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Les cartes SIM commencent à disparaître en France, mais pas pour la raison que l’on croit

Par Laurence - Publié le

C’est une première depuis longtemps : le nombre de cartes SIM en service en France recule. Selon les derniers chiffres de l’Arcep, le pays comptait 84,7 millions de cartes SIM fin juin 2026, soit 170 000 de moins qu’au trimestre précédent. Cette baisse ne traduit pourtant pas un désamour pour le mobile, mais une évolution profonde des usages.

SIM France ARCEP


LES CARTES PRÉPAYÉES S’EFFACENT PEU À PEU



Le recul observé provient presque exclusivement des cartes prépayées. Au deuxième trimestre 2026, leur nombre a chuté de 290 000 unités, contre seulement 25 000 un an plus tôt. L’Arcep explique cette baisse par une importante vague de résiliations de cartes inactives.

À l’inverse, les forfaits poursuivent leur progression. Environ 120 000 nouveaux abonnements post-payés ont été enregistrés au cours du trimestre, un rythme quasiment identique à celui observé l’an dernier. Autrement dit, les Français continuent de s’équiper, mais abandonnent progressivement les offres prépayées au profit d’abonnements classiques.

Les cartes SIM commencent à disparaître en France, mais pas pour la raison que l’on croit


LE MARCHÉ MOBILE ARRIVE À MATURITÉ



Avec 84,7 millions de cartes SIM pour un peu moins de 69 millions d’habitants, le marché français reste largement équipé. La croissance ralentit désormais naturellement. Les opérateurs recrutent encore de nouveaux abonnés, mais compensent surtout la disparition progressive des anciennes cartes peu utilisées.

Du côté des entreprises, la situation reste stable. Les cartes professionnelles atteignent 12,2 millions, en hausse de 60 000 sur le trimestre, soit environ 14 % de l’ensemble des cartes SIM hors objets connectés.

Les territoires ultramarins suivent une trajectoire différente. Le nombre total de cartes SIM continue d’y progresser légèrement grâce aux forfaits, même si les cartes prépayées reculent également. Leur poids reste toutefois beaucoup plus important qu’en métropole. Elles représentent encore 13 % des cartes SIM, contre seulement 8 % en France métro. Les écarts sont particulièrement marqués selon les territoires : à Mayotte, près d’une carte SIM sur deux est encore prépayée.

LES OBJETS CONNECTÉS PRENNENT LE RELAIS



Pendant que les cartes SIM destinées aux particuliers stagnent, celles utilisées par les objets connectés poursuivent leur progression. Les cartes MtoM (Machine-to-Machine), présentes dans les véhicules connectés, compteurs intelligents ou équipements industriels, atteignent désormais 26 millions en France.

La croissance ralentit toutefois sensiblement. L’Arcep recense 80 000 cartes supplémentaires au deuxième trimestre, contre 310 000 un an auparavant. On pourrait d'ailleurs relier cette hausse avec la nécessité de changer les cartes SIM de la grande majorité des ascenseurs en France —ces derniers étant encore à la 3G, voire à la 2G....

2G 3G Arcep


Qu’en penser ?



Ces chiffres illustrent surtout une mutation silencieuse du marché mobile français. Le smartphone reste omniprésent, mais les cartes SIM prépayées, qui avaient accompagné l’explosion de la téléphonie mobile dans les années 2000, deviennent progressivement marginales.

À terme, cette tendance pourrait même s’accélérer avec la généralisation de l’eSIM. Plus besoin de carte physique, plus de passage en boutique : l’activation d’un forfait devient entièrement numérique. La baisse des cartes SIM observée aujourd’hui ne signifie donc pas que les Français utilisent moins leur téléphone, mais que le support historique de la téléphonie mobile entre progressivement dans une nouvelle phase de son histoire.