Google vient de subir l’une des plus importantes sanctions boursières de son histoire. Au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels, Alphabet a perdu plus de 13 % en Bourse, effaçant près de 500 milliards de dollars de capitalisation en seulement 24 heures. La chute est spectaculaire, alors que le groupe affiche pourtant une croissance de 25 % de son chiffre d’affaires. Mais les investisseurs s’inquiètent de plus en plus pour son activité historique : la recherche sur Internet.
Des résultats records qui ne convainquent pas Wall Street
Sur le papier, les résultats trimestriels d’Alphabet ont pourtant de quoi impressionner. La maison mère de Google annonce un chiffre d’affaires de 127,6 milliards de dollars au troisième trimestre, en progression de 25 % sur un an.
La division cloud affiche notamment une croissance spectaculaire, avec des revenus qui ont doublé pour atteindre 30,7 milliards de dollars. Ces performances témoignent de la forte demande pour les infrastructures informatiques et les services liés à l’intelligence artificielle. Mais ces chiffres n’ont manifestement pas suffi à rassurer les investisseurs.
Au lendemain de leur publication, l’action Alphabet a chuté de plus de 13 %, entraînant la disparition de près de 500 milliards de dollars de capitalisation boursière. Il ne s’agit évidemment pas d’une perte de trésorerie pour Google, mais d’une baisse de la valorisation de l’entreprise sur les marchés financiers.
Google Search commence à inquiéter
La principale source d’inquiétude concerne l’activité publicitaire, qui constitue historiquement le cœur du modèle économique de Google. Certes, les revenus de Google Search ont encore progressé de 12 % au troisième trimestre. Mais la croissance des recettes publicitaires a déçu les analystes, enregistrant sa plus faible progression depuis cinq trimestres.
L'évolution est particulièrement surveillée avec le changement des habitudes d'utilisation. Avec l’essor des assistants conversationnels, de plus en plus d’utilisateurs peuvent désormais obtenir une réponse directement auprès d’une intelligence artificielle, sans nécessairement passer par une liste traditionnelle de résultats. Cette transformation pourrait progressivement modifier la manière dont les internautes découvrent des sites, des produits ou des services. Or, le modèle publicitaire de Google repose largement sur ces interactions.
L’intelligence artificielle, une arme à double tranchant
Google investit pourtant massivement dans l’intelligence artificielle et dispose de technologies capables de rivaliser avec celles de ses principaux concurrents. Le groupe développe notamment Gemini et a récemment intégré des réponses générées par IA dans son moteur de recherche, ce qui est plutôt pratique pour couper les sources.
Mais cette évolution pose une question économique importante. Si les internautes obtiennent directement leurs réponses grâce à l’IA, continueront-ils à cliquer autant sur les liens sponsorisés ? Google doit ainsi réussir à transformer son moteur de recherche sans fragiliser les revenus publicitaires qui ont largement contribué à sa croissance.
Mais la concurrence des assistants conversationnels représente un défi, même si les résultats publiés ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer une éventuelle perte d’utilisateurs au profit de ces nouveaux services.
Le cloud ne suffit pas à rassurer
La progression spectaculaire de Google Cloud montre que le groupe bénéficie lui aussi de l’engouement pour l’IA. Mais cette croissance ne semble pas avoir compensé les interrogations sur l’avenir de la recherche traditionnelle. Les investisseurs cherchent désormais à déterminer si les investissements considérables consentis dans l’intelligence artificielle permettront de préserver les marges et les revenus du groupe à long terme.
Qu’en penser ?
La réaction des marchés peut sembler paradoxale : Google affiche une croissance exceptionnelle, mais sa valorisation s’effondre. Cette chute illustre surtout les inquiétudes entourant l’évolution de son modèle économique historique. L’intelligence artificielle représente à la fois une formidable opportunité de croissance et une menace potentielle pour les revenus publicitaires de Google. Pour autant, une progression de 12 % des revenus de Google Search ne permet pas de conclure que les internautes abandonnent déjà massivement le moteur de recherche. Le véritable enjeu sera de déterminer si Google parvient à faire évoluer ses services vers l’IA tout en conservant la rentabilité de son activité publicitaire.