Voilà un nouveau front qui s'ouvre dans la bataille de l'IA ! En effet, entre révolution de l'application Santé ou intégrations au sein de ChatGPT, Anthropic n’entend pas laisser sa place sur ce segment. La startup américaine vient en effet de dévoiler Claude for Healthcare, une offre dédiée aux professionnels de santé, aux assureurs, aux acteurs des sciences de la vie… et aux patients.
Une IA connectée aux bases de données médicales de référence
L’objectif est de proposer des outils d’IA capables de s’intégrer aux systèmes médicaux existants. Mais il est aussi question d’accélérer les tâches administratives complexes et d’améliorer l’accès à l’information médicale, tout en respectant les exigences strictes de confidentialité.
Claude for Healthcare repose sur une série de connecteurs permettant à l’IA d’accéder directement à des bases de données standardisées du secteur médical. Parmi les intégrations annoncées figurent notamment la base de couverture Medicare afin d’aider à vérifier les conditions de remboursement et à accélérer les demandes d’autorisation préalable.
Mais aussi la classification ICD-10, qui est utilisée pour le codage des diagnostics et des actes médicaux, essentielle pour la facturation et la gestion des remboursements. Ou encore le registre national des identifiants de professionnels de santé, utile pour la vérification des praticiens et la gestion des réseaux de soins. Enfin, PubMed, qui donne accès à plus de 35 millions de publications scientifiques biomédicales pour produire rapidement des revues de littérature à jour.
Anthropic introduit également de nouvelles compétences agentiques, dont une dédiée au standard FHIR, clé de l’interopérabilité entre systèmes de santé, ainsi qu’un modèle de traitement automatisé des demandes d’autorisation préalable, personnalisable selon les règles internes des organisations.
Des usages concrets
Grâce à ces outils, Claude entend intervenir sur plusieurs fronts critiques du système de santé, comme réduire le temps de traitement des autorisations médicales, souvent longues et fragmentées, faciliter les recours en cas de refus de prise en charge, en consolidant automatiquement les données cliniques et réglementaires, aider à la coordination des soins, en triant et priorisant les messages patients ou les demandes internes, et enfin, soutenir les startups santé, notamment pour la documentation clinique, l’analyse de dossiers ou la prise de décision médicale assistée.
Ces capacités s’appuient sur les progrès récents des modèles Claude, en particulier Claude Opus 4.5, dont les performances sur des benchmarks médicaux et scientifiques ont nettement progressé, avec une réduction des hallucinations factuelles.
L’accès aux données de santé personnelles, sous contrôle
Anthropic ouvre également Claude à un usage plus direct par les patients. Pour le moment, aux États-Unis, les abonnés Claude Pro et Max peuvent connecter l’IA à leurs résultats de laboratoire et dossiers médicaux, via des intégrations comme HealthEx, Function, Apple Health ou Android Health Connect.
Claude peut alors résumer l’historique médical, expliquer des résultats complexes en langage clair, identifier des tendances dans les données de santé et préparer des questions pour les consultations médicales. Anthropic insiste toutefois sur les garde-fous : consentement explicite, contrôle total des données partagées, et aucune utilisation des données de santé pour entraîner les modèles.
Qu'en penser ?
Avec Claude for Healthcare, Anthropic s’inscrit pleinement dans la course à l’IA médicale, un secteur stratégique où se croisent enjeux économiques, réglementaires et sociétaux. Face à OpenAI, Google ou Microsoft, la startup mise sur une approche orientée interopérabilité, fiabilité et respect des standards cliniques, dans un contexte où l’IA pourrait profondément transformer la relation entre patients, soignants et systèmes de santé.