourd’hui l’application estiment que ces événements pourraient les convaincre de l’essayer. L’objectif est donc autant de recruter de nouveaux utilisateurs que de modifier l’image d’une catégorie de services parfois jugée fatigante, voire dépassée par une partie de la génération Z.
Qu’en penser ?
Le paradoxe est intéressant : après avoir largement contribué à numériser les rencontres amoureuses, Tinder cherche désormais à remettre ses utilisateurs… dans le monde réel. Cette évolution illustre un changement plus large des usages. Une partie de la génération Z semble se détourner des interactions exclusivement numériques au profit d’expériences plus spontanées et moins artificielles. Si cette stratégie fonctionne, Tinder pourrait progressivement devenir moins une application de rencontres qu’une plateforme facilitant des expériences sociales. Mais on ne sait pas trop si ces événements suffiront à inverser plusieurs années de baisse de fréquentation.