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SpaceX et xAI veulent piloter des essaims de drones autonomes pour l'armée

Par Vincent Lautier - Publié le

SpaceX et sa filiale xAI participent à un concours secret du Pentagone pour développer des drones autonomes capables de voler en essaim et d'être dirigés par commande vocale. Le contrat est estimé à 100 millions de dollars, et OpenAI est aussi dans la course. Le tout piloté par la voix, grâce à l'intelligence artificielle, et destiné à des fins offensives assumées.

Visuel : IA (bien sûr)
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Un concours secret lancé en janvier



C'est Bloomberg qui a sorti l'info : le Département de la Défense américain a lancé en janvier un concours pour développer un système de contrôle d'essaim de drones par la voix. L'idée, c'est qu'un commandant sur le terrain puisse donner un ordre vocal, du type formation échelon gauche, et que le logiciel convertisse ça en instructions numériques synchronisées pour coordonner plusieurs drones en même temps. SpaceX et xAI font partie des rares entreprises sélectionnées pour ce programme, qui est piloté conjointement par la Defense Innovation Unit et le Defense Autonomous Warfare Group, une entité créée sous la seconde administration Trump et rattachée au commandement des opérations spéciales.

Le concours est prévu sur six mois, avec un fonctionnement par étapes et des cycles de développement de dix jours. Un représentant du Pentagone a d'ailleurs précisé que ces drones seraient utilisés à des fins offensives, et que l'interaction homme-machine aurait un impact direct sur la létalité de ces systèmes. On n'est donc pas dans le drone de loisir.

SpaceX et xAI veulent piloter des essaims de drones autonomes pour l'armée


OpenAI aussi dans la partie



SpaceX n'est pas seul dans la course. OpenAI soutient la candidature d'Applied Intuition, une entreprise spécialisée dans la simulation autonome. Les outils d'OpenAI seraient utilisés pour convertir les instructions vocales des commandants en instructions numériques. La société a quand même tenu à préciser que ses produits ne seraient pas utilisés pour le fonctionnement de l'essaim en lui-même, ni pour l'intégration des armements ou le ciblage. Une nuance qui a son importance.

Côté SpaceX, la fusion avec xAI annoncée début février prend ici tout son sens. En combinant les capacités spatiales de SpaceX (et le réseau Starlink pour les communications) avec l'expertise IA de xAI, Musk se positionne comme un fournisseur intégré capable de déployer et coordonner des flottes de drones depuis l'orbite. xAI recrute d'ailleurs des ingénieurs disposant d'une habilitation de sécurité de niveau "secret" ou "très secret", basés à Washington ou sur la côte ouest.

Sauf que



Sauf que voilà, en 2015, Elon Musk avait signé une lettre ouverte aux côtés de chercheurs en IA pour demander l'interdiction mondiale des armes autonomes offensives. Il alertait à l'époque contre la fabrication de nouveaux outils pour tuer des gens. Dix ans plus tard, ses entreprises concourent pour développer exactement ce type de technologie. Il faut aussi rappeler que xAI a déjà signé un contrat de 200 millions de dollars pour intégrer son chatbot Grok aux systèmes militaires américains, et un autre contrat pour déployer Grok sur les sites gouvernementaux. Le virage vers le secteur de la défense est bien amorcé.

SpaceX et xAI veulent piloter des essaims de drones autonomes pour l'armée


On en dit quoi ?



On est quand même dans une situation où celui qui voulait interdire les armes autonomes il y a dix ans se retrouve à concourir pour en fabriquer. Côté Europe, on regarde ça de loin pour l'instant, mais la course aux drones militaires pilotés par IA est lancée, et elle ne va pas ralentir au final. On espère juste qu'Apple ne va pas se positionner pour piloter des armes via Siri, sinon l'humanité est foutue.