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Google envoie quatre puces d'IA avec SpaceX, mais il y a un problème

Par Vincent Lautier - Publié le

Le 1er octobre, une Falcon 9 de SpaceX emportera MVP, un petit satellite conçu par Google avec Planet, qui embarque quatre puces d'IA Trillium. L'idée est de vérifier que du matériel prévu pour les centres de données supporte la vie en orbite, avant d'y construire un jour de vraies fermes de calcul alimentées par le soleil. Un projet quelque peu ambitieux, qui commence tout petit.

Google envoie quatre puces d'IA avec SpaceX, mais il y a un problème


Gros comme un frigo



Le satellite décollera de la base de Vandenberg, en Californie, à bord de la mission partagée Transporter-18. Google l'a construit avec Planet, le spécialiste américain des satellites d'observation, et il n'a rien d'une station spatiale puisque l'engin fait la taille d'un réfrigérateur, avec des panneaux solaires qui fournissent environ 1 kilowatt, soit la consommation d'un sèche-cheveux. Il travaillera pendant un an sur une orbite héliosynchrone dite crépusculaire, qui longe en permanence la frontière entre le jour et la nuit. Là-haut, le soleil ne se couche presque jamais. Les quatre puces Trillium sont celles qui équipent aujourd'hui les centres de données de Google, à peine modifiées pour l'occasion.

Google envoie quatre puces d'IA avec SpaceX, mais il y a un problème


Mais pourquoi aller là-haut ?



L'IA dévore de l'électricité, et la Terre commence à fatiguer un peu comme vous le savez. Il faut des terrains, de l'eau pour le refroidissement, des réseaux électriques qui suivent, alors que sur cette orbite un panneau solaire produit jusqu'à huit fois plus qu'au sol. Google avait dévoilé ce projet Suncatcher en novembre 2025 et a déjà bombardé ses puces de protons au laboratoire Crocker, en Californie, pour mesurer leur résistance aux radiations. Dans le vide, par contre, pas de ventilateurs pour évacuer la chaleur. Par contre, les quatre puces ne peuvent calculer que quinze minutes d'affilée avant de devoir s'arrêter pour refroidir. En cas de plantage, ça redémarre tout simplement.

80 satellites dans les cartons



Deux autres satellites suivront en 2027 pour tester les liaisons laser qui permettront aux engins de se parler à très haut débit. Google imagine ensuite des grappes de 80 satellites volant en formation serrée, à moins d'un kilomètre les uns des autres, pour former un vrai centre de calcul spatial. La firme n'est pas seule sur le créneau, puisque Starcloud, soutenue par Nvidia, a déjà placé un GPU H100 en orbite fin 2025. Sauf que voilà, envoyer un kilo là-haut coûte très cher, alors que les propres calculs de Google demandent de descendre autour de 200 dollars le kilo d'ici le milieu des années 2030 pour que l'affaire tienne la route économiquement.

On en dit quoi ?



Un centre de données qui ne peut calculer que quinze minutes d'affilée, c'est très moyen quand même. Mais la démarche est saine en réalité. Alors que d'autres annoncent des constellations démesurées, Google publie ses mesures, admet ses soucis de refroidissement et commence par un démonstrateur minuscule pour voir ce qui casse. Faire tourner l'IA là où le soleil brille en continu est une idée intéressante sur le papier, à vérifier en conditions réelles, et tout dépendra du prix du kilo en orbite. En tout cas on préfère largement ce petit pas concret aux grandes promesses habituelles du secteur.