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Direction Mars : le Japon s’apprête à récupérer des échantillons sur une lune de la planète rouge !

Par Laurence - Publié le

Et si les deux petites lunes de Mars détenaient une partie des secrets de la formation du Système solaire ? Ce lundi 19 octobre 21h41 pour nous, le Japon doit lancer la mission MMX (Martian Moons eXploration), avec un objectif inédit : se poser sur Phobos, récupérer des échantillons et les rapporter sur Terre. Une aventure spatiale de cinq ans, à laquelle participent notamment la France et l’Agence spatiale européenne.

Martian Moons eXploration Mars


Pourquoi les lunes de Mars intriguent-elles autant ?



Mars possède deux satellites naturels aux noms plutôt effrayants Phobos (peur) et Deimos (terreur). Malgré les nombreuses missions envoyées vers la planète rouge, leur origine reste mystérieuse. Deux hypothèses dominent : il pourrait s’agir d’astéroïdes capturés par la gravité martienne ou de débris issus d’une gigantesque collision avec Mars.

Pour départager ces scénarios, les observations à distance ne suffisaient plus et il fallait bien analyser directement leur composition. C’est précisément l’objectif de MMX, une mission dirigée par l’agence spatiale japonaise JAXA, avec la participation de la NASA, du CNES français, du DLR allemand et de l’ESA.

Image ESA
Image ESA


Un petit robot français et allemand sur Phobos



La mission repose sur un vaisseau principal chargé d’étudier les deux lunes martiennes, mais aussi sur un petit rover baptisé Idefix. Développé dans le cadre d’une coopération franco-allemande (conçu par le CNES et son homologue allemand, le DLR), cet engin de 25 kg kg interviendra sur Phobos pour examiner la texture et la composition de son sol. Pour cela, il sera largué d’environ 40 mètres de hauteur, et ce, sans aucun module d’atterrissage



Il devra également préparer l’arrivée du vaisseau principal, qui tentera ensuite de prélever des échantillons. Le défi est considérable : la gravité de Phobos est si faible qu’Idefix n’y pèsera que l’équivalent de 15 grammes sur Terre !

Le rover devrait fonctionner pendant environ trois mois, afin d’étudier la surface de Phobos et de préparer l’atterrissage de la sonde principale. Un véritable défi technique, compte tenu de la très faible gravité de cette petite lune martienne. Les ingénieurs ont donc développé des dispositifs spécifiques pour permettre au robot de se déplacer et à la sonde de prélever des échantillons sans risquer de s’éloigner de la surface. Au total, MMX embarque 11 instruments scientifiques, dont le spectromètre infrarouge français MIRS, installé sur la sonde principale. Celui-ci sera chargé de cartographier la composition de Phobos depuis l’orbite.



Un voyage de cinq ans, avec un retour prévu en 2031



Le lancement est programmé ce lundi 19 octobre à 21h41, heure française, depuis le centre spatial japonais de Tanegashima, à bord d’une fusée H3. Si tout se déroule comme prévu, MMX atteindra Mars en août 2027, avant de commencer ses observations rapprochées de Phobos en septembre.

Le calendrier prévoit ensuite plusieurs étapes :

• Début 2029 : déploiement du rover Idefix sur Phobos.
• 2030 : atterrissage du vaisseau principal et collecte des échantillons.
• 2031 : retour sur Terre d’une capsule contenant au moins 10 grammes de matière.


La capsule devra atterrir en Australie avant d’être transférée au Japon. Les échantillons seront ensuite étudiés par différents laboratoires internationaux, notamment européens.

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Qu’en penser ?



Avec MMX, le Japon s’attaque à une mission particulièrement ambitieuse : réaliser le premier retour d’échantillons provenant d’une lune de Mars. Au-delà de Phobos, ces quelques grammes pourraient apporter de précieuses informations sur l’histoire de Mars et la formation du Système solaire. La mission permettra aussi de tester des technologies utiles aux futurs retours d’échantillons martiens. Mais il faudra patienter : les premières réponses scientifiques ne sont pas attendues avant 2031, à condition que toutes les étapes se déroulent comme prévu.