Anthropic vient de dévoiler Cowork, un outil qui permet d'utiliser les capacités de Claude Code sans avoir à toucher une ligne de commande. Disponible dans l'app Claude Desktop pour macOS, il cible les utilisateurs non-techniques.
Un Claude Code plus accessible
Cowork fonctionne de manière assez simple : vous désignez un dossier sur votre Mac, et Claude peut y lire, modifier ou créer des fichiers. Les instructions passent par l'interface de chat classique, sans terminal ni environnement virtuel à configurer. L'idée vient d'un constat : beaucoup d'utilisateurs de Claude Code s'en servaient pour des tâches qui n'avaient rien à voir avec le code. Recherche de vacances, organisation de photos, gestion d'emails... Boris Cherny, ingénieur chez Anthropic, explique que l'équipe a observé ces usages détournés et décidé d'y répondre.
Techniquement, Cowork repose sur le Claude Agent SDK, la même base que Claude Code. La différence se situe dans l'emballage : une interface moins intimidante et un sandbox préconfigé. Le système utilise VZVirtualMachine, le framework de virtualisation d'Apple, pour faire tourner un système Linux personnalisé en arrière-plan. Vos fichiers sont montés dans cet environnement isolé.
Des tâches concrètes, pas du code
Côté usage, Anthropic met en avant des exemples parlants : trier un dossier de téléchargements en renommant intelligemment chaque fichier selon son contenu, générer un tableur de dépenses à partir de captures de reçus, ou assembler un rapport depuis des notes éparpillées. Quand vous assignez une tâche, Claude ne se contente pas de répondre. Il élabore un plan, exécute les étapes en parallèle, vérifie son travail, et demande des précisions s'il bloque. Vous pouvez même empiler plusieurs tâches et le laisser travailler pendant que vous faites autre chose.
Sauf que voilà : Cowork reste en préversion et uniquement accessible aux abonnés Max (100 ou 200 dollars par mois). Les autres devront patienter sur liste d'attente.
Une puissance qui n'est pas sans risques
Anthropic prévient clairement des dangers : injection de prompts malveillants et suppression accidentelle de fichiers font partie des risques identifiés. La recommandation officielle ? Donner des instructions claires et non ambiguës. Simon Willison, qui a testé l'outil, soulève un point gênant : demander à des utilisateurs non-techniques de surveiller les actions suspectes, c'est un peu optimiste.
On en dit quoi ?
C'est quand même un pari intéressant de la part d'Anthropic. Prendre un outil de développeur et le rendre accessible au grand public, ça ne se fait pas sans risque. Le fait que l'équipe ait construit Cowork en dix jours, principalement avec Claude Code lui-même, dit quelque chose sur la maturité de leur système. Mais bon, limiter l'accès aux abonnés Max à 100 dollars minimum, ça cantonne l'expérimentation à ceux qui ont déjà les moyens. Et les avertissements sur la sécurité ressemblent un peu à un transfert de responsabilité vers l'utilisateur. Reste à voir si le grand public plongera là dedans ou si Cowork restera un jouet pour early adopters fortunés.