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Cette société américaine veut empêcher Apple d’utiliser de la RAM chinoise ! Va-t-elle y arriver ?

Par Laurence - Publié le

La pénurie mondiale de mémoire continue de provoquer des tensions dans l’industrie des semi-conducteurs. Après avoir augmenté le prix de plusieurs produits en raison de cette situation, Apple cherche désormais à diversifier ses fournisseurs en se tournant vers les fabricants chinois ChangXin Memory Technologies (CXMT) et Yangtze Memory Technologies (YMTC). Mais cette stratégie ne plaît pas du tout à Micron, seul grand fabricant américain de puces mémoire, qui multiplie les démarches auprès de l’administration Trump pour faire échouer ce projet.

Apple RAM Micron


Un nécessaire élargissement des fournisseurs



Selon le Wall Street Journal, Tim Cook et plusieurs dirigeants d’Apple ont récemment rencontré des responsables de l’administration américaine, dont le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire au Trésor Scott Bessent. Leur objectif était d'obtenir l’autorisation d’utiliser des puces mémoire produites par CXMT et YMTC dans les appareils commercialisés en dehors des États-Unis, et non plus uniquement sur le marché chinois.

Cette demande intervient alors qu’Apple cherche à sécuriser son approvisionnement face aux tensions persistantes sur le marché de la mémoire. Selon plusieurs informations publiées ces dernières semaines, le groupe testerait déjà des puces DRAM développées par CXMT.

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Micron défend l'industrie américaine



Mais Micron voit cette perspective d’un très mauvais œil. Son directeur général, Sanjay Mehrotra, aurait averti plusieurs responsables américains qu’autoriser les entreprises chinoises à fournir Cupertino risquerait de fragiliser durablement l’industrie américaine de la mémoire.

Selon lui, les fabricants chinois bénéficient d’importantes subventions publiques qui leur permettent de proposer des prix particulièrement agressifs. À terme, cette concurrence pourrait affaiblir les acteurs américains, comme cela s’est produit dans d’autres secteurs industriels.

Micron affirme au contraire être capable d’atténuer la pénurie actuelle en accélérant la construction de nouvelles usines aux États-Unis et en augmentant ses investissements sur le territoire américain.

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Une bataille qui dépasse la simple pénurie



Cette confrontation intervient dans un contexte particulièrement sensible. CXMT et YMTC figurent parmi les entreprises chinoises considérées par Washington comme proches de l’armée chinoise. YMTC apparaît également sur la Entity List du département du Commerce, ce qui rend tout partenariat avec une entreprise américaine politiquement très sensible.

Apple soutient toutefois que ces composants seraient destinés aux appareils vendus hors des États-Unis, une nuance qui ne convainc pas ses opposants. Depuis près de deux ans, elle multiplie les annonces d’investissements aux États-Unis.L ’entreprise met notamment en avant son American Manufacturing Program, doté de 600 milliards de dollars, ainsi que ses partenariats industriels avec Intel et plus récemment Broadcom, dont un accord estimé à 30 milliards de dollars.

Ces investissements sont largement perçus comme une manière de renforcer ses relations avec l’administration américaine, alors même qu’Apple sollicite désormais une dérogation sur un sujet particulièrement sensible.

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Un choix difficile



Selon le Wall Street Journal, ce bras de fer place l’administration Trump dans une position inconfortable. Le dossier la place désormais face à un choix délicat entre compétitivité économique, sécurité nationale et souveraineté industrielle.

D’un côté, autoriser Apple à acheter des puces chinoises pourrait contribuer à réduire les coûts de production et, à terme, limiter la hausse des prix pour les consommateurs. De l’autre, une telle décision risquerait de fragiliser les efforts engagés depuis plusieurs années pour relocaliser la production de semi-conducteurs aux États-Unis et réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine.

Pour l’heure, la Maison-Blanche se contente d’indiquer qu’elle souhaite à la fois soutenir les investissements américains tout en préservant la sécurité nationale, sans préciser quelle orientation sera finalement retenue.

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Qu’en penser ?



Cette affaire illustre parfaitement les tensions qui traversent aujourd’hui l’industrie des semi-conducteurs. Pour Apple, accéder à de nouveaux fournisseurs est devenu un enjeu stratégique afin de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement et de contenir la hausse des coûts. Pour Micron, l’ouverture aux fabricants chinois pourrait en revanche accélérer la pression sur les industriels américains, déjà confrontés à une concurrence mondiale très intense. Au-delà d’Apple, la décision de l’administration Trump pourrait ainsi fixer un précédent important pour l’ensemble du secteur technologique américain.