A l’occasion de la présentation de la nouvelle gamme de batterie Venus, le fabricant chinois Marstek nous a récemment proposé de visiter une partie de leurs chaînes de production situées au Nord-Est de Shenzhen, en Chine.
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Chose rare, nous étions habilités à filmer et à prendre des photos sans restriction, n’hésitez d’ailleurs pas à regarder cette petite vidéo de la ligne de production de la Venus E :
Marsrtek : 16 ans et une maîtrise de toute la chaîne
Si nous avons -comme beaucoup- découvert Marstek que très récemment, avec ses batteries au rapport qualité/prix inédit, la marque affiche en réalité déjà plus de 16 ans d’existence et d’expérience dans le domaine électrique.
Le fabricant fait en réalité partie d’un groupe déjà bien installé en Chine, sous la bannière Hame. Avant de créer des batteries solaires, ce dernier était essentiellement fournisseur d’équipements pour les professionnels, que ce soit des packs de batterie, des onduleurs, de BMS ou encore de systèmes de raccordement.
En effet, et contrairement à de nombreux concurrents, Marstek a la particularité de maîtriser toute la chaîne de valeurs, nous avons d’ailleurs pu voir la fabrication complète des cartes électroniques utilisées pour la gestion des cellules et de la connectivité, de la gravure à la soudure des différents composants.
Une carte mère d'onduleur Marstek
Outre la maîtrise des coûts et de la technologie, cela permet également à la marque de tracer chaque série durant la production et également d'isoler les lots pour la partie SAV.
Les composants des cellules électriques de Marstek
Au coeurs des chaînes de production
Le rendez-vous était donc pris au centre de Pingsan pour découvrir l’ouverture d’une nouvelle ligne de production ainsi que les nouveaux locaux du fabricant.
Ce qui frappe en premier, c’est l’échelle : Marstek possède tout un complexe de buildings qui abrite à la fois la fabrication, la conception et les bureaux dédiés aux équipes d’ingénieurs (R&D) ou encore du marketing. Si beaucoup s’attendent à trouver des usines à l’européenne au look très caractéristique, les lignes de production monopolisent en fait de simples étages d’immeubles très modernes, dont l’apparence ne trahit absolument pas l’usage.
Marstek possède donc ses propres locaux, mais loue aussi certains étages de bâtiments, notamment ceux de Chyton Chuangytong près de Huiyang. De ce qui nous est rapporté, il n'est en fait pas si courant de posséder réellement les lignes de production : seuls les grands groupes peuvent réellement se le permettre. Une ligne rassemble en moyenne une centaine d'employés sur 3000 m2 pour une production autour de 60 000 appareils chaque mois -mais c'est assez variable en fonction du type de produit fabriqué (batterie, onduleur etc.)
Des opérations encore très manuelles
On aurait pu s’attendre à trouver des robots à tous les étages, surtout près de Shenzhen -la Silicon Valley chinoise- et pourtant, de nombreux ouvriers s’activaient bel et bien sur les lignes de production.
Soudures, branchements électriques, packaging… les opérations les plus grossières restent manuelles, et nous n’avons ici croisé aucun cyborg humanoïde et autres mains artificielles, sans doute trop coûteux pour de simples batteries.
En revanche, les robots étaient bien présents sur place, et s’occupaient plutôt des tâches fines, comme la gravure des cartes électroniques, les soudures très précises, l’application de produits anti-corrosion ou encore le levage et le déplacement des unités.
Même le contrôle qualité, à la fois visuel et électrique, était très largement supervisé par des humains. Le fantasmes des usines 100% automatisées et sans lumière n’est donc pour l’instant l’apanage que de très grands groupes industriels, notamment dans l’automobile ou dans des industries de pointe, comme la gravure.
La sécurité, une priorité
La visite d’une usine impose souvent une tenue spécifique, pas toujours la plus fashion ! Blouse, sur-chaussures et casquette étaient ici de rigueur !
Mais contrairement à notre passage chez Lexar, pas besoin de traverser un sas aspirant et de passer à la désinfection, l’assemblage de batteries n’impose pas de mesures trop strictes. En revanche, chaque poste ou presque est équipé de protection anti-incendie et abrite souvent certains liquides censés endiguer les éventuels départs de feu. Les conditions d'humidité sont également controlés sur certains sites, : 25±3℃ et une humidité à moins de 30% autour des électrodes.
Les batteries, bien que fabriquées sur un autre site du constructeur, arrivent sur les chaînes de production des batteries solaires, sous forme de petits modules, de taille variable en fonction des modèles finaux. De même, les cartes électroniques sont souvent confectionnées à part, mais toujours chez Marstek. La partie électrique constitue également un risque d’électrocution pour les ouvriers, ce qui impose l’usage de gants isolants pour toutes les étapes de branchement et d’assemblage.
Pour les tâches les plus lourdes, les employés sont systématiquement assistés par des tapis roulants ou des bras électriques, il faut dire que certains modèles de batteries dépassent parfois les 80Kg !
Le site est évidemment très sécurisé, avec portiques, reconnaissance faciale et caméras un peu partout, y compris dans les bureaux. Mais en Chine, l’oeil de Sauron est littéralement partout y compris dans l’espace public -on n’y fait vite plus vraiment attention.
Des contrôles à chaque étape
Fort d’une solide expérience dans l’assemblage de cellules, Marstek impose à ses produits un contrôle qualité très minutieux.
Les boitiers, certifiés IP65, doivent pouvoir résister à la fois aux agressions extérieures, mais aussi à d’éventuels problèmes électriques et chimiques. L’usage d’un boitier 100% métallique permet de contenir toutes ces problématiques tout en assurant une bonne dissipation thermique.
Au moment de l’assemblage, les cartes sont malgré tout recouvertes d’un revêtement anti-corrosion qui submerge tous les composants ou presque. Quant au boitier, les ouvriers s’assurent qu’il est bien étanche et que les assemblages sont parfaitement alignés.
Des tests électriques sont également réalisés sur toutes les entrées/sorties, mais aussi sur la prise réseau, ce qui donne lieu à plusieurs étapes de validation. Tout défaut électrique, court-circuit ou malfonction fait systématiquement sortir l’unité défectueuse de la chaîne.
Les batteries sont également soumises à des tests d’ « aging », autrement dit, de charge/décharge. Pour éviter une usure inutile des cellules, seuls quelques cycles sont réalisés, afin de s’assurer que la capacité soit bien respectée. Juste avant la commercialisation, elles sont également chargées à 30% environ, ce qui semble le point idéal pour le stockage long.
Des tests plus poussés sont réalisés sur les modules, notamment la soumission à de fortes températures et pression. Marstek ne plaisante pas avec le sujet, et fait endurer à ses produits des conditions d’usage extrêmes. Il faut dire qu’en fonction du lieu de stockage (dehors, sous les panneaux, à la montagne…), les températures obtenues dans le boitier peuvent sensiblement varier.
On en dit quoi ?
En ouvrant ses lignes de production à la presse, Marstek tient à démontrer tout le sérieux et l’engagement pris ses équipes pour assurer un niveau de qualité digne de produits premium, malgré des tarifs plutôt serrés.
Si le niveau de fiabilité semble bel et bien au rendez-vous, il serait désormais temps pour la marque de mettre un coup de collier sur le R&D, et notamment la partie logicielle, clairement en retrait face à Zendure, Anker ou encore EcoFlow. Marstek nous a toutefois présenté la prochaine version de l’application, qui semble déjà plus agréable visuellement que la version actuelle.
On saluera évidemment la marque d’avoir joué le jeu de la transparence, ce qui n’est pas si courant dans le secteur. Leurs équipes sont d’ailleurs très à l’écoute des retours d’utilisateurs, et le SAV n’hésite pas à fournir des versions préliminaires des prochaines itérations, afin de régler des problèmes qui auraient été déjà corrigés.
Un grand Merci à Claudia et Jane pour nous avoir accompagnés sur les chaînes de production et l’on se donne rendez-vous très bientôt pour tester les nouvelles Venus E 4.0, Venus E Mini et Venus E Max sur Mac4Ever !
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