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Google réserve Gemini Intelligence aux flagships Android avec 12 Go de RAM

Par Vincent Lautier - Publié le

Google a annoncé Gemini Intelligence, son nouvel ensemble de fonctions IA pour Android. Le souci, c'est que la plupart des téléphones ne pourront pas en profiter. Google demande au moins 12 Go de RAM et une puce flagship récente. C'est encore plus strict qu'Apple Intelligence, qui se contente de 8 Go pour fonctionner sur iPhone et Mac.

Google réserve Gemini Intelligence aux flagships Android avec 12 Go de RAM


De l'IA agentique



Gemini Intelligence est plus qu'un simple rebranding, c'est une vraie suite de fonctions IA dévoilée à l'Android Show I/O. Le coeur du système, c'est l'IA agentique : Gemini peut enchaîner des tâches en plusieurs étapes tout seul, comme aller piocher des infos dans un email pour remplir un panier d'achat, ou réserver un taxi à votre place. Google ajoute aussi la fonction Rambler à Gboard, une dictée vocale qui efface les euh, gère les corrections en cours de phrase et accepte même que vous changiez de langue en plein milieu d'un message. Il y a aussi de nouveaux widgets générés à la volée selon le contexte d'usage.

Google réserve Gemini Intelligence aux flagships Android avec 12 Go de RAM


12 Go obligatoire et très peu d'appareils éligibles



Là où ça se complique, c'est sur la liste des prérequis matériels. Google demande au moins 12 Go de RAM (parce que le modèle Gemini Nano v3 a besoin de tout ça pour tourner sans étouffer le reste du téléphone), une puce flagship récente, et surtout le support de l'AICore pour exécuter le modèle Nano en local. Le constructeur doit aussi s'engager à fournir cinq mises à jour majeures d'Android et six ans de patchs de sécurité trimestriels.

Côté appareils, ça se limite à peu d'élus : les futurs Samsung Galaxy Z Fold8 et Z Flip8 ouvriront le bal, suivis cet été par la série Galaxy S26 et la gamme Pixel 10. Les Pixel 9 actuels, le Galaxy Z Fold 7 et les Xiaomi Mi 17 restent sur le carreau, parce qu'ils tournent sur Gemini Nano v2. Plus rigolo encore, une fuite récente sur les Pixel 11 non-Pro évoque seulement 8 Go de RAM, et même les futurs Pixel d'entrée de gamme pourraient ne pas faire le job.

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Chez Apple, c'est 8 Go de RAM et déjà beaucoup d'iPhone exclus



Le précédent existe déjà chez Apple, qui a lancé Apple Intelligence en France en avril 2025. Pour le faire tourner, il faut 8 Go de RAM minimum et une puce assez récente. Côté iPhone, ça veut dire l'iPhone 15 Pro et 15 Pro Max (le 15 standard, coincé à 6 Go, reste exclu), puis toute la série iPhone 16, l'iPhone 17 et l'iPhone Air. Côté Mac et iPad, il faut une puce M1 ou plus récente, ou un A17 Pro pour l'iPad mini 7. Apple s'appuie sur un petit modèle local d'environ 3 milliards de paramètres, complété par son Private Cloud Compute pour les requêtes plus lourdes. C'est donc bien moins exigent que Google, mais ça suffit déjà à mettre sur la touche tous les iPhone d'avant 2023, soit une bonne partie du parc en France.

Google réserve Gemini Intelligence aux flagships Android avec 12 Go de RAM


On en dit quoi ?



Google va encore plus loin qu'Apple sur l'exigence matérielle, mais le résultat est le même pour l'utilisateur : l'IA mobile devient un privilège réservé aux téléphones premium récents. Alors oui on comprend bien la logique, les modèles en local ont besoin de mémoire vive pour tenir la charge sans tuer la batterie ni faire ramer le système. Mais ça pose une vraie question d'accès : si vous avez un Pixel 9 ou un iPhone 15 standard, vous êtes déjà mis de côté. La promesse de démocratisation portée par Google et Apple sur l'IA ressemble surtout, pour l'instant, à un bon argument de plus pour vendre la génération suivante de téléphones. Mais ça n'étonnera personne.