Min-Liang Tan, le DG de Razer, a partagé sa vision de l'intelligence artificielle dans le jeu vidéo. Son message est très clair : l'IA va complètement transformer l'industrie de fond en comble, mais selon lui, pas question de sacrifier les emplois pour autant. C'est une position qui détonne pas mal dans un secteur où les licenciements se multiplient.
L'IA absolument partout
Le patron du spécialiste des périphériques gaming ne mâche vraiment pas ses mots. L'IA va clairement tout perturber dans une industrie qui pèse 189 milliards de dollars. Que ça soit la façon dont les jeux sont développés, jusqu'à la manière dont les 3,6 milliards de joueurs en profitent. Sa société, Razer, a d'ailleurs déjà mis 600 millions de dollars sur la table pour accompagner ce virage inéluctable, avec l'ouverture d'un centre dédié à Singapour et le recrutement de 150 spécialistes en IA.
Si on regarde du côté des produits, la marque a déjà lancé Game Co-AI, un assistant qui scrute le joueur et lui donne des conseils en temps réel. Et puis il y a QA Co-AI, un outil dédié aux développeurs ,qui détecte automatiquement les bugs. Les tests internes annoncent 25 % de bugs détectés en plus et 50 % de temps économisé sur certaines phases de travail. Voilà de quoi quoi réduire une facture qui représente parfois 20 à 30 % du budget de développement d'un jeu.
Mais et l'emploi alors ?
Min-Liang Tan a aussi posté un message sur X qui résume assez bien la philosophie de Razer : L'IA est inévitable. Perdre son emploi à cause de l'IA, non. L'idée selon lui, c'est que la technologie doit augmenter les capacités humaines plutôt que les remplacer. C'est une position plutôt rare dans le monde de la tech, où les plans sociaux liés à l'IA se multiplient chez tous les éditeurs de jeux.
Pour le PDG, des équipes un peu plus petites pourront créer de véritables hits en utilisant l'IA pour éliminer les tâches répétitives ou trop onéreuses, tout en gardant la créativité humaine au centre du processus. Reste à voir si cette promesse se vérifiera dans les faits, mais on peut toujours espérer.
On en dit quoi ?
C'est quand même un discours qui fait du bien à entendre et qui change un peu, dans un contexte où Microsoft, EA ou Ubisoft ont tous annoncé des réductions d'effectifs, souvent liés à l'IA. Maintenant on ne va pas jouer les naïfs, il y a toujours un écart entre les belles déclarations et la réalité. Razer investit d'ailleurs aussi massivement dans l'IA avec son projet AVA, un hologramme animé alimenté par Grok (l'IA d'Elon Musk qu'on ne vous présente plus).