Des cadres d'Apple ont réservé des séjours prolongés dans des hôtels sud-coréens, à proximité des sièges de Samsung et SK Hynix. L'objectif : négocier de nouveaux contrats d'approvisionnement en mémoire DRAM avant l'expiration des accords actuels en ce mois de janvier 2026.
Une course à la mémoire
Selon le Korea Economic Daily, les équipes d'achat d'Apple ont pris leurs quartiers à Hwaseong, dans la province de Gyeonggi, où se concentrent les principales usines de mémoire sud-coréennes. La firme de Cupertino cherche à verrouiller des accords sur deux à trois ans pour garantir l'approvisionnement de ses futurs iPhone. Le contexte est tendu : les contrats à long terme signés précédemment arrivent à échéance ce mois-ci, et les prix ont explosé entre-temps. Une puce LPDDR5X de 12 Go, celle qu'on retrouve dans l'iPhone 17 Pro, coûtait environ 30 dollars début 2025. Elle atteint désormais 70 dollars, soit une hausse de plus de 130%.
L'IA aspire toute la production
Cette flambée des prix, vous le savez, s'explique par une réallocation massive des capacités de production. SK Hynix et Micron ont réorienté leurs lignes vers la mémoire HBM (High Bandwidth Memory), indispensable aux serveurs d'intelligence artificielle. Les puces utilisées dans les smartphones et ordinateurs portables passent au second plan. Résultat : l'offre de DRAM classique se raréfie alors que la demande reste soutenue. Les fabricants peuvent désormais se permettre de choisir leurs clients et d'imposer des primes substantielles. Samsung et SK Hynix prévoient d'ailleurs des hausses de 60 à 70% sur les contrats serveur au premier trimestre 2026.
Samsung rafle la mise
Dans ce contexte, Apple a consolidé sa relation avec Samsung, qui devient son fournisseur principal de mémoire pour l'iPhone 17. Le géant coréen fournirait entre 60 et 70% des puces LPDDR5X de la nouvelle gamme. Les exigences d'Apple dépassent les standards de l'industrie : ses spécifications vont au-delà des normes JEDEC, et seul Samsung serait capable de produire les volumes nécessaires pour 230 millions d'iPhone tout en respectant ces critères. Apple n'est d'ailleurs pas seul à faire le siège des usines coréennes. Dell, Google et Microsoft ont également dépêché des équipes sur place pour sécuriser leurs propres approvisionnements.
On en dit quoi ?
La situation montre un renversement de rapport de force assez inhabituel. Apple, habitué à dicter ses conditions, se retrouve à négocier en position de faiblesse face à des fournisseurs qui ont le vent en poupe. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut imaginer que la firme dispose de marges suffisantes pour absorber ces surcoûts sans nécessairement les répercuter sur les prix de vente. Mais si la pénurie persiste jusqu'à fin 2027 comme le prévoient certains analystes, les consommateurs pourraient finir par en ressentir les effets, avec des prix à la hausse…